[06/03/2008] Nous avons demandé à José Magadia
SJ son opinion sur la question de l'écologie, l'un des
sujets les plus “brûlants” de la Congrégation
Générale.
L'intérêt
du P. Magadia pour l'écologie, du moins à l'heure
où il dirige la Résidence jésuite de Loyola
House de Davao City, aux Philippines, est de nature personnelle
plutôt qu'institutionnelle. Cette sorte d'intérêt
personnel est partagé par d'autres jésuites de son
pays : “ Aux Philippines, nous sommes désormais habitués
aux nombreuses catastrophes environnementales. Nous avons eu de
terribles inondations, des glissements de terrain, qui font beaucoup
de morts, et cela a toujours été un problème
dans le pays. Nous sommes nombreux à nous intéresser
à ces questions, d'une façon générale
”. Il considère l'écologie comme “ très,
très importante ” et ajoute : “ Je ne comprends
pas pourquoi il y a encore des gens qui n'arrivent pas à
voir que c'est un problème important. Cela a été
une de mes surprises [à la CG] de voir qu'il y a des gens
qui ne le perçoivent pas ainsi. Je crois que nous autres
jésuites avons toujours été intéressés,
mais nous sentons aujourd'hui que le temps est venu de nous engager
de manière plus résolue pour faire comprendre que
l'environnement est quelque chose que nous partageons et que,
par conséquent, nous devons tous protéger. »
Interrogé sur les différentes approches aux questions
environnementales au Nord et au Sud, le P. Magadia répond
: “ Il y a peut-être des différences mais je
pense que la préoccupation est la même et cette préoccupation
est de trouver les façons et les moyens de préserver
notre Mère la Terre, de la respecter, de trouver les façons
et les moyens de réagir pour que l'avenir soit mieux préservé
”. Il fait remarquer que les défis sont différents
à différents niveaux de la Compagnie : “ Il
est certain qu'à la base, parmi les jésuites, il
s'agira de questions relatives au style de vie. Les personnes
auront à faire une sorte d'examen de conscience pour identifier
les défis qui les concernent ”. Mais, il y a en outre
les niveaux de la communauté, des institutions, des provinces,
des assistances et des conférences. “ Aujourd'hui,
ajoute-t-il, je crois qu'il est urgent que la Compagnie prennent
des mesures au niveau universel et non seulement aux niveaux inférieurs
”.
Pour cela,
il considère le JRS comme un modèle possible : “
Pour que la Compagnie puisse agir au niveau mondial, il faut imaginer
quelque chose comme le JRS, quelque chose de plus universel, qui
rassemble des valeurs, des individus, des experts qui contribuent
à clarifier la question, à identifier les priorités.
L'environnement est une question si complexe, qu'il faut le déplier
: le changement climatique, la déforestation, la préservation
des eaux, la désertification ; et je crois que la définition
des priorités devra aller de pair avec la détermination
de ce que nous sommes en mesure de faire, l'identification de
nos points forts et des besoin du monde ”. La question que
la Compagnie de Jésus doit garder à l'esprit est
: “ Qu'est-ce qui n'est pas fait et qui devrait être
fait ? ”
En répondant
à cette question, la Compagnie dans son ensemble sera impliquée
: “ Ici la science, la foi, la recherche et l'éducation
devront être mobilisées, cela demande une réponse
vraiment pluri-sectorielle, cela ne peut pas être fait par
les seules institutions. C'est en tant que corps uni que nous
devrons accomplir notre tâche ”. Un exemple de l'approche
des questions environnementales à un niveau global est
l'advocacy. Toutefois, pour ce faire, il faut mobiliser les bonnes
compétences : “ Si on veut s'impliquer dans le domaine
de l'advocacy internationale, il faut être formé
en matière de lobbying, il faut connaître parfaitement
les us et coutumes des diverses organisations internationales
qui travaillent dans ces domaines et savoir jouer le jeu. Et une
partie du jeu consiste à en connaître les règles,
aussi bien officielles qu'officieuses. Il s'agit là de
compétences qui dépassent le domaine de l'environnement
- elles concernent le lobbying, le management, avec la capacité
de savoir cerner où vont les événements et
de différencier ce qui est important et ce qui ne l'est
pas. [Pour cela], il faut un bon coordinateur, quelqu'un qui peut
rassembler les gens, un organisateur de réseau ”.
En conclusion,
le P. Magadia considère l'avenir immédiat : “
Mon espoir est que nous puissions commencer tout de suite. Il
y a des gens qui sont déjà conscients de ces problèmes,
et qui veulent s'engager dans des actions spécifiques et
concrètes. D'autres y sont favorables à des degrés
divers, ce qui est bien ; c'est mieux que rien. Mais je crois
qu'avec les jeunes, il y a plus de possibilités ”.
Durant la Congrégation générale, en particulier durant la deuxième partie qui a commencé lundi, le 21 janvier et qui traitera de l’avenir des engagements de la Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites, leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent s’unir par la prière aux travaux des délégués.
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