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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (août-septembre 2003)
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A voir également :
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (avril 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

R.D : des enfants, pas des sorciers

De plus en plus à Kinshasa, les enfants portent un nouveau fardeau. Une société où la sorcellerie est encore très présente est prompte à faire porter le blâme aux enfants pour les morts, maladies, pertes d'emploi et autres désastres. Au cours de la dernière décennie, marquée par la guerre et la corruption, le nombre d'enfants accusés de sorcellerie a augmenté parce que les gens avaient besoin d'un bouc émissaire et que les enfants sans défense étaient une cible facile. Quarante mille enfants errent dans les rues de Kinshasa et plusieurs ont été chassés de leur village et accusés de sorcellerie. Nzuzi Bibaki SJ travaille dans un centre pour les enfants de la rue nommé en mémoire de Mgr Christophe Munzihirwa SJ, l'archevêque de Bukavu tué en 1996. Il accueille des groupes de cinquante jeunes à la fois, qu'il habille, nourrit et éduque et les arrachent ainsi à la violence et aux griffes de la police. Souvent les jeunes sont renvoyés chez eux, après une activité de formation et des discussions avec les jeunes-mêmes et leurs familles (y compris la parenté et les parents). Convaincre les adultes, que les enfants ne sont pas responsables du mal qui a été fait, n'est pas tâche facile et demande du temps et de la patience. " Les enfants des rues ne constituent que la pointe de l'iceberg de toutes les misères et crises de notre société urbanisée ", dit le P. Nzuzi. " Dans les villes modernes, la solidarité, l'hospitalité et les liens fraternels s'estompent ". [HL30701]

Directeur du Centre Mgr Munzihirwa: Nzuzi Bibaki SJ

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Venezuela-Colombie : jeux de guerre pour enfants ?

Des enfants trimballant des armes, pris dans des fusillades, blessés, mourants -- le conflit en Colombie fait des enfants des proies faciles. Abandonnée l'école, ils sont recrutés tout de suite par la milice pour prendre part à des guerres qui ne sont pas les leurs, leur enfance envolée, leurs vies en péril. Pour les réfugiés qui envahissent la ville vénézuélienne de Guasdualito, le manque de services de santé et d'une scolarisation régulière fait empirer leur situation déjà très instable. Le Service Jésuite des Réfugiés (JRS), membre fondateur en 1998 de la Coalition pour l'arrêt de l'utilisation des enfants soldats, a accompli beaucoup afin de sensibiliser la population et de prendre la défense des enfants. La Coalition a commencé une campagne qui a aboutit en 2002 à l'élaboration du traité international interdisant le recours aux enfants soldats. Le JRS a maintenant développé une initiative concrète pour accompagner les enfants pouvant être embrigadés par des groupes armés. De concert avec d'autres institutions de la Compagnie au Venezuela, le JRS a un projet qui fournit une assistance pastorale et éducative aux plus vulnérables, les enfants entre six et seize ans. Une bibliothèque mobile offre un espace pour des réflexions sur la paix. Le projet fait la promotion des journées avec des tâches dirigées afin de renforcer les leçons scolaires. Il donne des ateliers sur les droits des enfants et offre un programme de formation et d'accompagnement à long terme pour les jeunes leaders. [HL30702]

Directeur de JRS au Venezuela : Alfredo Infante Silvera SJ

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Inde : Snehasadan, foyer de l'amour

Des enfants provenant de toute l'Inde commencent une nouvelle vie sur les quais du terminus Victoria à Bombay. Victimes d'abus, abandonnés par des parents immigrants trop pauvres ou tout simplement orphelins, ils rejoignent les 100 000 enfants qui vivent déjà dans les rues de Bombay, une ville de 14 millions d'habitants qui les attirent comme un aimant. Les chanceux sont pris en charge par Snehasadan, centre qui travaille avec les enfants depuis 40 ans, tentant de créer des liens réguliers et personnels et de les sauver des vols et de la drogue. Seulement quelques-uns peuvent être accueillis mais tous ne restent pas. Ceux qui restent peuvent fréquenter l'école technique qui les forme à une vie meilleure. Les enfants de moins de quatorze ans vivent dans l'un des dix-sept foyers gérés par le centre, dont quatre sont pour les filles. Le foyer assume toutes les responsabilités pour les jeunes et tente de recréer leur enfance perdue. Là ils vivent avec une famille qui a leurs propres enfants et doivent respecter les règles de la maison. Quelques-uns s'en vont tout simplement ; la porte toujours ouverte. " Pour les aider, on a besoin d'établir notre propre crédibilité ", confie le Placido Fonseca SJ qui, après 30 ans passés avec les enfants en tant que directeur de Snehasadan, admet qu'il a encore beaucoup à apprendre. " La plupart des gens ne considèrent ces enfants comme une chose à utiliser ou comme une source de travail à bon marché... Je suis encore incapable de percer le mystère de ces enfants. Mais nous leur avons donné une identité et changé leur destiné ". [HL30703]

Directeur de Snehasadan: Florence Fernandes SJ

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Bolivie : défendre les enfants du monde

Pendant dix ans, de 1979 à 1989, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant a rédigé le texte qui énonce les droits des enfants du monde entier. L'organisation Défense des Enfants International (DEI) a galvanisé la communauté des ONG afin qu'elle joue un rôle actif non seulement dans la rédaction de la Convention mais également en s'assurant que le plus grand nombre d'États possible ratifient et mettent en oeuvre les propositions de cette Convention. Pour son engagement continu dans la défense des enfants, DEI a reçu, en 2003, le prix néerlandais pour les droits humains " Geuzenpenning ". Le président de DEI International, le P. Jorge Vila Despujol SJ de la Bolivie, a représenté l'organisation lors de la cérémonie qui a eu lieu en mars dernier. DEI comporte 45 sections et est actif sur tous les continents. La section bolivienne, () dont quelques jésuites travaillant dans l'un des six bureaux du pays, fait la promotion de l'éducation et de la participation sociale, fait pression auprès des décideurs afin qu'ils répondent aux besoins sociaux des enfants et publie aussi la revue trimestrielle " Protagonistas ". Grâce à son travail afin que l'on reconnaisse la pleine citoyenneté pour tous les enfants, particulièrement en Bolivie, DEI est devenu une organisation de référence pour la société. [HL30704]

Président de DEI : Jorge Vila Despujol SJ

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Roumanie : aux sources de la solidarité

Lorsqu'en 1989, le communisme s'est écroulé en Roumanie, tout comme dans plusieurs pays d'Europe central et de l'est, les structures économiques fragiles se sont écroulées. La pauvreté et l'alcoolisme ont détruit plusieurs familles et des milliers d'enfants furent livrés à eux-mêmes dans les rues de Bucarest. L'association Concordia, fondée, au nom de Caritas, par George Sporschill SJ (Autriche), sauve les enfants de la rue en allant les chercher dans le réseau des tuyaux souterrains où ils dorment et en les plaçant dans l'une des dix-huit maisons du centre. Ils retrouvent un sens d'ordre et une atmosphère familiale. Gore, ancien jeune rescapé par l'association, est aujourd'hui marié et père d'un enfant. Il a appris le métier de boulanger et est actuellement employé au département alimentaire d'un supermarché. Concordia, qui a commencé à oeuvrer en 1991 avec une équipe de quatre personnes, un minibus et quelques sacs de couchage, a réussi à obtenir, un an plus tard, une ancienne ferme collectiviste et en a fait la Ferme des Enfants. Là-bas, les enfants vont à l'école et fréquentent tous les jours la chapelle. Le projet, en grandissant, a littéralement transformé l'endroit en un véritable village avec 240 jeunes. Concordia a maintenant quatre-vingt travailleurs et collabore avec l'Église orthodoxe pour tenter de répondre à la demande. Mais malgré tout, des milliers de jeunes vivent encore dans les rues de Bucarest. Le P. Sporschill et son équipe ont plusieurs rêves pour leurs enfants rescapés de la vie de la rue. " C'est le cadeau que ces enfants nous font ", dit le P. Sporschill. " Ils nous ont conduit aux sources de la solidarité comme personne n'avait réussi à le faire ". [HL30705]

Directeur de Concordia : George Sporschill SJ

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Sri Lanka : des papillons dans le jardin

Ces papillons seront-ils libérés du cycle de la violence ethnique qui sévit au Sri Lanka? Peut-on espérer les amener à y mettre un frein? Un miracle de réconciliation et de guérison prend place à Batticaloa. Les jésuites, en collaboration avec une initiative menée par une université canadienne appuyant la Convention relative aux droits de l'enfant, rassemblent des enfants touchés par la guerre en provenance des différentes communautés pour prendre part à un projet : " le jardin de papillons ". Pour une période de neuf mois, les enfants, qui ont entre 6 et 16 ans, se rassemblent une fois par semaine. Par groupe de cinquante et ils interagissent avec des artistes animateurs, des activistes pour la paix et avec d'autres enfants venant d'horizons religieux et ethniques divers. Dans une atmosphère de douceur et de créativité, ils peuvent peu à peu se reconstruire et retrouver un sens à leur monde à travers la musique, le théâtre, la peinture et les marionnettes et l'art narratif. Plusieurs enfants reparlent de leur expérience de la guerre et sont capables d'aller de l'avant dans un contexte où la confiance envers l'animateur aide à initier un processus de guérison. Paul Satkunanayagam SJ, qui s'occupe d'assistance légale, a également mis sur pied un petit centre de counselling pour les anciens détenus et les veuves de guerre. Il considère le projet comme un lieu où les papillons virevoltent en liberté, loin de la folie d'un monde marqué par la guerre. [HL30706]

Supérieur des jésuites de Batticaloa : Paul Satkunanayagam SJ

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Zimbabwe : portes ouvertes

QZambuko House, ouvert en 1995 par les jésuites, est un havre pour les jeunes de Harare; qu'ils soient orphelins dus au SIDA, évincés de cases surpeuplées, marqués par les ruptures familiales ou sans papier. Les besoins immédiats font l'objet d'une attention prioritaire et des plans pour l'avenir sont ensuite envisagés. Grâce à l'écoute et au soutien qu'ils reçoivent, les garçons recherchent l'intégration dans leur famille et dans la société. Les portes de Zambuko sont toujours ouvertes -- les enfants peuvent aller et venir à volonté -- puisque le centre fonctionne comme un endroit transitoire et de vie communautaire où ils peuvent trouver dignité, sympathie et où ils partagent les tâches. La famine, la sécheresse et l'instabilité politique multiplient les difficultés d'administration de la maison. Ainsi, comme plusieurs projets similaires des jésuites, la survie de la maison dépend de l'aide extérieure. " La tension ici se situe entre la quantité et la qualité ", écrit le directeur, le Fr. Chishiri. " C'est un choix entre essayer d'offrir un service de qualité à un petit nombre de jeunes ou en aider davantage en offrant moins d'attention personnelle. Nous avons besoin de maintenir une relation personnelle avec chaque enfant qui participe à notre programme ". [HL30707]

Directeur de Zambuko House : Canisius Chishiri SJ

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Europe : prends ma main...

En provenance du Rwanda, Alice, quinze ans et sérieusement malade, est arrivée seule à Paris pour y être soignée après cinq ans passé dans les camps de réfugiés et les orphelinats. Après plusieurs jours à attendre dans la zone de détention de l'aéroport elle est envoyée dans un centre de demandeurs d'asile. " Ces arrivées, après un parcours souvent traumatisant, voire dangereux, posent des questions difficiles à tous", affirme Jean-Marie Carrière SJ, qui collabore avec GISTI, une organisation qui oeuvre pour les droits des étrangers (). Le cas d'Alice, comme des centaines d'autres, se heurte à l'indifférence des autorités. Aucun responsable n'est assigné à l'enfant; et pire, l'enfant est souvent perçu comme un criminel potentiel. La Fondation Saint Ignace, située à Trente, prenant en compte ce problème, offre un cours de formation, en lien avec une loi de 1997 sur les droits des enfants, destiné aux gardiens se portant volontaire pour travailler auprès des jeunes étrangers non accompagnés. Les adultes sont là pour s'assurer que les droits à la santé et à l'éducation soient garantis et aussi pour agir au nom des jeunes auprès des autorités pendant que les autorités judiciaires décident si les jeunes doivent être rapatriés. Cette formation est unique en son genre en Italie. On a besoin d'un engagement réel et actif. Les dons ne suffisent pas. [HL30708]

Secrétaire de la Fondation Saint Ignace : Livio Passalacqua SJ Voir aussi le site de la Villa S. Ignazio à Trente

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