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Voici quelques extraits :
(...) En fidélité à notre engagement comme "Serviteurs
de la mission du Christ" , et dans cette conjoncture critique,
notre détermination à travailler pour une paix fermement ancrée
à la justice doit être dirigée par une réflexion pondérée et inspirée
par la prière sur les raisons principales qui se lèvent contre la
guerre en Irak. Nous pensons, avec beaucoup d'autres, que les raisons
d'une attaque préventive contre l'Irak ne sont pas convaincantes
et les effets d'une possible guerre seraient la cause d'une telle
dévastation que cela rend très difficile, si non impossible, la
justification d'une intervention militaire. Notre conviction se
fonde sur les considérations suivantes :
1) La "doctrine" de la guerre
préventive n'est ni en conformité avec la doctrine et
le droit de l'ONU , ni moralement défendable . L'application de
cette doctrine signifie donner origine à une guerre infinie, une
"guerre sans fin".
2) Au lieu d'apporter la paix durable dans la région (Moyen-Orient),
une guerre contre
l'Irak augmenterait les tensions entre les musulmans et les chrétiens.
Les germes du dialogue semés avec patience seraient foulés aux pieds
dans une spirale de violence et d'intolérance.
3) La volonté de faire des dépenses militaires massives pour détruire
des vies est apparemment en contraste très fort avec le manque de
volonté de promouvoir, avec la même détermination, le développement
durable pour tous. Dans un monde d'inégalités grandissantes, où
la majorité manque des biens de première nécessité ; dans un monde
où le commerce et les structures financières profitent aux pays
riches plutôt qu'aux pauvres, beaucoup
continuent à se demander avec un malaise croissant si les vraies
motivations de la guerre contre l'Irak n'ont pas plus à voir avec
des raisons économiques qu'avec des raisons de sécurité.
4) Dans un nouvel ordre politique mondial émergent, on propose
que les décisions vitales sur la sécurité globale, touchant la vie
des peuples de tous les continents, soient prises de façon unilatérale
par les leaders de quelques pays industrialisés, en
dehors du contrôle des Nations Unies, et au mépris
de leurs obligations à construire un consensus élargi à travers
des processus démocratiques et légitimes.
Jean-Paul II reçoit M. Tarek Azziz,
vice-premier ministre de l'Irak, le vendredi 14 février
2003
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5) L'expérience nous a montré que les
pauvres sont toujours les premières victimes de la violence et de
la guerre. En tant que jésuites, nous sommes 'amis
du Seigneur', et cela "signifie
être 'amis avec les pauvres', et nous ne pouvons pas tourner le
dos quand nos amis sont dans le besoin". Dans une situation
de violence généralisée, et quand la guerre est annoncée comme inévitable,
nous ne pouvons détourner notre regard de ceux que nous déclarons
nos amis, les pauvres - en particulier les femmes et les enfants.
De leur point de vue, il n'y a pas de justification à la guerre.
C'est pour toutes ces raisons que nos efforts en faveur de la paix
assument une urgence ultérieure. Dans la mesure du possible et considérant
les conditions locales, notre lutte contre la violence continuelle
et en faveur de la paix a besoin d'être renforcée, de devenir plus
articulée, ainsi que de s'intégrer à de nombreuses initiatives nationales
et internationales. Afin de parvenir à ces objectifs, les jésuites
engagés dans le secteur de la justice sociale doivent contribuer
à créer, au niveau provincial, des espaces appropriés de rencontre
et de discussion où d'autres jésuites et collaborateurs puissent
réfléchir de façon créative sur ces questions, préparer des plans
d'action publique, et discerner des moyens concrets de collaborer
avec d'autres groupes (...).
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