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Blog du
9 février 2008, Rome
Comment
la Compagnie est-elle gouvernée ?
par Etienne Grieu SJ
Voici
une question qui prend pour nous du relief ces jours-ci, alors que
s’est ouvert le processus pour la nomination des conseillers
du Père Général. Par ailleurs nous réfléchissons
sur les points à améliorer dans le gouvernement de
la Compagnie afin de la rendre plus alerte, plus disponible, plus
mobile.
Je n’entre pas ici dans le détail des débats
en cours, mais je voudrais simplement relever un trait général
qui caractérise notre manière de nous organiser et
en dit long sur la Compagnie : notre style de gouvernement est marqué
par un double mouvement, descendant et ascendant. Par exemple, nos
« supérieurs majeurs » (provinciaux et supérieurs
de grosses maisons) ne sont pas élus (sauf le Père
Général), ils sont nommés par le Père
Général – mouvement descendant – mais
celui-ci ne décide pas de manière arbitraire : il
tient compte à chaque fois d’une liste de trois noms
élaborée par les jésuites concernés
par la nomination – mouvement ascendant. Le supérieur
est choisi parmi ces trois noms ; et si le Père Général
et son conseil ne voient pas la possibilité de le désigner
parmi cette liste, ils en demandent une autre (autrement dit, on
ne renonce pas à ce double mouvement).
Autre exemple : la Congrégation Générale elle-même,
n’est pas entièrement élue. Elle est composée
pratiquement pour moitié de jésuites qui sont là
du fait de leur charge (conseillers du Père Général,
provinciaux, etc., nommés par le Père Général)
– mouvement descendant –, et pour moitié de jésuites
élus par leur congrégation provinciale – mouvement
ascendant. Rien ne les distingue ; ils ont les mêmes droits
et charges.
Ainsi, on ne peut pas dire que la Compagnie fonctionne comme une
démocratie ; mais nous ne sommes pas non plus un organisme
pyramidal qui recevrait ses impulsions uniquement de la tête.
Les décisions sont le fruit de cette rencontre entre ces
deux mouvements qui, chacun à sa manière, fait autorité
et requiert, pour être bien ajusté, l’écoute
de l’autre.
Évidemment, on peut imaginer que ces deux mouvements se feront
l’écho de divergences sur des manières de voir
et de réagir. Mais ici en tout cas, j’observe que cela
ne provoque rien qui ressemblerait à des lignes de fracture.
Au fil des débats, différents points de vue sont échangés,
parfois contradictoires, mais ensemble, nous recherchons un point
d’équilibre, qui le plus souvent ne consiste pas en
un compromis entre deux positions, mais en une perspective autre,
plus large, plus audacieuse, qui les intègre mais les dépasse,
et que l’on reconnaît à la joie qu’elle
produit.
Ce mode de gouvernement, tout à fait particulier –
sans doute pas totalement dénué d’intérêt
pour d’autres instances sociales et politiques – participe,
je crois, du mouvement profond de l’obéissance : la
recherche humble, souvent tâtonnante, mais en même temps
opiniâtre, de la volonté de Dieu.
Durant
la Congrégation générale, en particulier
durant la deuxième partie qui a commencé lundi,
le 21 janvier et qui traitera de l'avenir des engagements de la
Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites,
leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent
s'unir par la prière aux travaux des délégués.
Soyez présents dans la Salle de prière de la Congrégation
générale
Deux possibilités :
A) Chaque jour, on trouve
la page de prière du jour sur le site sjweb.info
les prières qui sont utilisées
par les membres de la Congrégation. On peut s'en servir
personnellement ou en communauté.
B) Vous pouvez aussi envoyer VOS propres prières
(dans la langue de votre choix) pour la Congrégation ou
pour la Compagnie à l'adresse suivante : prayerroom-GC35@sjcuria.org
L'équipe du site en partagera un certain nombre sur le
site.
Merci de participer à la Congrégation par votre
prière
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