[03/03/2008]
Le P. Luis Magrina a terminé récemment sa charge de Directeur International du Service Jésuite des Réfugiés (JRS). Nous l'avons interrogé pour comprendre pourquoi les migrants et les réfugiés sont une priorité pour la Compagnie.
« La première intuition est venue d'Arrupe », dit Magrina, « quand en 1979, survint le drame des Boat People vietnamiens. » Le Père Général d'alors sera celui qui lancera la Compagnie dans le travail avec les réfugiés, conscient des dimensions mondiales et croissantes du problème. On parle aujourd'hui de migrants, car le phénomène est beaucoup plus complexe et large, étant données les multiples raisons qui conduisent aujourd'hui des millions de personnes à se déplacer en quête de conditions de vie dignes. « La Compagnie est consciente que ce collectif a besoin de manière vitale d'accueil, d'accompagnement, de formation, de conseils, et de structures adaptées pour répondre à ce type de nécessités. »
Le Père Arrupe était convaincu que le travail avec les réfugiés apporterait de grands bénéfices spirituels à la Compagnie. Luis Magrina confirme que « les jésuites ont appris beaucoup de cette expérience », se référant à une manière d'être avec les personnes formulée dans la mission d' « accompagner, servir et défendre les droits humains et la cause des réfugiés. » Être avec eux, cheminer, c'est l'une des marques du travail de la Compagnie dans ce domaine. « Le fait que le JRS soit présent ici », dit un réfugié à Luis, « signifie que le monde ne nous a pas oubliés. » Et ce n'est pas seulement le fait d'être avec eux, continue Magrina, « travailler pour des solutions définitives, des processus structurels, défendre leurs droits au niveau national et international, cela fait aussi partie de la mission de la Compagnie. »
Le travail dans les camps nous apprend que le fait de soigner les blessures du coeur est quelque chose qui ne se fait pas en deux jours, et qui demande un temps très long. « Personnellement, les réfugiés m'ont appris beaucoup concernant la capacité de continuer à se battre quand tout s'oppose, » dit Luis, « mais surtout sur la profonde réconciliation, le pardon qui naît du coeur. » C'est là que la bonne nouvelle de l'Evangile et le témoignage porteur d'espérance de ceux qui vivent et travaillent avec les réfugiés, peut faire beaucoup de bien.
En plus des travaux habituel réalisés par les ONG, la Compagnie, selon Magrina, porte « naturellement vers le travail en équipe et l'analyse plurielle grâce à la perspective d'une institution présente dans plus de 27 pays. » Cette vision globale est complétée par un travail avec l'Église locale et les oeuvres des jésuites dans le lieu, apportant un enracinement et une sensibilité difficiles à atteindre autrement. Un autre apport spécifique est l'expérience dans l'éducation qu'ont accumulé les jésuites depuis presque 500 ans. Mais, insiste pour terminer Luis Magrina, la caractéristique propre du Service Jésuite des Réfugiés, est « accompagner, être avec les personnes, ce qui va beaucoup plus loin que le fait de fournir des services. »
Durant la Congrégation générale, en particulier durant la deuxième partie qui a commencé lundi, le 21 janvier et qui traitera de l’avenir des engagements de la Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites, leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent s’unir par la prière aux travaux des délégués.
Soyez présents dans la Salle de prière de la Congrégation générale
Deux possibilités : A) Chaque jour, on trouve sur la page webwww.sjweb.info/35/pray/ les prières qui sont utilisées par les membres de la Congrégation. On peut s’en servir personnellement ou en communauté. B) Vous pouvez aussi envoyer VOS propres prières (dans la langue de votre choix) pour la Congrégation ou pour la Compagnie à l’adresse suivante : prayerroom-GC35@sjcuria.org
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