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"La guerre est une défaite de l'humanité"

 

Le Secrétariat de la Justice Sociale de la Curie Généralice de la Compagnie de Jésus a envoyé une lettre aux coordinateurs de l'Apostolat social dans les différentes provinces à propos de l'éventualité d'une guerre en Irak.

 
Si vous souhaitez charger la lettre en entier en fichier rtf, cliquez ici.

 

Les jésuites et l'engagement social

- Des nouvelles de l'apostolat social de la Compagnie de Jésus dans le monde

- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social

- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"

- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)

 

Voici quelques extraits :

(...) En fidélité à notre engagement comme "Serviteurs de la mission du Christ" , et dans cette conjoncture critique, notre détermination à travailler pour une paix fermement ancrée à la justice doit être dirigée par une réflexion pondérée et inspirée par la prière sur les raisons principales qui se lèvent contre la guerre en Irak. Nous pensons, avec beaucoup d'autres, que les raisons d'une attaque préventive contre l'Irak ne sont pas convaincantes et les effets d'une possible guerre seraient la cause d'une telle dévastation que cela rend très difficile, si non impossible, la justification d'une intervention militaire. Notre conviction se fonde sur les considérations suivantes :

1) La "doctrine" de la guerre préventive n'est ni en conformité avec la doctrine et le droit de l'ONU , ni moralement défendable . L'application de cette doctrine signifie donner origine à une guerre infinie, une "guerre sans fin".

2) Au lieu d'apporter la paix durable dans la région (Moyen-Orient), une guerre contre l'Irak augmenterait les tensions entre les musulmans et les chrétiens. Les germes du dialogue semés avec patience seraient foulés aux pieds dans une spirale de violence et d'intolérance.

3) La volonté de faire des dépenses militaires massives pour détruire des vies est apparemment en contraste très fort avec le manque de volonté de promouvoir, avec la même détermination, le développement durable pour tous. Dans un monde d'inégalités grandissantes, où la majorité manque des biens de première nécessité ; dans un monde où le commerce et les structures financières profitent aux pays riches plutôt qu'aux pauvres, beaucoup continuent à se demander avec un malaise croissant si les vraies motivations de la guerre contre l'Irak n'ont pas plus à voir avec des raisons économiques qu'avec des raisons de sécurité.

4) Dans un nouvel ordre politique mondial émergent, on propose que les décisions vitales sur la sécurité globale, touchant la vie des peuples de tous les continents, soient prises de façon unilatérale par les leaders de quelques pays industrialisés, en dehors du contrôle des Nations Unies, et au mépris de leurs obligations à construire un consensus élargi à travers des processus démocratiques et légitimes.


Jean-Paul II reçoit M. Tarek Azziz, vice-premier ministre de l'Irak, le vendredi 14 février 2003

5) L'expérience nous a montré que les pauvres sont toujours les premières victimes de la violence et de la guerre. En tant que jésuites, nous sommes 'amis du Seigneur', et cela "signifie être 'amis avec les pauvres', et nous ne pouvons pas tourner le dos quand nos amis sont dans le besoin". Dans une situation de violence généralisée, et quand la guerre est annoncée comme inévitable, nous ne pouvons détourner notre regard de ceux que nous déclarons nos amis, les pauvres - en particulier les femmes et les enfants. De leur point de vue, il n'y a pas de justification à la guerre.

C'est pour toutes ces raisons que nos efforts en faveur de la paix assument une urgence ultérieure. Dans la mesure du possible et considérant les conditions locales, notre lutte contre la violence continuelle et en faveur de la paix a besoin d'être renforcée, de devenir plus articulée, ainsi que de s'intégrer à de nombreuses initiatives nationales et internationales. Afin de parvenir à ces objectifs, les jésuites engagés dans le secteur de la justice sociale doivent contribuer à créer, au niveau provincial, des espaces appropriés de rencontre et de discussion où d'autres jésuites et collaborateurs puissent réfléchir de façon créative sur ces questions, préparer des plans d'action publique, et discerner des moyens concrets de collaborer avec d'autres groupes (...).