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du 26 février 2008, Rome
Quand le coeur se
réveille...
par Louis Gendron, SJ
Jeudi le 21 février, vers l’heure du midi, le pape
reçut en audience spéciale les membres de la Congrégation.
À 3 :30 p.m. nous étions de nouveau réunis
dans la grande salle de la Congrégation à poursuivre
nos travaux. Je me rendis compte très vite que quelque
chose avait changé, et de façon presque radicale.
Je percevais un climat de grande joie, de consolation, la satisfaction
d’avoir participé à un événement
d’importance historique, le sentiment aussi d’une
proximité affective et même, je dirais, un peu mystique
avec l’Église et son Seigneur, résumés
dans la personne du pape. Benoît XVI nous avait parlé
en italien, une langue peu comprise par la majorité des
Jésuites de la Congrégation. Et pourtant, il avait
réveillé en nous quelque chose de très profond.
La plupart des Jésuites de cette Congrégation sont
nés et ont grandi dans des familles catholiques traditionnelles,
remplies de respect et de vénération pour le Saint-Père,
Vicaire visible du Christ sur terre. Dès notre enfance
nous étions familiers avec la figure du pape, dont l’image
se retrouvait partout, et que nous espérions voir de près,
un jour.
Au cours des années, et à la suite d’une longue
formation intellectuelle, nous sommes devenus plus rationnels
et même quelque peu critiques. Jésuites, nous avons
fait nos voeux, y compris celui d’obéissance spéciale
au pape. L’affection profonde pour le Saint-Père,
celle de nos jeunes années, est passée un peu à
l’arrière-plan. Bien sûr, nous n’avons
pas renié nos voeux ni notre relation spéciale au
pape. Mais il n’est pas toujours facile de reconnaître
l’ancienne flamme. Bien sûr, il y a entre nous des
différences. Certains se tiennent bien informés
et attendent avec ferveur les encycliques et autres documents
pontificaux, qu’ils lisent sur internet dès publication.
D’autres ne se libèrent pas facilement pour lire
ces documents. Souvent, les problèmes pastoraux complexes
rencontrés dans nos ministères nous rendent plus
difficile l’acceptation de certaines doctrines.
Quelques jours après le début de la Congrégation,
vers le 10 janvier, le pape nous a adressé une longue lettre,
qui nous a été lue dans l’Aula, dans la langue
originelle, l’italien. Je me rappelle que j’avais
trouvé la lettre consolante et réconfortante. Mais
je n’avais pas noté dans la salle un mouvement généralisé
de forte consolation.
Cette fois-ci, lors de l’audience, le pape a répété
les mêmes thèmes et a soulevé les mêmes
requêtes à notre égard. Il est vrai que le
contenu était encore plus positif que dans sa lettre de
janvier. Mais la réaction générale de la
Congrégation a été décidément
plus positive, chaleureuse, intégrale. Nous avons répondu
avec nos forces émotives, avec toute notre personne. Je
pense que le pape nous a touchés au coeur. Il a réveillé
ce qui dormait dans les profondeurs, cette affection bien catholique
pour le Vicaire du Christ.
Comment cela fut-il possible? La réponse brève est
: l’action de l’Esprit Saint. Mais cela s’est
réalisé dans un contexte. Nous nous sommes rassemblés
sur la Place Saint-Pierre, à la Porte de Bronze, dans notre
tenue officielle de clergyman, sous les yeux des flamboyants gardes
suisses. Puis nous sommes montés trois étages dans
le Palais Apostolique, par un escalier grandiose. Finalement,
après une attente en silence dans une anti-chambre finement
décorée nous sommes entrés dans la Salle
Clémentine, guidés par des « gentilhommes
» en tenue officielle. Assis sur les fauteuils de velours
rouge, nous avons admiré, en attendant l’entrée
du Saint-Père et toujours en silence, les murs et le plafond
de cette salle décorée par les peintres de la Renaissance.
Pour nous tous (ou presque) c’était notre première
visite dans la maison même du pape.
Finalement, cet homme aux cheveux blancs, vêtu de sa soutane
de satin blanc, fit son entrée d’un pas vif, dans
le tonnerre de nos applaudissements. Avant même d’avoir
pris la parole, il avait déjà réveillé
notre mémoire affective, héritée de nos parents
et ancêtres. Nous étions là, trois cents membres
de la famille jésuite, en audience privée avec le
Saint-Père, formant un seul corps avec lui. Qui aurait
jamais rêvé d’une telle expérience?
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Durant
la Congrégation générale, en particulier
durant la deuxième partie qui a commencé lundi,
le 21 janvier et qui traitera de l'avenir des engagements de la
Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites,
leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent
s'unir par la prière aux travaux des délégués.
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