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par François NOIRET sj |
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Aujourd'hui Madagascar
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| L'histoire a justifié son
intuition première : l'hôpital de Maràna a fait le plein de malades pendant
de longues décennies et est devenu un lieu de grâce pour le diocèse.
Le premier catéchiste de Fianarantsoa, Pierre Ratsimba,
et sa femme, s'y sont fait enterrer, en renonçant explicitement à leur tombeau
ancestral : autre signe évangélique, extraordinaire ici ! Maràna, modernisé grâce à l'association Raoul Follereau, a aujourd'hui un bloc opératoire qu'envient les chirurgiens de la ville et qu'ils utilisent à l'occasion. |
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| Grâce aux nouveaux traitements, les malades n'y passent généralement plus leur vie entière, bien qu'y arrivent encore des cas vraiment désespérés et des gens qui n'auront plus où aller. La vie de prière quotidienne y reste très intense, et c'est sans doute la marque spirituelle la plus sensible qu'y a laissée le bienheureux Jean Beyzym. |
L'hopitâl aujourd'hui |
| Le 18 août 2002 - le pays n'était pas encore complètement sorti de la longue crise politique et des soubresauts violents qui ont secoué Fianarantsoa - la ville toute entière, toutes les paroisses, la banlieue, les étudiants de l'université, montèrent en pèlerinage dans la montagne de Maràna. Longs cortèges en prière; on avait laissé toutes les voitures à une heure de là. Un soleil radieux. Au même moment, le pape célébrait la béatification du P. Beyzym à Cracovie. A bien y réfléchir, ce qui était le plus extraordinaire ici, c'est que désormais les malades étaient intégrés et confondus dans la foule joyeuse. Dans la vie privée, dans les villages, ce n'est certes pas encore le cas. Mais ici, et ce jour-là, pour tous, la rencontre était faite. |
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Maràna est devenu un lieu de pèlerinage et un signe de sainteté : au cimetière des malades, sont enterrés le frère Dursap et le père Jean Beyzim, fondateurs de l'ancien et du nouvel hôpital, les religieux et religieuses qui ont soigné les malades depuis cent ans, et parmi eux les fondateurs laïcs de l'Eglise de Fianarantsoa, Pierre Ratsimba et sa femme. En réalité, bien plus que la personnalité du père Beyzim, c'est tout cela que le pape a béatifié. L'évangile n'est pas une idéologie : c'est un service, une vie, un salut. François Noiret, auteur de l'article, |
| La lèpre sera vaincue quand le pays se redressera. Car cette maladie reste liée à la misère, à la faim et au manque d'hygiène. C'est le malheur politique de Madagascar, relégué parmi les pays les plus pauvres, qui n'a pas encore permis de faire disparaître la lèpre. Cela viendra. Mais voici qu'un autre mal apparaît et déjà menace : un Malgache sur 95 est porteur du virus du Sida. Les comportements sexuels, en général très libres, n'ont pas encore changé. Les chrétiens auront-ils l'audace et le courage d'un Jean Beyzym et de ses compagnons pour se mettre au service direct des malades, et pour exiger des changements de comportements aussi draconiens que ceux qu'il avait imposés à Maràna, envers et contre tous, à contre-courant de la culture ambiante, et même contre la pratique pastorale des missionnaires de l'époque ? En réalité, y a-t-il un autre choix ? |
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Pour en savoir plus sur le Père Jean Beyzym: |