| Le Père Général, Peter-Hans Kolvenbach,
le 24 janvier 2000, a envoyé aux jésuites une lettre
sur l'apostolat social qui, tout en reconnaissant les éléments
positifs remarquables, dit son inquiétude des
faiblesses visibles de l'apostolat social dans la Compagnie
: " En même temps et paradoxalement, cette conscience de la dimension
sociale de notre mission ne trouve pas toujours son expression
concrète dans un apostolat social bien vivant. Au contraire celui-ci
trahit quelques faiblesses inquiétantes... Ainsi, l'apostolat
social risque de perdre sa vigueur et son importance, son orientation
et son impact ... Aussi est-il d'importance vitale de poursuivre
nos efforts, en vue de traduire notre conscience sociale, notre
identité et notre image en un service efficace, évangéliquement
significatif, dans la société et la culture, aux plus pauvres
et aux plus souffrants des enfants de Dieu."

Assemblée générale des Assises à Saint-Etienne
A la fin de sa lettre, le
père Kolvenbach appelle vigoureusement les Jésuites à se
mobiliser : "Les quelques pages que nous avons proposées
ici indiquent pourquoi et comment renforcer l'apostolat social,
localement et au-delà, de façon à ce que la dimension sociale
de la mission universelle de la Compagnie puisse trouver une expression
plus concrète et plus efficace dans ce que nous sommes, dans ce
que nous faisons et dans notre style de vie". Et il nous invite
à associer à cet engagement dans l'apostolat social les laïcs
avec qui nous collaborons.
Depuis l'après-guerre et particulièrement
depuis le début des années soixante, nous n'avons pas cessé, nous
jésuites, d'être appelés à un engagement vigoureux dans l'apostolat
social, à considérer intérieurement la promotion de la justice
comme un élément essentiel, indispensable, de notre apostolat.
De tels appels répétés ont sans doute leur raison d'être dans
les résistances qui nous habitent face à
cette dimension de notre mission : peurs, sentiments de
culpabilité, opinion que beaucoup ne pourront jamais rien faire
dans un domaine réservé à certains, plus doués, difficultés à
inventer notre manière de nous engager, chacun à partir de là
où nous sommes, quels que soient nos âges, nos communautés, notre
mission principale.
Nous voulons cette année faire un pas significatif
dans ce domaine. Ces assises pour un temps de justice en sont
un des signes.
Jean-Noël Audras, Provincial
de France |