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Blog du
7 février 2008, Rome
Pouvons-nous être ascétiques ?
Eugène Goussikindey SJ
Hier, nous avons célébré notre entrée en carême avec la messe du Mercredi des cendres à l'église Saint-Ignace. C'est un temps de conversion. Comme la congrégation générale a suscité beaucoup d'intérêt aussi bien parmi les critiques des jésuites que chez leurs admirateurs, il est bon de se laisser interpeller par eux. Un de ces admirateurs lucides voyait dans cette congrégation « une occasion providentielle » d'imprimer à la Compagnie une « nouvelle impulsion ascétique et apostolique ». Une « impulsion apostolique » ! On pourrait en rendre compte assez aisément. Une « impulsion ascétique » ! Apparemment ça ne va pas sans explication. A vrai dire, le malaise est dans le terme « ascétique » qui ne paraît plus au goût du jour. Honnêtement, ce qui gêne, ce n'est pas la question de son actualité, c'est l'exigence qu'il suggère. Au début de ce carême, j'ai voulu relever ce défi dans l'occasion de réflexion que cette chronique me donne.
Un proverbe chinois dit que « si perçante soit la vue, on ne se voit jamais de dos ». Il y a une part d'ascèse qui fait corps avec la Compagnie dès son origine. Dans la Formule (de création de notre institut), on accueille dans la Compagnie des personnes qui ont renoncé au monde et l'Examen auquel on soumet tout candidat inclut la vérification qui vise à savoir « s'il est totalement décidé à quitter le siècle et à suivre les conseils du Christ notre Seigneur ». Le noviciat se veut un temps de ‘probation', tandis que la formation se déroule sur la toile de fond des ‘expériments'. Enfin, ce sont des personnes suffisamment éprouvées qui sont finalement intégrées au corps de la Compagnie.
En écoutant les discussions de cette semaine sur la complexité de nos engagements en Afrique et en Chine, sur les exigences de sélection des vocations et de notre vie communautaire, sur l'apostolat intellectuel enfin, il me semble que les enjeux que recèlent chacun de ses sujets requièrent un type de jésuite qui a fait un choix radical pour le Christ ; tout le reste en découlerait sans exception. N'est-ce pas dans cet horizon qu'il nous faudra approfondir cette idée d'« impulsion ascétique ». Il s'agirait moins d'austérité que d'un renouvellement de notre manière de penser, de vivre et d'agir. Il s'agirait d'être et d'agir comme celui dont nous voulons être des compagnons: le Christ. Pour mieux servir le Père, il s'est dépouillé du rang qui l'égalait à Dieu et, pour servir mieux les hommes, il a pris la condition d'esclave. Ce paradoxe, me semble-t-il, devrait caractériser notre rapport au monde et notre service de l'Eglise.
Durant
la Congrégation générale, en particulier
durant la deuxième partie qui a commencé lundi,
le 21 janvier et qui traitera de l'avenir des engagements de la
Compagnie de Jésus dans le monde, tous les jésuites,
leurs collaborateurs et collaboratrices, leurs proches, peuvent
s'unir par la prière aux travaux des délégués.
Soyez présents dans la Salle de prière de la Congrégation
générale
Deux possibilités :
A) Chaque jour, on trouve
la page de prière du jour sur le site sjweb.info
les prières qui sont utilisées
par les membres de la Congrégation. On peut s'en servir
personnellement ou en communauté.
B) Vous pouvez aussi envoyer VOS propres prières
(dans la langue de votre choix) pour la Congrégation ou
pour la Compagnie à l'adresse suivante : prayerroom-GC35@sjcuria.org
L'équipe du site en partagera un certain nombre sur le
site.
Merci de participer à la Congrégation par votre
prière
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