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Article tiré de la revue aujourd'hui Saint-Etienne Il est un lieu, dans le quartier de Montreynaud, où l'expression « hommes de bonne volonté » prend tout son sens : l'ASIM (Accueil solidarité insertion Montreynaud). L'entrée est libre et l'accueil, exceptionnel. C'est là qu'Edouard Guignard, fondateur de l'association, passe le plus clair de son temps… ou plutôt « donne » le plus clair de son temps! A 70 ans, Edouard Guignard ne manque pas d'énergie. Cet homme surnommé « l'abbé Pierre de Montreynaud » consacre son existence aux autres. Dans un sourire, il raconte comment et pourquoi il a créé l'ASIM. « Ma vie est assez simple, je suis frère jésuite depuis une quarantaine d'années et j'ai choisi d'aider les plus pauvres. Avant, je travaillais dans une banque. Ensuite, j'ai été intendant dans une communauté religieuse à Toulouse et responsable d'un centre d'accueil pour réfugiés politiques à Avignon, principalement des Vietnamiens. Enfin, en 1995, je suis arrivé à Saint-Étienne. »
À l'heure du déjeuner, Edouard Guignard me propose gentiment de partager ce repas avec lui et les personnes que l'association accueille tous les midis de semaine. Une trentaine de couverts sont mis par petites tables de 5 ou 6. A la nôtre se trouvent un ancien détenu, une réfugiée d'un pays de l'Est, un ancien alcoolique… « Il y en a plusieurs en ce moment, dont un a cessé de boire depuis 43 mois. D'ailleurs, par solidarité on ne sert pas de vin à table » et un bénévole, agriculteur dans la région. « Il a des chevaux. Alors les gars lui donnent un coup de main. Ils découvrent la nature, le travail, les animaux. Nous organisons beaucoup d'activités en plein air : jardin ouvrier, activités à la ferme… »
Durant le déjeuner, Edouard poursuit : « L'ASIM est né en 2001. Aujourd'hui, on livre des repas à domicile et on accueille entre 20 et 60 personnes par jour. Nous louons ce nouveau local depuis quelques mois, il est beaucoup plus pratique que précédemment. Une surface de 160 m 2 , bien située (place du Forum) avec une cuisine, une chambre froide, une grande salle à manger et un bureau. » Mais tout ceci ne s'est pas fait sans mal. Edouard et les bénévoles ont tout refait eux-mêmes, en un mois de travaux. « Heureusement, il y a des compétences, et de la bonne volonté. Il nous manque encore certaines choses, mais on progresse. » Retour sur Montreynaud : « C'est un quartier coupé de la ville, à cause de l'autoroute et de la zone industrielle. Dans ce quartier, le vivre ensemble est parfois compliqué, on y trouve plus d'une dizaine de communautés. Il y a aussi des gens qui ne sortent pas de chez eux, qui ne font jamais de ménage, qui n'ont pas d'hygiène. Heureusement,ils connaissent les gens d'ASIM, alors on peut leur donner un coup de main, sinon ils ne laisseraient entrer personne. Mais le quartier s'améliore, il se transforme. Moins de tours, un tissu associatif très actif et puis les élus qui ne nous oublient pas. » Pourtant, c'est parfois compliqué : trop peu de subventions et des difficultés à trouver d'autres ressources. Et la banque alimentaire qui a du mal à fournir… trop de demandes ! Mais Edouard sait se contenter des petites victoires : « Petit à petit, on fait reculer la misère. On crée du lien entre les individus. Certains, quand ils ont pu renoncer à l'alcoolisme, au chômage, à l'exclusion, retrouvent leur famille, leurs enfants. Ce qui manque, c'est du travail, des entreprises qui embauchent et des administrations de proximité. La Ville a fait des efforts, il faut poursuivre. Ici, nous avons deux emplois en insertion. Il y a même une personne qui va enchaîner avec une formation. L'ASIM a des résultats. La délinquance recule et avec elle la violence. » Enfin, les projets, création d'ateliers et de chantiers d'insertion : « Nous pouvons faire de menus travaux, mais il nous faut des autorisations pour pouvoir entrer en concurrence, créer une structure, et ça prend du temps ! ». Une vraie volonté d'aller de l'avant . « Ce que nous recherchons, ce sont les autorisations pour pouvoir progresser, moins dépendre des subventions, devenir plus efficaces… alors, on remplit des dossiers. » Edouard retourne à ses occupations, à ce qu'il fait le mieux, à ce qui donne du sens à sa vie : la gestion quotidienne de cette association. Article tiré de la revue aujourd'hui Saint-Etienne n°220 de septembre 2006
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Jésuites : serviteurs
de la mission du Christ - © Compagnie de Jésus |