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Sauver
des enfants
de la misère
en Thaïlande |
| En plein développement,
la société thaïlandaise compte 40 000 orphelins
et 140 000 enfants abandonnés... Des femmes et des petites
filles émigrant des zones rurales et des tribus sont les victimes
des pires formes d'exploitation. Tout un réseau serré et
immense est tissé, animé par l'appétit du gain et du pouvoir,
à quoi viennent s'ajouter les intérêts que font naître le commerce
de la drogue, la prostitution, le jeu ... Les seigneurs de
la guerre de la zone de Myanmar ont besoin d'argent pour acheter
des armes et des munitions. Munitions chargées sur les épaules
des femmes pour qu'elles les portent jusqu'aux tranchées, beaucoup
étant alors victimes des mines antipersonnels.
Des millions d'amphétamines circulent dans
les écoles, les salles de karaoké et les bars de Thaïlande. Ce
n'est pas par hasard que la Thaïlande fait partie du fameux "triangle
d'or": cocaïne, opium et drogues. Cette plaie, avec le SIDA, a
causé la mort d'innombrables Thaïlandais.
Une superstition
largement répandue fait croire que des relations sexuelles avec
une petite fille écarte le danger de la contagion, faisant ainsi
croître le nombre de ces victimes enfantines. A la tragique perte
de vies humaines, il faut ajouter les questions d'ordre économique.
Sans même compter les pertes dues au manque de productivité des
malades atteints du SIDA, jusqu'en l'année 2000 en Thaïlande le
déficit a été estimé entre sept et neuf milliards de dollars.
Il faut cependant reconnaître qu'une louable campagne a réussi
à stopper l'augmentation de la contagion. |
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Comme en d'autres pays, en
Thaïlande l'opinion commence à se répandre qu'il est indispensable
de changer la législation pour protéger
les enfants. Vithit Mantaphorn, professeur de droit à l'Université
de Chulalongkorn à Bangkok, est l'un de ceux qui ont le plus travaillé,
non seulement en Thaïlande mais aussi au plan international, pour
améliorer les lois en faveur des enfants. |
| De notables progrès ont déjà été faits
grâce à lui. Il faut maintenant appliquer la loi au domaine cybernétique,
où prolifère la pornographie enfantine...
C'est dans ce contexte de la Thaïlande d'aujourd'hui
que s'inscrit le travail du Centre de Services
Sociaux de la Compagnie de Jésus qui se consacre
au développement de la qualité de la vie. Tirant son inspiration
de la 34ème Congrégation Générale de la Compagnie qui,
en 1995, exhortait les jésuites à collaborer avec tous
ceux qui recherchent un développement intégral et la libération
des peuples, le Centre s'est ouvert en août de cette même année
1995. Le JESS unit ses efforts et collabore avec des institutions
religieuses et civiles qui veulent améliorer la qualité de la
vie des individus et des structures sociales.
Bien que modeste, notre contribution s'étend
à un vaste champ d'activités et de contacts.
Par exemple, nous traduisons et diffusons des livres pour les
enfants et les jeunes, nous aidons des écoles rurales manquant
de ressources, nous recherchons des bourses pour les étudiants
pauvres, nous demandons à des écoles de pays riches d'adopter
quelques-unes de nos institutions. C'est ainsi que deux écoles
japonaises de la préfecture de Hyogo ont établi des relations
de jumelage avec des écoles thaïlandaises. Convaincus de la nécessité
de proposer une alternative à la tentation que signifient souvent
le commerce de la drogue et la prostitution, nous aidons des
écoles professionnelles où les jeunes peuvent apprendre un métier
(mécanique, pour les garçons; couture, pour les filles) et aspirer
à une vie plus humaine. |
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