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Les premières attaches avec les étudiants, les marins et leurs familles devaient passer par les ruptures prévues ou imprévisibles et les moments de départ sont des moments privilégiés, un peu comme une "heure" qui ne dure souvent pas plus de quelques minutes... mais ils peuvent aussi devenir une crise fructueuse ! Personne n'ose dire «VA », et pourtant cela fait aussi partie de "l'heure", mais le « REVIENS » est remis entre les mains du J'ai ainsi appris un des premiers mots cordiaux (POHON) du langage de Cebu qui se traduit bien par notre « A-DIEU-VAT ». Les départs, les retours et les risques de la traversée et des absences... au fond la parabole continue sur terre et sur mer pour dire quelque chose d'inspirant et de convaincant dans les vagues de la confusion et les vagues portantes de mon histoire et de l'histoire de ces jeunes élèves futurs marins. Leur jeunesse est leur meilleur passeport.
Grâce à leurs lettres et à la confiance qui les fait écrire, ils apprennent à franchir les obstacles, vivre avec les "vagues de la destinée" selon le beau chant cebuano qui les fait pleurer lorsque je le chante ; ils ont appris à parler de ces vagues et à multiplier les chances de succès pour eux-mêmes et les générations qui suivent. Ils m'ont appris à trouver ma place moi-même à terre et à y être heureux pendant les cinq premières années après la retraite, sans regret d'avoir tourné une page. La "newsletter" que nous publions ensemble depuis plus de douze ans est devenue un trésor de mémoire vivante, leur tradition et leur voix, c'est "leur prise de terre" avec le souci de l'Eglise d'entrer en dialogue avec les gens de la mer... Ils sont aussi "ma prise de terre" et le moment privilégié où j'écoute les vagues dans leurs vies, même à distance, et leurs soucis d'avenir... Cette newsletter est devenue un outil de premier choix pour qui veut plonger dans ce ministère et le connaître de l'intérieur. Elle fait le tour du monde et peut leur donner l'assurance que quelqu'un quelque part a lu leur histoire et que la bouteille à la mer a atterri quelque part...
Depuis dix ans maintenant, au cours des récollections et des séminaires d'éveil à la vie maritime, à leurs droits et responsabilités, des marins et des femmes de marins sont venus parler de la sueur de la mer dans leur vie à bord ou à la maison... Elle a un fort goût de sel ! et il y a eu des larmes, même en face de centaines d'élèves silencieux et quelquefois choqués par cette émotion... Mais elle portait des fruits, pas toujours sur le moment...
Roland Doriol accueille aussi les femmes de marins philippins qui habitent à Cebu. Elles peuvent partager leurs difficultés loin de leurs maris qui naviguent sur la mer.
Bien souvent, ces marins et plus encore les femmes exprimaient pour la première fois ce qui menait leur vie à travers bien des remous et des absences... Ils - elles - sont nos meilleurs instructeurs et font faire aux marins en herbe leur première approche de ce métier, avant de mettre les pieds à bord. C'est ainsi que Joemar, Jayson, Richieboy et Brian parmi nuit d'autres, se sont révélés dans ces premières tentatives de parler en public sur leur expérience à bord. Les femmes de marins elles-mêmes, d'abord timides, sont maintenant frustrées lorsqu'on les coupe dans leur partage ! Chacun et chacune à sa façon révèle le buisson ardent qui les habite et invite les jeunes à vivre un moment d'écoute de ce que devient ce métier dans la vie concrète de ces jeunes marins. Quelle cour des miracles ! Après trois ans d'école, souvent soutenus financièrement par des petits boulots, ou vivant pour quelques-uns à l'abri du Stella Maris, ils auront appris comment survivre à Manille : je pense à Boyet. Pendant un an et demi, à la merci de son employeur pour attendre le premier bateau, tout en faisant le nettoyage de la maison de campagne, lavant et repassant le linge mais surtout prenant soin du vieux grand-père ! Il a su attendre et saisir la première chance, n'ayant aucun peso pour payer son premier embarquement ! Un autre, Allan, m'avait écrit une lettre détaillant son attente dans sa compagnie à Manille... nous avions "arrangé" un peu sa lettre pour ne pas en révéler le nom ni trop de détails dangereux afin de la publier, mais une fois publiée, il prit peur de se voir mis sur la liste rouge parce que le capitaine avait trouvé notre newsletter et l'avait sur son bureau ! Il vaut mieux ne pas trop remuer la boue des marchands d'homme ! Mais il faut savoir éveiller les yeux des nouveaux arrivants sur le marché maritime. Ce genre d'apprentissage n'est pas du tout fait sur les bancs de l'école, mais dans la confiance dans les partenaires d'un Stella Maris qui ne lésine pas sur le temps d'écoute et poursuit le dialogue. Leur jeunesse est leur meilleur passeport, mais il doit subir le baptême de la sueur de leur front et de la mer !
Conclusion... Proposer ces séminaires, ces récollections, publier ces newsletters, tisser patiemment les maillons du réseau Stella Maris pour en faire une "famille", célébrer avec eux lorsqu'ils reviennent à l'improviste, préparer l'étape du mariage, ou bien laisser les années de jeunes célibataires porter leurs fruits, telles sont les étapes qui font la chair et les os de mon ministère en compagnie de jeunes... Elles ont été mises à jour dans la patience pour accompagner des jeunes désireux de faire face à un avenir et non pas de le subir. Les retraites proposées à quelques volontaires marins ou encore étudiants dans notre maison de retraite jésuite ne sont pas du luxe ; elles ont le goût du silence, d'un dialogue en confiance pour découvrir un Dieu à leurs côtés qui sait aussi marcher sur terre et sur mer... Dieu sur la mer est un Dieu aux côtés et du côté de l'homme qui agit aussi en faveur de l'homme. C'est le secret de son compagnonnage qui ne cesse d'appeler des jeunes à se mettre à son service et à devenir compagnon.
La voiture du centre qui a douze ans d'âge >> Pour découvrir le building du nouveau centre >>
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Voir aussi : > le blog de Roland Doriol : La passerelle du marin > Un livre (en anglais) "Written on the High Waves" relate les lettres des marins philipins que Roland Doriol a connus en cet Age de la Globalisation > P. Roland Doriol comme marin avant sa retraite |
Jésuites : serviteurs
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