Blog du
19 février 2008, Rome
A
l'écoute de mes frères,
par Louis Gendron, SJ
Ces derniers jours, nous avons passé
presque toutes nos journées en plénière,
dans l’Aula de la Congrégation. Plusieurs présentations
de brouillons de décrets ou de listes de recommandations
pour le Père Général se sont succédées,
suivies chaque fois de périodes de questions, clarifications
et commentaires de la part des membres de la Congrégation.
Chaque intervention étant normalement limitée à
deux minutes, nous écoutons ainsi chaque jour un grand
nombre d’opinions. De plus, il n’est pas permis (en
principe) de répéter ce que d’autres ont déjà
dit. C’est ainsi que j’apprends bien des choses sur
la Compagnie. Par exemple, je me rends compte peu à peu
que dans certains secteurs de la Compagnie, l’attention
aux pauvres est tout à fait au centre de la vie des jésuites
: style de vie d’une grande simplicité, résidence
en quartier pauvre, lutte avec les marginalisés pour des
structures sociales plus justes, etc. Et cela est affirmé
(et, je suppose, vécu) comme un élément indispensable
de l’identité jésuite. J’avoue que cette
centralité de la pauvreté est quelque chose de nouveau
pour moi et, bien sûr, me fait réfléchir.
Dans la même ligne, je me rends compte que certains de mes
confrères ne voient presque rien de valable dans la mondialisation,
et préfèrent parler de marginalisation. On a beau
dire que la mondialisation a arraché un milliard d’êtres
humains à la pauvreté et à la faim, il y
en a probablement deux milliards qui sont encore dépourvus
de presque tout... Et un bon nombre de mes frères jésuites
vivent dans des régions et pays où c’est le
cas de la majorité de la population. Et il semble que la
mondialisation ne fait qu’accentuer leur état de
déprivation.
Mon expérience personnelle a été toute différente.
Je suis né et j’ai grandi au Canada, où la
majeure partie de la population vit dans une relative abondance.
Quand j’étais jeune scolastique, nous nous rendions
chaque jeudi dans un quartier pauvre de Montréal; nous
accueillions dans la maison d’un laïc philanthrope
les sans-toît et nous leur servions un bon repas chaud,
veillant aussi à ce qu’ils soient bien habillés.
Mais, de toute évidence, ces hommes n’étaient
qu’une toute petite minorité de la population. Puis
je suis parti pour Taiwan; c’était en 1966. Cette
île qui avait été très pauvre était
alors en pleine expansion économique; tout le monde avait
du travail. En quelques années on est passé de la
vélo à la moto, puis à l’auto. Presque
chaque famille est maintenant propriétaire d’une
maison ou d’un appartement. Nous savions bien qu’à
cent kilomètres, de l’autre côté du
détroit de Taiwan, se trouvait la Chine continentale, où
la majorité de la population vivait encore dans la pauvreté,
et où la Révolution Culturelle détruisait
presque tous les signes d’une grande civilisation. Cette
Chine nous était fermée. Mais aujourd’hui,
nous pouvons de nouveau circuler librement en Chine, et nous voyons
que tout le monde travaille, que presque chacun possède
un téléphone cellulaire... Le niveau de vie augmente
visiblement chaque année. Là aussi les vélos
font maintenant place aux automobiles : chaque jour il y a plus
de 1,100 voitures nouvelles dans les rues de Beijing!
J’essaie d’écouter avec empathie ce que disent
mes confrères, et peut-être pourrai-je ainsi apprendre
vicairement, me former une image plus réelle de notre monde
actuel, et devenir ainsi un meilleur jésuite. Après
tout, la Compagnie, comme le voulait saint Ignace, est un corps,
et un corps universel
Durant
la Congrégation générale, en particulier
durant la deuxième partie qui a commencé lundi,
le 21 janvier et qui traitera de l'avenir des engagements de la
Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites,
leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent
s'unir par la prière aux travaux des délégués.
Soyez présents dans la Salle de prière de la Congrégation
générale
Deux possibilités :
A) Chaque jour, on trouve
la page de prière du jour sur le site sjweb.info
les prières qui sont utilisées
par les membres de la Congrégation. On peut s'en servir
personnellement ou en communauté.
B) Vous pouvez aussi envoyer VOS propres prières
(dans la langue de votre choix) pour la Congrégation ou
pour la Compagnie à l'adresse suivante : prayerroom-GC35@sjcuria.org
L'équipe du site en partagera un certain nombre sur le
site.
Merci de participer à la Congrégation par votre
prière
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