| Aux éditions Karthala |
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C’est à partir de la guerre et des profonds bouleversements qu’elle a entraînés que des séminaristes et des prêtres ont ressenti le besoin impérieux de quitter les lieux habituels du ministère sacerdotal. Prêtres et ouvriers s’adresse à ceux qui ont été et sont encore les acteurs de cette innovation pastorale. Plus largement, aux lecteurs peu familiarisés avec ce moment de l’histoire du catholicisme et qui trouveront, à travers des documents et outils appropriés (notices, glossaire, index), les moyens d’une nécessaire mise en contexte.
Trois jésuites ont été interviewés pour ce livre : Charles Monier, René Hatinguais et Joseph Boudaud. La part prise par la Compagnie de Jésus à cet aspect de la mission ouvrière est honorée par plusieurs notes. |
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Livre écrit par Charles Suaud, responsable du Centre nantais
de sociologie, Université de Nantes, Présentation du livre
Soudainement confrontés à la coupure radicale entre le monde ouvrier et le monde clérical, des prêtres et séminaristes ont pris conscience qu’il leur fallait être prêtres autrement. Sans schéma préconçu, ils ont progressivement réalisé leur " intuition " en renonçant aux formes traditionnelles du ministère sacerdotal pour aller en usine ou sur les grands chantiers, non pour être parmi les ouvriers, mais pour se faire ouvriers pour la vie. Dire des prêtres-ouvriers qu’ils ont voulu être prêtres et ouvriers, situe l’objectif principal du livre : comprendre les conditions dans lesquelles des candidats au sacerdoce, déjà transformés, malgré eux, par le séminaire, se sont convertis une seconde fois pour apprendre à être ouvriers. Comment ces prêtres ont-ils voulu briser la barrière du prêtre séparé qu’ils avaient d’abord appris à être en s’exposant aux risques physiques, à la fatigue et à la dureté du travail ? Comment ont-ils exprimé une double fidélité, à l’Évangile et à la classe ouvrière, en rejoignant l’usine pour vivre leur idéal sacerdotal tel qu’ils entendaient le réinventer ? Comment expliquer la répression exercée par Rome dès 1949 et qui a atteint les prêtres-ouvriers de plein fouet au 1er mars 1954 ? Pourquoi l’interdiction du travail en usine et de tout engagement syndical a-t-elle été vécue par eux comme une condamnation irrémédiable, qui les a mis dramatiquement devant " un choix impossible " ? Le livre s’achève par la difficile question de la transmission du modèle de prêtre-ouvrier qui s’est trouvée fragilisée par toute une série d’obstacles institutionnels et de transformations sociales et religieuses. Un type de sacerdoce prophétique s’était néanmoins suffisamment imposé pour susciter de nouvelles vocations, au prix d’inévitables repositionnements des prêtres-ouvriers dans une Église post-conciliaire plus ouverte aux classes populaires, mais toujours aussi soucieuse de contrôler les forces internes de changement. |