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par Jacques GEBEL sj Avant d'être supérieur d'une communauté, j'avais une certaine représentation du modèle : passionné par la mission et le progrès du Royaume de Dieu, catalyseur de sa communauté, lui donnant des impulsions et orientations suivant celles de la Compagnie universelle et de sa Province, toujours en recherche des besoins de l'Eglise et du monde pour y répondre de manière éclairée et pertinente, tout en étant responsable du bien commun et des biens communs. Mais il y a trois ans, lorsque j'ai appris à un jésuite couronné d'âge et expérimenté en sagesse que j'étais nommé supérieur de la communauté de Saint-Etienne, il m'a dit en souriant : « Je te donne seulement deux conseils : sois bon pour tes frères en communauté et prends toujours beaucoup de temps pour les écouter ». Paul Legavre, Supérieur de la communauté de Saint-Denis et Jacques Gebel Me revinrent alors à l'esprit les figures heureuses et réussies de supérieurs que j'avais connus. Certes, ils avaient bien, assez souvent, tout ou partie des qualités que je me représentais, mais toujours cette très grande attention à la personne, cette humaine délicatesse, si chères à Ignace. On peut ici se rappeler ses conseils à celui qui propose les Exercices Spirituels, où la confiance est aussi primordiale :
Je dirais donc que le cour de la mission du supérieur est bien d'offrir la disponibilité de temps et d'esprit suffisante pour être attentif à deux points principaux :
Il revient aussi au supérieur d'assurer l'unité et le respect mutuel des jésuites de sa communauté. S'ils ont tous choisi de suivre le Christ dans sa Compagnie, ils ne se sont pas choisis, mais désirent vivre en communauté, faire communauté, par le partage des apostolats, de la prière, de la table, du logement, des services, de la relecture, de la réflexion et de l'accueil. Sans compter les heurts liés aux tempéraments, interviennent aussi les options trempées en matière politique, théologique, économique, artistique, liturgique ou, plus prosaïquement. culinaire. Jacques Gebel, Supérieur à la communauté de St Etienne et Michel Joseph, Supérieur de la communauté de Bordeaux
Certains ont également pris des habitudes dans des communautés ou des styles de vie antérieurs, avec une conception parfois particulière du supérieur : « Le supérieur, c'est fait pour la mission, non pour le style de vie religieuse personnel ou communautaire. ». C'est là où, s'il est recommandé au supérieur d'être bon, il convient qu'il ne soit pas trop bon. Il doit être suffisamment libre pour savoir « encaisser », mais aussi corriger avec une bienveillante et fraternelle fermeté, au risque de ne plus être reçu et reconnu comme supérieur par l'un ou l'autre. Un supérieur - comme tout jésuite et tout humain - n'est ni parfait ni tout-puissant. Son tempérament et son histoire peuvent l'amener à certains excès comme l'omniprésence (vouloir tout contrôler, diriger et savoir, alors que la subsidiarité tient, chez Ignace, une grande place dans le gouvernement), le désintérêt (« Vogue le navire : mes frères sont majeurs et vaccinés ! »), l'arbitraire ou encore la froideur administrative qui sacrifie les personnes à un idéal exagéré d'efficacité. Par ailleurs, il n'est pas paré de toutes les compétences souvent nécessaires pour une direction des personnes et une parfaite administration des biens souvent complexe. Il est donc important qu'il recherche et écoute facilement et fréquemment l'avis de ses frères (et d'autres personnes), accueillant leurs conseils, même s'il lui revient en dernier ressort de décider par lui-même.
J. Gebel, un des consulteurs du provincial Dans la pratique de la Compagnie , les consulteurs ont pour mission d'aider le supérieur de leurs conseils quand il le leur demande ; mais ils peuvent aussi lui proposer ce qui leur vient à l'esprit pour le bien commun ou le bien de quelqu'un en particulier. Ils doivent de plus veiller à l'avertir s'ils estiment que quelque chose doit être changé dans sa personne ou son gouvernement ; mais il est précisé qu'ils le feront d'ordinaire par l'« admoniteur », jésuite nommé par l'autorité supérieure et chargé de faire des remarques au supérieur sur sa personne ou son mode de gouvernement. En tout cela, c'est de service qu'il s'agit, à la suite du « Fils de l'homme qui est venu non pour être servi, mais pour servir » (Matthieu 20,28).
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Pour en savoir plus : > Comment les jésuites sont-ils gouvernés ? > Les supérieurs de communauté réunis à Lalouvesc > La formation permanente des supérieurs > La communauté de Saint-Etienne > Mission auprès des jeunes et Exercices spirituels > Lexique fragmentaire et désordonné sur un symposium sur les Exercices spirituels
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Jésuites : serviteurs
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