Archives : Comment devenir jésuite ?

La Baume au coeur

Les Jésuites ont racheté la bastide St-Alexis en 1952. Aujourd’hui, à la Baume, on s’informe, on se forme, on se balade, on discute de la vie, de la mort, du pape et de Jérôme Cahuzac…

Les locataires de la Maison Arrupe, un foyer dépendant des jésuites de la Province de France.  Au deuxième plan, le père Benoît responsable du foyer.

La messe est dite, l’incroyable chapelle de la Baume-lès-Aix se vide dans un silence chargé. Une promenade dans les jardins fleuris de la cour, c’est comme une parenthèse dans une vie, un encouragement à l’introspection, c’est se retrouver seul pour la toute première fois, malgré la foule qui passe d’une formation au yoga, à une conférence sur l’Islam.

Ce jour-là, on est nombreux à s’être invités à la table des Jésuites. Autour de la salade de betteraves, il y a les patrons de la congrégation française, le provincial et le vice-provincial, de passage à la Baume pour demander à chacun : « Es-tu heureux dans ce que tu fais ? » C’est la tradition, et le père Benoît semble l’être profondément.

« Tenir ensemble des choses incompatibes »

Dominique Degoul sj, entré dans la Compagnie de Jésus en 2005

Aux JMJ de Denver, j’avais alors 20 ans, je m’étais rendu compte pour la première fois que Dieu pouvait nous parler avec les mots que nous utilisions nous-mêmes pour lui parler. Quelques semaines plus tard, la première fois que j’ai entendu un jésuite prêcher, il a dit «l’amour de Dieu nie toute supériorité »… Cette phrase rejoignait de près mon expérience récente, et c’était la première fois que j’entendais un prêtre parler d’expérience spirituelle.

« Etre prêtre et vivre en communauté »

Jérôme GuingandJérôme – A 19 ans, à la fête de Noël, une évidence qui me remplissait de joie : devenir prêtre, un mot pour dire une radicalité de vie pour Dieu. Deux ans après : plus rien de clair. Et vinrent alors une succession d’alternances pendant 4 ans : oui, non, peut-être. Et si j’avançais avec telle fille ? Temps de jachère, temps de combats… jusqu’à la question d’un dominicain : « Ne voudrais-tu pas être prêtre et vivre en communauté ? » Grand déni de ma part ! Quinze jours après, je m’apercevais que ce déni voulait en fait dire un grand OUI, à Dieu, pour ce type de vie. Et me voici jésuite…

« J’avais une faim de loup… »

Etienne CelierEtienne – Octobre 1946. Depuis un certain temps, je couvais une vocation, née dans ma famille chrétienne. Partant pour l’Amérique, ayant reçu une bourse d’étude, je rencontre sur le pont du navire un père jésuite. J’avais une faim de loup (les restrictions de la guerre étaient encore en vigueur). Le Père partagea avec moi un gâteau de pommes de terre que sa mère lui avait préparé. Nous avons fait la traversée ensemble, nous sommes devenus amis. Et c’est avec lui, en Amérique, que j’ai pris la décision d’entrer dans la Compagnie. C’était le jour de Pâques.

« En un clin d’oeil, j’ai su… »

Bernard de BrouwerBernard – Fin juin 1950, vers 21 heures, en fin de troisième année de prépa, entre l’écrit et l’oral du concours, en un clin d’œil, « j’ai su » que je serais prêtre. C’est tout. A aucun moment depuis 61 ans, le moindre doute n’a surgi.

Il faut dire aussi… que mon grand-père comme mon père se confessaient au Père Boon sj, que ma mère à ses fiançailles avait fait dire une messe pour avoir un fils prêtre… et elle en a eu trois…, et que, chaque soir, pendant mes études, je lisais une demi-heure les épîtres de saint Paul ou leur commentaire.

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