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Pour ma part, je laissais retentir de même en mon âme
les paroles de mon Fils. Maintenant qu'elles s'adressaient au monde, je
pouvais en attendre d'immenses effets.- La Parole était à l'œuvre. Comme
aux jours de l'Annonciation, le mystère s'accomplissait. L'invisible main
de Dieu remodelait le cœur de la créature. Ce travail divin ressemblait
par bien des côtés à celui-là même qui avait fait de moi la mère de Jésus.
J'y participais en espérance et de toute la confiance que je mettais en
mon Fils. Tout ce qui était de lui était aussi à moi. Une sorte de nouvelle
maternité me liait à ces foules qu'il avait réunies au bord du lac et
qui s'étendaient symboliquement au monde entier. Je ne pouvais pas être
indifférente à ces hommes et à ces femmes assoiffés d'espérances ; j'étais
la mère de Jésus, je devenais aussi la leur.
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