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| Les Jésuites
en monde populaire |
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Il n'y a plus aujourd'hui de jésuites
au travail ouvrier. Mais quelques-uns exercent une activité
professionnelle. La Mission Ouvrière Jésuite (M.O.S.J.)
est devenue les
J.E.M.P., Jésuites En Monde Populaire, pour signifier
l'émergence de nouvelles formes de solidarité.
Dans la province, le groupe des JEMP rassemble
ceux qui, par leur insertion professionnelle (dans des structures
sociales ou hospitalières, dans des tâches d'animation
ou d'éducation), ou par la présence active à
la vie de quartier, par l'appartenance à divers collectifs,
la participation à des réseaux associatifs, etc.,
sont très concrètement affrontés à
des questions sociales lourdes : aide aux familles nécessiteuses
(papiers administratifs, éducation, soutiens multiples);
présence active aux exclus, aux chômeurs, aux précaires,
aux sans papiers ; formes diverses de soutien scolaire ou alphabétisation
; engagements dans les maisons de quartier; pastorale en milieu
populaire, auprès des migrants, etc.
Ce groupe est un lieu d'analyse de la société
et de débat sur l'engagement social. Il s'attache aussi
à réfléchir à la pastorale en milieu
populaire. Son dernier rassemblement avait pris pour thème
: "L'accès à Dieu en monde populaire. Obstacles
et passages". Une rencontre européenne organisée
à Strasbourg par les groupes des différentes provinces
jésuites a été aussi l'occasion de réfléchir
au thème : "Vivre dans les quartiers : dimension sociale
et ecclésiale pour aujourd'hui ".
De plus en plus, les questions de société
abordées par les JEMP sont proches de celles qui intéressent
tous les membres de la Province. Mais l'existence de ce groupe
nous empêche de donner de l'apostolat social une définition
trop floue, trop englobante. Porteur d'une tradition militante,
composé de jésuites qui ont fortement " mis
la main à la pâte " sur le terrain social, ce
groupe est aussi un aiguillon pour l'ensemble. Désormais
assez largement ouvert à d'autres jésuites dans
ses rassemblements, le groupe des JEMP est devenu familier à
toute la Province. Il n'est plus regardé comme le rassemblement
de ceux qui avaient fait un choix exceptionnel, réservé
à une sorte d'élite. Il est devenu un pôle
de dynamisme pour l'apostolat social de la Province, avec une
forte dimension européenne par les liens qu'il entretient
depuis longtemps avec les groupes analogues en Europe.
Pour aller plus loin :
- Site
internet des JEMP |
| Les communautés
en quartier populaire |
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Il y a une dizaine d'années, l'habitat
en quartier populaire était pour ainsi dire réservé
aux jésuites de la Mission Ouvrière. Aujourd'hui,
nous avons dans huit villes de France des communautés ou
parties de communauté dans des immeubles HLM
Bordeaux,
Cergy,
Marseille, Saint
Denis (en France), Saint-Étienne,
Toulouse,
Le Mans et Poitiers. Cette année 46 jésuites (dont
trois scolastiques étrangers en période d'études)
vivent dans un tel habitat. Certains ont leur mission principale
dans l'engagement social ou la pastorale populaire ; plusieurs
travaillent dans des établissements d'enseignement supérieur
ou secondaire.
Certains jésuites sont vicaires en paroisse
populaire ; mais l'habitat donne à d'autres de s'engager
dans cette pastorale, souvent dans l'animation de groupes de jeunes,
au cours de l'année ou durant l'été. L'Esprit
surprend ainsi des vies déjà éprouvées
et leur partage la confiance.
Habiter dans un quartier populaire, c'est se
laisser atteindre par les conditions de vie de ceux et celles
qui y vivent, c'est aussi participer, autant qu'on le peut, à
l'action des groupes qui se soucient du quartier, de ses souffrances,
de ses espoirs, de son dynamisme. |
| Les centres de
formation continue |
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La province de France soutient des centres
de formation dont l'objectif est d'aider ceux et celles, surtout
jeunes de 15 ans à 30 ans, auxquels il faut donner une
autre chance de formation humaine et professionnelle. "Autre",
au sens de seconde" parce que la première formation
n'a pas abouti, mais aussi au sens de "différente"
parce que ces centres ont une autonomie pédagogique plus
grande que dans l'Education nationale : pédagogie très
personnalisée, grande proximité du monde du travail.
Ce sont :
A Bordeaux, l'AFEPT
: Association pour la Formation et l'Education Permanente à
Tivoli Fondé en 1972 à l'initiative du recteur
du Collège St-Joseph de Tivoli, dans un bâtiment
de la propriété, il est une institution autonome,
mais la Compagnie y participe depuis la fondation par la présence
d'un ou plusieurs jésuites et par une solidarité
financière.
A Saint-Étienne, deux établissements
:
- l'A.F.E.P.
: Association Forézienne d'Ecoles de Production. Créée
par la Province de France en 1992, sur un terrain mitoyen du Lycée
professionnel jésuite Le Marais-Sainte-Thérèse,
c'est une école de production, c'est-à-dire une
école pour des jeunes qui apprennent leur métier
en fabriquant des pièces vendues comme celles d'une entreprise
de sous-traitance. Le directeur est un jésuite ; d'autres
jésuites y travaillent, dont un régent. L'A.F.E.P.
va prochainement passer d'un à deux ateliers.
- le Lycée
professionnel le Marais-Sainte-Thérèse, que
l'on peut ajouter à ces centres à cause de son secteur
de formation continue, et parce que presque la moitié de
la population scolaire est d'origine immigrée et habite
dans les quartiers HLM proches.
Plusieurs centres fondés par les ICAM
(Institut Catholique des Arts et Métiers) :
- A Toulouse, une école
de production, DYNAMECA, est lancée depuis septembre
1999 par un jeune jésuite, jusque là directeur d'une
entreprise d'insertion en région parisienne. Il en est
le directeur et a accueilli ses premiers élèves
en octobre 2000.
- A Lille,
Nantes
et Toulouse,
chaque ICAM s'est doté d'un centre de formation continue,
dont l'un des objectifs est la formation des jeunes. Selon les
années, un ou plusieurs jésuites y travaillent.
Il est important pour nous d'être présents dans les
écoles d'ingénieurs, à la fois auprès
des étudiants " classiques " et auprès
de jeunes qui viennent y chercher leur seconde chance.
- A Marseille, ce groupe a été
rejoint par I'ASPROCEP, une grosse association de formation et
d'animation sociale, sous tutelle de la Société
de Jésus-Christ, congrégation féminine de
spiritualité ignatienne
La Province n'a la responsabilité que
des deux établissements de Saint-Etienne. Au total, 8 jésuites
sont engagés sur l'ensemble : 7 s'y consacrent à
temps plein, 6 d'entre eux ont entre 33 et 55 ans. Au vu de nos
forces, cela constitue un effort significatif. Souvent, des novices
sont envoyés dans ces centres ou écoles pour y faire
un "expériment" long de quatre mois.
Les équipes responsables de ces institutions
ont décidé, depuis quelques années, de se
réunir plusieurs fois par an et de constituer un réseau
où s'échangent les questions, recherches pédagogiques,
expérimentations, savoir-faire en matière de gestion
interne, de rapport aux collectivités, etc. Tout en s'entraidant
pratiquement et en se stimulant les unes les autres, elles veillent
ensemble à l'enracinement ignatien de leur pédagogie
et de leur rapport aux élèves. |
| Autres centres
et initiatives éducatives |
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Service aux étudiants
A Saint-Denis, la Province a fondé en 1999- avec le diocèse, la
congrégation des Soeurs Auxiliatrices et la communauté Vie Chrétienne
France - un nouveau centre tout proche de l'Université de Paris-8.
Le CISED,
centre d'initiatives et de Services des étudiants de Saint-Denis,
a pour objectif de soutenir les étudiants dans leurs études :
leur fournir des compléments, les aider dans l'organisation de
leur temps, dans des démarches administratives, etc. Sont d'abord
concernés bien sûr les étudiants et étudiantes d'origine étrangère.
Le Centre assure aussi le service de l'aumônerie.
Accueil des jeunes
A l'île Maurice, Terre de paix, est un centre d'éducation pour
enfants et adolescents très démunis. Fondé par un jésuite, il
confie les plus jeunes à des familles d'accueil tout en hébergeant
les plus grands dans une maison commune. Le centre est devenu
autonome mais la Province continue d'accompagner son action. |
| Les Jeunes Volontaires
Européens |
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Depuis quelques années, comme d'autres
provinces jésuites européennes, la province de France
propose à des jeunes gens ou jeunes filles de faire pendant
une année une expérience de vie communautaire, de
formation spirituelle et d'engagement social. En 2000-2001, deux
groupes de J.V.E. rassemblent sept jeunes à Bordeaux
et six autres à Saint-Etienne. Il s agit d'une proposition
de formation exigeante, dont la dimension sociale est très
marquée. A Bordeaux comme à Saint-Etienne, l'accueil
de ces jeunes, leur accompagnement spirituel, leur insertion dans
des services de type social sont rendus possibles par la vie d'une
partie de la communauté dans des quartiers HLM. Ces groupes
et leurs membres ne sont pas seulement aidés par quelques
jésuites, c'est vraiment une communauté qui les
prend en charge, qui participe à leur formation de jeunes
volontaires et à leur ouverture aux questions sociales. |
| Le C.E.R.A.S. et
la revue Projet |
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Issu de l'Action Populaire de Vanves, le CERAS
a été refondé en 1995. Chacun des cinq jésuites
qui en constituent l'équipe d'animation s'implique sur
un dossier important pour la vie des hommes et des femmes d'aujourd'hui
(le travail, les migrations, les solidarités, etc.). Ensemble,
les jésuites du CERAS se tiennent attentifs à la
façon dont des personnes et des groupes sont reliées
à d'autres et forment société - autrement
dit au " lien social ".
Le CERAS participe à des équipes
de recherche et des groupes de travail, intervient dans des actions
de formation, s'implique dans la rédaction de la revue
Projet et soutient différents mouvements à des périodes
délicates de leurs évolutions.
En partenariat avec plusieurs mouvements ou organisations
de jeunes, le CERAS prend une part active aux sessions "La
politique, une bonne nouvelle" (organisées tous les
deux ans à La Baume-lès-Aix) et à leurs suites
(week-ends, soirées-débats). L'objectif est d'aider
les participants (des jeunes adultes de 20-30 ans) à prendre
plus claire conscience de la dimension politique de la vie en
société, à prendre goût à la
politique et à s'y engager. Certains des participants peuvent
devenir des acteurs de la vie politique ; il est important qu'ils
se connaissent les uns et les autres et se soutiennent dans le
respect de leur diversité d'opinions, en étant inspirés
par l'Evangile.
La démarche du CERAS se caractérise
comme interdisciplinaire : son approche de l'homme en société
inclut un questionnement non seulement sociologique, mais aussi
éthique et théologique. Dans ses travaux, le CERAS
respecte la démarche propre aux sciences sociales et collabore
avec des personnes d'horizons philosophiques et confessionnels
divers. Il est clair cependant, pour les membres du CERAS et pour
ceux et celles avec qui ils travaillent, que l'engagement de cette
équipe trouve sa source dans une démarche de foi
et un enracinement ecclésial.
Dernière caractéristique : chaque
membre du CERAS est lui-même engagé sur le terrain
social dans une action " militante " et, pour la plupart,
par l'habitat en quartier populaire. C'est là une autre
manière de manifester que le CERAS se veut attentif aux
situations concrètes pour contribuer à bâtir
une société respectueuse de la dignité de
tout homme.
Projet,
dont la rédaction est confiée au CERAS, est une
revue trimestrielle, d'environ 3.000 abonnés, qui traite
de questions sociales, économiques, politiques. Son objectif
est d'être :
- une revue d'accompagnement et de formation des acteurs sociaux,
qui les aide à prendre du recul et à mieux saisir
les enjeux des questions auxquelles ils sont confrontés.
- une plate-forme de contact avec des milieux ayant un fort potentiel
d'action sociale, souvent éloignés de l'Eglise.
- une interface entre l'Eglise et la société. Projet
a le désir d'être pour l'Eglise un média par
lequel elle se nourrit de la réalité sociale.
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L'apostolat social, c'est aussi les membres de
la province de France qui concrètement y sont envoyés,
souvent pour une large part de leur temps. Il n'est pas simple
de se faire une représentation juste de ces engagements.
Beaucoup de jésuites accomplissent un réel service
social sans que cette activité apparaisse publiquement
dans leur mission. Par ailleurs, si une trentaine s'y donnent
à temps plein, bien d'autres le font à temps partiel
ou en "second temps plein". Voici donc quelques chiffres
approximatifs, établis à partir des "status"
(missions) des jésuites de la Province :
- Nous sommes un peu plus de soixante à
être distinctement engagés dans l'apostolat social,
c'est-à-dire de façon claire et repérable.
- Parmi ceux-ci, presque un tiers sont dans la
formation, l'aide aux chômeurs, les problèmes autour
du travail. Ils cherchent à remettre en route, ou au moins
à soutenir, ceux qui, jeunes ou moins jeunes, sont des
exclus du travail.
- Le second groupe en nombre (douze) est celui
des aumôniers de prisons.
- Pour rappel, le CERAS est animé par
cinq jésuites.
- Viennent ensuite, en groupes de trois à
six personnes, ceux qui sont présents auprès des
migrants, des personnes du quart monde et des gitans, dans les
hôpitaux, dans les associations de quartier, dans la pastorale
populaire. De tels chiffres, cependant, ne donnent qu'une idée
approximative de la réalité car tel qui travaille
dans la formation a comme élèves une très
grande majorité d'enfants d'immigrés ; tel autre
qui participe aux réseaux associatifs s'y occupe des chômeurs
; tel qui a des responsabilités dans la pastorale populaire
y rencontre surtout des jeunes enfants d'immigrés d'origines
nationales très diverses, etc. C'est cette imbrication
des axes d'approche de la réalité sociale qui tisse
une étoffe commune : tous ceux qui sont engagés
sur ces divers terrains s'y reconnaissent les uns les autres comme
allant dans une même direction.
Aux engagements de ces jésuites, il faut
ajouter le travail
- De ceux qui ont pris la doctrine sociale de
l'Eglise pour thème de leurs études et recherches,
et qui la diffusent à travers articles, livres et conférences.
- De ceux qui sont au service de l'Eglise pour des questions de
société (notamment au Secrétariat de Justice
et Paix).
- De ceux qui ont quitté la France pour vivre leur mission
sur des terrains sociaux dans d'autres pays (quatre jésuites
de la Province sont ainsi au Pérou, deux autres au Service
jésuite des Réfugiés (J.R.S.), au Burundi
et dans les Grands Lacs, et bien d'autres en d'autres lieux).
- Des jésuites du Maghreb qui forment des étudiants
ou se rendent proches des catégories les plus démunies
de la population.
- De ceux de Grèce qui éditent une revue sur les
questions sociales. |
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C'est une tradition de l'apostolat social - sans
doute en raison de sa dimension intrinsèquement collective
- d'engendrer des réseaux de partage, de communication
et de soutien mutuel pour l'action. Impossible malheureusement
de faire droit ici à tous les réseaux (ecclésiaux,
sociaux) où des jésuites sont présents, comme
à la place prise par des amis, laïcs, religieux et
religieuses, prêtres, dans les réseaux jésuites.
Parmi ces derniers, citons, du plus ancien au plus récent:
- Les Jésuites
en Monde Populaire, continuation du groupe des Jésuites
en Mission Ouvrière, mentionné plus haut.
- Le groupe
Sarepta (du nom de la veuve que nourrit Elie, (cf. le Premier
livre des Rois, chapitre 17, versets 8 à 16). Des jeunes
jésuites de la province de France et d'autres provinces
en ont pris l'initiative : ils sont quinze aujourd'hui à
se retrouver régulièrement pour partager sur les
réalités sociales et notre engagement à leur
égard.
- Dans un domaine proche de l'apostolat social, plusieurs jeunes
jésuites français ou européens s'intéressent
particulièrement à la
rencontre des musulmans et à l'islam. Ils projettent
d'intensifier leur communication mutuelle et s'inscrivent dans
la ligne de notre dernière congrégation provinciale
où deux postulats avaient pour thème l'islam et
La collaboration entre les provinces euro-méditerranéennes.
- Mais un réseau peut aussi prendre forme à l'occasion
de rencontres occasionnelles, sans s'institutionnaliser. Les jésuites
vivant en quartier populaire se sont ainsi réunis l'an
dernier à l'invitation de l'Equipe d'Animation de l'Apostolat
Social pour partager bonheur et poids du jour, espoirs et obstacles. |
| Une
équipe d'animation de l'apostolat social |
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Une équipe de quatre jésuites est
chargée depuis juin 1998 de l'animation de l'apostolat
social dans la Province. Parmi les objectifs qui lui ont été
fixés : aider les jésuites et le gouvernement de
la Province à se mobiliser pour l'apostolat social et aider
les communautés à intégrer la dimension sociale
dans leur projet apostolique, notamment à prendre en compte
quatre domaines d'attention privilégiée et à
voir ce qu'elles peuvent réaliser :
- en faveur du lien social dans les quartiers.
- pour le respect des immigrés et des réfugiés,
- pour la formation des jeunes défavorisés,
- pour qu'il y ait plus de solidarités avec les précaires
et les exclus du travail.
Ces quatre domaines ont été travaillé
sous forme de défi dans quatre groupes lors des "Assises
pour un temps de justice" à Saint-Etienne. |
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