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Ces nouvelles sont dédiées aux Jésuites, aux institutions et aux Centres qui oeuvrent pour la paix, contre les conflits ethniques et les droits humains partout dans le monde, dans l’espoir que d’autres comprendront et que des ponts seront construits. Nous croyons que certaines questions sur lesquelles travaillent des centres jésuites et leurs collaborateurs attireront l’attention des réseaux déjà existants. Et si d’autres qui oeuvrent dans le même sens nous envoient leur adresse, nous partagent leurs nouvelles ainsi que leurs points de désaccord, cela nous aidera grandement à élargir le réseau et à le faire connaître plus encore.
Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (décembre 2003)
.
Washington:
"SOA Watch" : quand les saints se mettent en marche


A voir également :

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- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (août -septembe 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (avril 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2003)
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)

 

 

 

 

 

 

 

 

Inde-Prashant : lutter pour la paix

"Prashant" signifie ‘une paix qui se fait sentir partout’. C’est un centre situé au Gujarat qui travaille pour les droits de l'homme, la justice et la paix. Le Gujarat est un état où la justice et la paix semblent avoir pris du plomb dans l’aile au cours des dernières années. Le directeur du centre, le Père Cedric Prakask SJ, a supporté bien des choses lorsqu’il participait à des manifestations: battu comme du plâtre, "cible" de pantoufles jetée à la tête, et bien d’autres choses encore. L’idée du Centre prend sa source dans les débuts du Service social St-Xavier et dans le bureau provincial pour le développement intégré. Aujourd’hui, Prashant est un des centres pour la défense des droits humains les plus importants du pays; il est maintenant situé au premier plan particulièrement depuis les émeutes de l’an dernier à Gothra. Il s’agit surtout d’un centre de plaidoyer en faveur des droits de l'homme et un centre de réseaux qui travaille à trois différents niveaux: répondre aux cas légers d’atteintes aux droits de l'homme; la documentation; et l’établissement de réseaux. Son travail consiste entre autres à la publication de brochures sur les responsabilités des citoyens ainsi qu'à lutter contre les lois draconiennes qui visent principalement les musulmans. « Je me sens humble et petit », nous confie ce Jésuite qui a reçu le prix du Kabir Puraskar pour l’harmonie communautaire, de la part du Président de l’Inde, et qui a témoigné devant la Commission américaine pour la liberté religieuse internationale en 2002, « mais je suis heureux que les médias recherchent notre opinion sur les questions touchant à la justice ». Il maintient que le Prashant se préoccupe de mettre à nu les racines de la violence. Est-elle endémique? Peut-elle être prévenue? Le centre va au-delà des tentatives symboliques pour assurer la sécurité des groupes opprimés et travaille afin d’amener les coupables à la justice. Le gouvernement hindou du Gujarat est de droite et il aime haïr le Père Prakash et Prashant; les menaces de mort ne tarissent pas. Celui-ci nous confie qu’il ne s’attendait pas à ce que le centre devienne aussi important au plan tant national qu’international et il ajoute « nous sommes les serviteurs de la mission du Christ ici bas---inaugurer une société plus juste et plus humaine--- c’est tout. »

Directeur P. Prakash Cedric SJ

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Mexique - PRODH et les droits de l'homme

La décennie qui s’est écoulée de 1980 à 1990 a été l’une des plus honteuse au plan de la violation des droits humains dans l’histoire du Mexique. Les Jésuites ont répondu à l’appel en mai 1987 en fondant le Centre Miguel Agustin pour les droits humains (PRODH). Depuis ses débuts le centre a oeuvré pour éduquer les gens sur la question des droits humains ce qui a mené à la fondation de plusieurs organisations locales. Le centre offre aussi une aide légale dans les cas de violations des droits de l'homme et effectue des recherches systématiques et analytiques sur la situation au pays, se concentrant non seulement sur les questions d’ordre général mais aussi sur des questions plus spécifiques, afin de pouvoir les présenter au niveau national et international. « Nous nous sommes intéressés aux droits civils et politiques, » nous dit le Père Cortez Moralez SJ, « et aujourd’hui nous ressentons le besoin de nous pencher sur les droits économiques, sociaux et culturels ». PRODH travaille sur des questions telles que la transition vers la démocratie, les commissions sur la vérité, la torture, les réparations et la prévention ainsi que l’organisation de séminaires internationaux sur le concept des droits de l'homme. Dans un contexte mexicain qui change rapidement et où la libéralisation et le capitalisme commencent à faire la loi, de nouvelles violations des droits humains émergent en grand nombre et nous devons développer de nouvelles façons d’y faire face. Les droits sociaux et culturels des autochtones ont diminué dramatiquement, mais le Père Cortez remarque « je voudrais dire que les jeunes sont très intéressés par les problèmes des peuples autochtones et leurs droits... cela ouvre des possibilités pour l’avenir. » PRODH a déposé des plaintes auprès de forums internationaux concernant l’emprisonnement de 20 soi-disant zapatistes et a réussi à obtenir leur libération. Réagissant aux temps qui changent, le centre réorganise son travail et se penche sur des questions plus globales comme celles qui émanent de l’Organisation mondiale du commerce en se mettant en lien avec des réseaux jésuites et non-jésuites. Il offre également son soutien au Réseau national des organisations civiles « All rights for all » (tous les droits pour tous).

Directeur: Père E. Cortez Moralez SJ
Site internet : www.sjsocial.org/PRODH/

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Indonésie : réconciliationau milieu de la violence

Des conflits violents commencent à se répandre partout en Indonésie, avec 42 régions qui ont une moyenne de neuf à onze décès par jour alors que le militarisme revient dans les régions riches en bois, or, gaz et pétrole. Le Père Ismartono SJ, qui était auparavant secrétaire exécutif de la Commission pour le dialogue interreligieux de la Conférence épiscopale d’Indonésie et conseiller du Conseil pontifical du même nom, vient d’être nommé par les évêques indonésiens coordonnateur de la Commission pour la crise et la réconciliation. Ce qui signifie qu’il visitera les régions affectées par les conflits, rencontrera les dirigeants religieux locaux et rendra compte directement à la Conférence épiscopale. Il est convaincu d’une chose : ces conflits ne sont pas d’origine religieuse. Il est clair que des symboles religieux sont utilisés pour manipuler les gens. Mais qui est à l’origine de cette manipulation? « Nous ne savons pas » nous dit le Père Ismartono « parce que nous ne sommes pas des enquêteurs privés. Mais nous sommes certains qu’il est impossible pour les civils d’organiser ces actions violentes. » Lorsque nous l’interrogeons sur les buts de la Commission sur la crise et la réconciliation, il nous répond que sa mission consiste à construire des ponts avec les personnes des autres confessions religieuses, particulièrement avec les musulmans qui constituent la majorité. La Commission, basée sur Nostra Aetate et Unitatis Redintegratio, collabore avec les mouvements civils tel la Conférence sur la religion et la paix et la Société pour le dialogue inter-religieux. Nous tentons de passer de l’exclusivité à la diversité, de la diversité au pluralisme et du pluralisme à une intégrité ouverte. « Ces prétentions d’être des conflits religieux, constitue notre plus grand problème », nous dit-il.

Père Ismartono Ignatius SJ

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Colombie- CINEP : de la mort à la vie...

La Colombie, démolie par quarante ans de guerre entre les forces paramilitaires et les combattants de la guérilla luttant pour prendre possession des terres, est gravement affaiblie par les inégalités sociales et par le trafic des narcotiques. Alors que 60% des gens qui dépérissent se trouvent sous le seuil de la pauvreté, le marché de la drogue au États-Unis assure la prospérité de ce marché et l’argent obtenu par ce commerce de la mort alimente la guerre. Par le passé, les négociations ont mené au démantèlement de quelques-unes des organisations paramilitaires, mais à présent la nouvelle politique du gouvernement contre ce qu’il nomme le ‘terrorisme’ n’a fait qu’augmenter le coût des armements, encore une fois avec l’accord des États-Unis. Le Centre de recherche et d’éducation populaire (CINEP) agit au coeur de cette situation du mieux qu’il peut. Il offre une aide humanitaire aux fermiers et aux pêcheurs qui immigrent du nord et qui ne peuvent pas ou ne veulent pas retourner chez eux. Cette aide prend la forme d’une assistance psychologique, de l’organisation des communautés, de projets de production et d’entreprises commerciales. Pour prévenir les conflits régionaux, le CINEP crée de petits réseaux: entre fermiers pour organiser une opposition à la confiscation des terres; entre femmes pour améliorer la vie familiale; et entre les communautés selon les régions. Il offre également un programme pour protéger les leaders locaux et ceux qui travaillent pour les droits humains. Finalement, le CINEP tente de faire face aux conflits régionaux en faisant de la recherche sur les causes des conflits et leurs développements historiques ainsi que par la systématisation légale des droits sociaux et humains.

Directeur Père Alejandro Angulo SJ
Site Internet : www.cinep.org.co

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Washington : "SOA Watch" quand les saints se mettent en marche

Un groupe de presque 600 étudiants des écoles et collèges jésuites ainsi qu’une centaine de Jésuites (parmi eux le Provincial de la Californie) se sont joints aux 10 000 autres personnes de Fort Benning, le 22 novembre dernier, pour protester contre la ‘School of America’, une base militaire qui depuis de nombreuses années a entraîné des Latino-américains qui ont porté atteinte aux droits humains durant les années de dictature militaire. Cette manifestation annuelle, durant laquelle les frères et les soeurs dominicains se joignent aux Jésuites, est organisée par ‘SOA Watch’, fondée par le missionnaire Maryknoll, le Père Roy Bourgeois, un groupe non-violent qui veut faire fermer l’école. C’est un genre d’école dont on ne veut pas. La date de la manifestation coïncide avec le massacre des Jésuites du San Salvador. Ce n’est pas la première fois que les Jésuites ont été engagés dans une action pour la paix. Le Père Daniel Berrigan SJ fut le premier à être arrêté pour avoir protesté contre la guerre du Vietnam; le Père William Bichsel SJ fut emprisonné durant la manifestation contre la ‘School of America’, pas seulement une mais deux fois, parce qu’il était entré dans l’école; le Père John Dear SJ et le Père Stephen Kelly SJ furent également arrêtés lors de manifestations en faveur de la paix. Plus récemment, le Père John Coleman SJ, alors qu’il manifestait fortement contre la guerre en Iraq, a été arrêté parce qu’il bloquait l’accès au Bureau fédéral de Los Angeles.

Stephen J. Callahan; Fr. John Coleman SJ

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Collège Hékima : Paix sur toute la terre

Le Forum sur la paix de Hekima, un projet entrepris par un groupe de scholastiques en théologie au Collège Hekima (Nairobi), cherche à travailler pour la paix de toutes les façons possibles, que ce soit en organisant des séminaires, par la recherche ou en levant des fonds. Les scholastiques ont organisés trois rencontres internationales sur la paix auxquelles a participé le représentant des Nations Unies au Kenya. Ils ont également levés des fonds pendant une situation d’urgence au Kenya afin de pouvoir distribuer directement des vivres à la population affectée par la famine - une activité qui a été reconnue publiquement. Les plans pour l’avenir comprennent l’établissement, au Collège Hekima, d’un « Institut sur la paix et les études internationales » qui pourrait offrir un programme régulier d’études. Malgré le fait que l’équipe de scholastiques change tous les trois ans, le nouveau directeur du projet est convaincu que le projet sera une opportunité intéressante et significative pour les Jésuites en Afrique.

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Afrique : Espoir pour les victimes du VIH

En publiant une lettre le 1 décembre, journée mondiale du SIDA intitulée « Notre prière est remplie d’espérance », les 600 évêques africains ont parlé à tous ceux et celles qui sont infectés par le virus du SIDA ainsi qu’à tous ceux et celles qui travaillent auprès d’eux. La lettre comprend un plan d’action pour l’ensemble de l’Église africaine et promet de mettre les ressources de l’Église à la disposition de ceux qui combattent ce fléau. Des actions sont envisagées, de la solidarité à la collaboration et le partenariat avec la société civile aux niveaux national et international. L’objectif est de changer les mentalités, d’exercer un plaidoyer efficace, de mettre en place des programmes éducatifs et des réflexions théologiques avec comme but ultime d’encourager un engagement à accompagner les personnes affectées par le virus du SIDA.

Père Peter Lwaminda, Secrétaire général du SECAM
Site Internet : www.sceam-secam.org

Le Réseau jésuite africain pour le SIDA (AJAN) a été établi pour encourager, coordonner et rendre visible la réponse de la Compagnie de Jésus pour l’Église universelle. AJAN travaille en visitant les Assistances. Il évalue la situation du SIDA et du VIH ainsi que les différences réponses déjà mises en place par les Jésuites. Sa deuxième tâche consiste d'une part à faciliter la communication entre les Jésuites engagés et d'autre part, avec les Jésuites en Afrique en général, et au-delà, afin de les mettre en lien avec l’extérieur. Une tâche supplémentaire que AJAN s’est confié est la formation des Jésuites et des catholiques, la réflexion critique et théologique et la levée de fonds pour appuyer les projets. AJAN a tenu sa première assemblée à Nairobi à la fin du mois de septembre; il y a eu vingt-sept participants.

Coordonnateur Père Michael Czerny SJ
Site Internet : www.jesuitaids.net

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Sri Lanka : crise dans l'île d'émeraude

Jusqu’en 1978, le Président du Sri Lanka n’était qu’une figure d’état de cérémonie alors que le pouvoir réel reposait entre les mains du Premier Ministre. La promulgation de la nouvelle constitution a changé tout cela. La Présidente veut à présent exercer son pouvoir et le Premier Ministre est déterminé à conserver le sien. Pour compliquer sérieusement la situation, il y a le protocole d’entente signé par le Premier Ministre avec les Tigres Tamouls en février 2002 qui assure le cessez-le-feu après près de trois décennies de violence qui a coûté la vie à plus de 60,000 personnes, déplacé un million de personnes et endommagé les propriétés tant publiques que privées. Le cessez-le-feu obtenu par le Premier Ministre Wickramsinghe a apporté un répit très apprécié à cette île déchirée par les conflits qui fut jadis un paradis d’émeraude. La Présidente Chandrika Kumaratunga a répété à plusieurs reprises au cours des derniers jours qu’elle veut que le cessez-le-feu et les négociations pour la paix continuent. Elle est probablement sincère mais ne semble pas comprendre que le prix à payer afin de permettre que le pays soit sauvé est de laisser le Premier Ministre assumer le rôle dominant. L’assistant éditeur d’un quotidien nous a confié le jour suivant le début de la crise que seul Dieu pouvait les aider à sortir de l’impasse actuelle.

Père Paul Caspersz SJ

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