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"Que reste-t-il
de mai 68 ? "
 

L'atelier politique du CERAS
vous invite à une

Soirée-Débat
avec
Henri Weber
autour de son essai
"Que reste-t-il de mai 68 ?"

 

Vendredi 23 janvier 2004
19h30 - 21h30

Centre Sèvres
35 bis rue de Sèvres
75006 Paris

 

Que reste-t-il de mai 68 :

L'hyperindividualisme
ou un esprit de solidarité ?

Une génération au pouvoir
ou un héritage pour tous ?

Changer la vie
ou gérer la vie ?

 
Pour en savoir plus sur Henri Weber
 

 

Critique du livre paru dans L'Expansion

68, année démocrate
" La vie nous a sans doute changés, mes camarades, mais nous avons aussi changé la vie." C'est avec une certaine fierté rétrospective qu'Henri Weber, aujourd'hui secrétaire national du Parti socialiste et sénateur de Seine-Maritime, reconsidère les événements révolutionnaires de Mai 68, dont il fut un acteur engagé, puisqu'il était alors dirigeant gauchiste. Ce qu'il en reste, à ses yeux, "c'est cet attachement farouche, viscéral, à la liberté individuelle et à l'égalité des droits et des chances, en un mot, à la démocratie". Pourtant, il ne manque pas d'ironie quand il réexamine ses croyances de jeune homme, "chaussé de lunettes léninistes", en attente du grand basculement révolutionnaire. Malgré les erreurs de jugement commises par ses protagonistes, Mai 68, affirme-t-il, a eu une importance fondamentale sur l'évolution de la politique et de la société.

N'en déplaise à Raymond Aron, les événements ne peuvent se réduire à leur dimension de "carnaval", de "défoulement", de "psychodrame". Henri Weber passe ainsi en revue différentes interprétations de ce moment de l'Histoire - celles des sociologues comme Crozier, Morin ou Touraine, des philosophes comme Castoriadis ou Ferry - pour les confronter à la sienne. Il montre que ce mouvement n'était pas typiquement français mais d'ampleur internationale, qu'il était mû non pas par une classe sociale mais par une classe d'âge - première véritable rupture de générations de l'après-guerre. Or aujourd'hui, "c'est la représentation même d'un au-delà de l'ordre existant, l'image de la "société désirable" qui se sont dissipées".

Olivier Lacoste