| La
vie communautaire et les supérieurs
Le souci de la vie communautaire
oriente fondamentalement les évolutions de la Province
de France : constituer des communautés qui aient une suffisante
consistance, parfois une suffisante variété d'âges,
qui soient des lieux de partage fort, de soutien mutuel et d'invention
apostolique, qui soient accueillantes à d'autres. Communautés
où des jeunes jésuites puissent être nommés.
C'est pour constituer ou renforcer de telles communautés
que nous en fermons d'autres. C'est là aussi qu'est la
première raison de certaines nominations.
Ce
propos peut surprendre alors
que nous pourrions être habitués à considérer
la communauté comme une base de départ apostolique,
toujours en second par rapport à la mission. En fait, ce
que nous donne la communauté (et ce que nous y mettons)
est la condition du dynamisme apostolique. La communauté
est un contrepoint de vérité pour des hommes toujours
menacés par la surcharge (parfois épuisante) ou
par l'individualisme dans la mission. La communauté nous
rappelle que notre vocation spécifique ne se définit
pas par ce que nous faisons mais par ce que nous sommes. Ceci
peut bien sûr se comprendre dans une grande variété
de formes de vie communautaire.
La notion de Projet apostolique
d'une communauté a été fortement valorisée.
En fait, la rédaction d'un tel projet se heurte souvent
à de grandes difficultés en ce qui concerne les
apostolats, ce que les uns et les autres entreprennent (il est
plus simple de rédiger un projet de vie communautaire).
Difficultés parce que les contraintes et les appels urgents
sont à ce point nombreux que la communauté ne voit
pas d'autre chose à écrire que ce qu'elle fait déjà.
Ceci nous appelle à nous interroger communautairement sur
les " marges ", ces espaces d'engagement apostolique
qui ne représentent pas une grande part de notre emploi
du temps mais qui sont de notre liberté. Reprendre
conscience de nos marges de liberté, si
petites soient elles, et nous demander ensemble vers où
nous voulons les orienter, c'est un chemin pour que la communauté
locale libère sa propre créativité apostolique.
La collaboration avec les laïcs
et les nouvelles formes de responsabilité
Nous collaborons avec des laïcs
selon une multitude de formes. Pour cette année, j'en soulignerai
quelques-unes :
- A la suite de la nomination d'un
directeur laïc au centre culturel de La Baume, de nouvelles
manières de vivre la responsabilité
se rodent.
- La charte des collèges
et tout le travail fait dans les établissements cette année
ont aussi développé une manière de partager
la responsabilité avec les laïcs dont on n'avait pas
encore mesuré toutes les implications. Paradoxalement,
cette co-responsabilité jésuites/laïcs nous
demande de nous engager.
Ce n'est pas pour garder le pouvoir mais parce que, structurellement,
il s'agit d'une responsabilité que nous partageons pour
la mission à laquelle chacun, chaque groupe apporte sa
compétence, son charisme propre. Nous manquons à
nos partenaires si nous ne sommes pas présents, si nous
ne prenons pas tout le temps nécessaire pour la communication,
le soutien, etc.
- Souvent, notre manière
de nous engager vient après la mise en réseau
d'une série d'institutions aux objectifs proches. Nous
sommes présents dans le réseau et seulement dans
certaines de ses composantes.
- Les Assises pour un temps de
justice à Saint-Etienne début mai, ont célébré
une communauté de mission
jésuites/amis pour la justice.
Ces quelques exemples ne sont qu'une petite partie de ce que nous
vivons. Ils nous appellent à consacrer du temps à
réfléchir sur la manière dont nous collaborons
avec d'autres dans les circonstances particulières. La
valorisation de la vie communautaire et l'engagement dans des
mission partagées avec d'autres font partie aujourd'hui
de notre manière d'être jésuites.
La pastorale des vocations
L'équipe de la promotion
des vocations a appelé les communautés à
la prière. Elle a continué son travail d'accompagnement
de jeunes en recherche : accompagnement des personnes, proposition
de week-ends pour des " regardants ". Promoteur des
vocation et Maître des novices ont trouvé les justes
manières d'articuler leurs responsabilités. Nous
pouvons nous réjouir de cette situation, mais aussi chaque
communauté doit se demander ce qu'elle a fait cette année,
ou ce qu'elle compte faire pour promouvoir
les vocations dans l'Eglise et dans la Compagnie
: ce peut être l'occasion de contacts avec les autres religieux
et religieuses de la ville ou de la région, avec les Ignatiens,
avec le Service diocésain des vocations
tout ceci
dans la liberté qui accueille ce que Dieu veut et comment
il le veut.
Nous arriverait-il encore d'avoir
peur de notre moyenne d'âge ? La fraternité
que nous pouvons vivre entre compagnons de Jésus d'âges
semblables ou différents vaut bien tous les témoignages
de réussite apostolique ! Elle est une excellente promotion
des vocations. |