| Et ce fut le temps où nos familles songèrent
à me marier. Joseph était là, bon ouvrier charpentier,
lié à notre famille par ses ancêtres comme par ses relations
quotidiennes. Il serait mon époux : c'était chose entendue.
Je ne pouvais qu'accepter; ce choix était le mien. Une cérémonie
avait eu lieu, qui sanctionna les engagements réciproques. Ainsi,
nous nous étions promis : Joseph était courageux, habile,
dévoué, son travail nous ferait vivre. Comme toute jeune femme
qui aime son mari, je l'admirais, je l'aimais.
Ni lui, ni moi, ne nous attendions à ce qui devait
arriver. Je priais ainsi qu'on m'avait appris à le faire avec des
prosternations et des psaumes, et surtout avec mon cur. Mais l'humble
geste de ma prière n'était rien, je l'ai compris ensuite,
rien à côté de la Volonté et de la Puissance
de Dieu qui m'habitaient. Ma prière était d'union et d'amour
pour le Seigneur ; j'étais, en esprit, en désir, toute à
Lui ; mais je n'imaginais pas que son étreinte était infiniment
plus puissante que ma prière.
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