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| Jésuites
de la Province de France,
où allons-nous ? |
| En
juin 2000, le Provincial de France, Jean-Noël Audras, a adressé
à tous les jésuites de la Province de France une lettre
sur le thème "Jésuites de France : où
allons-nous ?". Cette lettre accompagnait et commentait les
traditionnelles nominations annuelles : nouvelles missions confiées
à tel ou tél jésuite, ouverture et fermeture
de communautés ou d'oeuvres... Nous reproduisons ici quelques
extraits de cette intervention dans le but de mieux faire connaître
les projets actuels des jésuites de France. |
| Comment
vivre et agir dans une société très largement
déchristianisée ? |
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| Ce
qui a marqué les nombreux échanges de l'année
écoulée (assemblée
de Province, réunion
des jésuites en formation, des jésuites en monde
étudiant, des jésuites
en monde populaire...), c'est la fraternité, l'amitié
entre participants, unis dans une préoccupation commune
urgente et difficile : mieux saisir où
et comment nous sommes appelés à vivre et à
agir dans notre société très largement déchristianisée
et où le tissu ecclésial défait tente de
se recomposer en vue d'un avenir autre.
Ce
qui a marqué aussi ces réunions, c'est leur réalisme
: nous n'avancerons que si nous prenons des initiatives et si
nous nous risquons dans du nouveau.
C'est
aussi le désir qui animait les participants de pouvoir
dire une parole sur ce qui nous fait vivre au plus profond, notre
foi. Comment pouvons-nous partager ce qui
nous fait vivre au plus intime alors que nous sommes dans
des situations où la neutralité imposée par
des subventions publiques, l'accueil et le respect de personnes
religieusement et culturellement très diverses nous demandent
la discrétion ?
Nous
devinons qu'un chemin est possible aujourd'hui plus qu'hier. Il
nous est donné parfois lorsque, disponibles à une
relation interpersonnelle banale ou imprévue, nous voyons
s'ouvrir de manière inattendue l'espace d'une parole sur
ce qui fait vivre chacun. Mais aussi comment pouvons-nous, dans
ces lieux où le dialogue que nous menons nous situe d'emblée
au coeur de la foi ou de l'expérience spirituelle, témoigner
de l'appel à servir la justice ?
Notre
avenir se construit dans ces partages d'expériences et
d'espérances. L'an prochain, nous aurons deux grandes occasions
pour mettre en oeuvre cette pratique : l'Assemblée de province
sur l'Islam à Lyon (fin décembre 2000) et les Assises
de l'Apostolat social (fin avril 2001) à Saint-Etienne. |
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Aller
plus loin dans nos relations avec d'autres chrétiens |
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| Invité
cette année à rencontrer la Communauté
Vie Chrétienne France et l'Association
nationale des Anciens Elèves, j'ai trouvé chez
les participants à ces réunions une grande écoute
de nos préoccupations apostoliques et une grande proximité
sur l'analyse des questions qui se posent à notre société.
Nous avons sans doute à aller plus loin dans le partage de
nos recherches, de nos objectifs, de nos initiatives avec des laïcs
proches sur lesquels nous pouvons compter davantage. Constituer
un réseau ignatien n'est pas seulement affaire d'amitié
ou de partage spirituel, c'est aussi, fondamentalement, nous solliciter
mutuellement pour des initiatives, pour un faire ensemble qui nous
reliera bien plus. |
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Affronter
la réalité dans sa dimension sociale |
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| Nous
avons certainement à être les uns les autres plus
clairs que ce que signifie l'Apostolat social,
cette dimension de nos engagements à laquelle le
Père Général nous a plusieurs fois appelés.
L'Apostolat social nous concerne tous; en même temps il
ne recouvre pas tout. Il est une dimension à la fois localisée
et universelle de notre apostolat. Localisée, parce que
la caractéristique de l'Apostolat
social est qu'il rencontre les hommes comme membre de groupes
(groupe de ceux qui habitent tel type de quartier; groupe
de ceux qui sont affectés par tel changement dans les conditions
de travail, dans la politique de la santé ou dans la politique
de la justice, dans la politique de l'accueil des étrangers,
etc.). En ce sens, lorsque nous sommes proches d'une personne
que nous essayons d'aider alors qu'elle est en détresse, même
si nous travaillons bien dans le sens de la justice de Dieu qui
sauve chacun, nous ne sommes pas dans l'Apostolat social.
Cependant,
dans la mesure où nous sommes conscients que la détresse de telle
ou telle personne n'est pas seulement un " problème " individuel
mais qu'elle a aussi une racine sociale, alors notre engagement
devient apostolat sociaI, surtout s'il essaie de se tourner aussi
vers cette racine sociale pour agir sur elle. C'est dans cette
mesure que l'Apostolat social nous concerne tous : si
nous voulons travailler pour la justice, nous ne pouvons en rester
à un engagement en faveur des individus, il nous faut aussi affronter
la réalité dans sa dimension sociale (Jean-Paul Il à mis
en valeur la notion de structure de péché). L'Apostolat social
est participation à la mission de l'Eglise; ce n'est pas parce
que celle-ci aurait une vision préétablie des rapports
sociaux mais parce que la foi concerne tout l'homme le salut passe
par l'appartenance à des communautés humaines qui expérimentent
la solidarité à laquelle l'Evangile nous appelle.
La
Province est engagée dans l'Apostolat social à travers des groupes,
des équipes, des institutions : outre les Jésuites
en monde populaire, l'équipe du CERAS,
ceux qui habitant dans des quartiers difficiles y participent
aux structures collectives, ceux qui travaillent dans des institutions
spécialement attachées à donner une chance à des jeunes en reprise
de formation (groupe des sept institutions de formation
de jeunes adultes : trois issues de I'ICAM plus l'école
de production de l'ICAM-Toulouse, l'AFEP à Saint-Etienne,
I'AFEPT à Bordeaux, et l'ASPROCEP, grosse institution marseillaise
sous la tutelle de la Société de Jésus-Christ); ceux d'entre nous
qui sont engagés dans des structures d'Eglise comme Justice
et Paix et le Secours
Catholique; ceux qui, de près ou de loin, toujours en collaboration
avec d'autres, participent à l'action en faveur de l'homme en
agissant sur les réalités sociales pour que soient respectés et
trouvent une place dans la société ceux qui, d'une manière ou
d'une autre, sont sans droit: les migrants, ceux qui sont dans
une situation de précarité, ceux qui sont exclus du travail et
du logement, les prisonniers, etc.; les plus jeunes qui ont décidé
de se réunir pour partager ces questions dans le groupe " Sarepta
". Enfin, les efforts faits pour nous engager davantage dans le
JRS,
en France et dans d'autres pays, sont évidemment à placer dans
l'Apostolat social. |
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Préparer
l'avenir en Grèce, au Maghreb et dans l'Océan indien |
| En
Grèce, l'immigration catholique, spécialement polonaise,
tient une large place. Nous voulons mener de front et de manière
concertée notre engagement traditionnel auprès des catholiques
de Grèce, notre présence à la culture et
au difficile dialogue inter religieux, en même temps que
la pastorale des familles polonaises
très nombreuses, dont certaines s'enracinent dans le pays, modifiant
profondément le profil de la population catholique en Grèce.
Au
Maghreb, le retour en Algérie d'un jésuite habitué au pays
nous permet de maintenir en l'état la répartition actuelle de
nos forces. L'arrivée de deux scolastiques mexicains à Constantine,
l'intérêt que des membres de notre Province (et d'autres Provinces),
particulièrement des jeunes, montrent pour le Maghreb nous donne
un bon espoir. Mais, d'éventuels renforts d'une nouvelle génération
ne pourront arriver avant quelques années. C'est I'enjeu du proche
avenir que de situer notre présence en Algérie
et au Maroc dans ce contexte.
Les
communautés de La
Réunion et de Maurice
recevront de nouveaux renforts cette année. Le centre
interculturel fondé à La Réunion dans les locaux de la
résidence est achevé et va peu à peu développer ses activités.
La promesse de l'arrivée dans les prochains mois d'un jésuite
indien de langue et de culture hindi
nous donne un bon espoir d'entrer en relation avec ceux et celles
qui constituent plus de la moitié de l'lle Maurice. |
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