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Blog du
2 février 2008, Rome
Après
l'élection, on ne s'ennuie pas ! par
Etienne Grieu, SJ
En quoi consiste une congrégation générale
une fois que l’on a élu le nouveau père général
? Eh bien, à écouter les préoccupations et
projets de la Compagnie en d’autres régions du monde,
à réfléchir et échanger sur les problèmes
que nous rencontrons et les appels que nous entendons, dans le
but d’y voir plus clair, et éventuellement de prendre
des décisions.
Pour cela, une série de thèmes ont été
listés, grâce à tout un jeu de rencontres
à l’échelle locale qui ont eu lieu courant
2007. Plusieurs sujets ont émergés (par exemple
: qu’en est-il de notre vie de communauté ? de notre
travail avec les jeunes ? de notre présence en Afrique
ou en d’autres lieux pleins de défis? pour ne prendre
que quelques exemples).
Chaque délégué ici est invité à
s’investir davantage dans les thèmes pour lesquels
il a plus d’intérêt ou d’expérience.
C’est ainsi que cette semaine, je me suis retrouvé
dans un groupe travaillant sur les formes nouvelles de fondamentalisme
religieux. Nous étions une dizaine, dont une bonne moitié
de compagnons de divers États de l’Inde: l’Église
(particulièrement ces jours-ci dans l’État
de l’Orissa) y est confrontée à des flambées
de nationalisme anti-chrétien. Il y a eu aussi ces dernières
années des affrontements extrêmement violents entre
hindous et musulmans. Un compagnon d’Égypte, pour
sa part, nous a parlé du poids des groupes extrémistes,
qui compliquent encore les relations avec l’Islam, déjà
difficiles dans un pays à majorité musulmane. En
règle générale, il ne faut jamais oublier
cependant (et un expert du dialogue inter-religieux est venu nous
le rappeler), que les extrémistes ne représentent
en règle générale qu’une fraction de
quelques pourcents de la population. Et la première manière
de lutter contre le fondamentalisme consiste à refuser
d’entrer dans l’imaginaire qu’il ouvre, et qui
consiste à tout simplifier, à tailler à la
hache des oppositions qui ne correspondent en rien à ce
que les personnes ont au fond du cœur.
Dans ce petit groupe, nous avons mis à jour une autre préoccupation
qui nous est commune : le phénomène de la montée
en puissance des Églises Évangéliques et
Pentecôtistes qui, parfois, donnent lieu elles aussi à
des formes de fondamentalisme (bien différents, alors,
du fondamentalisme politique mentionné ci-dessus, très
souvent violent). Nous nous sommes demandé comment la Compagnie
peut apporter une contribution pour que tous ces attachements
passionnés ne dégénèrent en affrontements
et ne contribuent à déchirer un peu plus les chrétiens.
Évidemment, nous n’avons pas de recette ; mais nous
sentons bien de quel côté nous devons travailler
avec le charisme qui est le nôtre : aider les croyants à
faire l’expérience d’une relation personnelle
à Dieu, qui du coup, interdit de se prendre soi-même
pour l’unique détenteur de la vérité.
Les Exercices de saint Ignace sont un excellent moyen pour cela.
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