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Une lumière venue
du fleuve |
Traduction de l'espagnol (Argentine) Yves Roullière |
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Leandro Calle, jésuite argentin né en 1969, a vécu à Paris dans la Communauté d'Assas entre 2000 et 2001. Il se reconnaît deux maîtres en poésie : l'un, très connu en France, Robert Juarroz, le très sobre auteur des Poésies verticales, traduites par Roger Munier chez José Corti ; l'autre, inconnue ici, Olga Orozco, poétesse très lyrique, baroque, ésotérique, quelque peu sorcière. Ce chemin de croix est dédié aux "personnes disparues sous la répression militaire argentine (1976-1983)". Il propose une sorte de "composition de lieu" en se mettant dans la tête et la peau d'un prisonnier sur le point d'être jeté d'un hélicoptère au large du Río de la Plata. Quand on connaît l'attachement quasi filial, sentimental, des habitants de Buenos Aires à ce fleuve, on devine sans peine leur traumatisme en apprenant qu'il avait été aussi un lieu de mort. Ce chemin de croix - dont nous donnons à lire ci-dessus les trois premières stations - est un écho de ce traumatisme... On aura garde d'oublier ici qu'un grand nombre de militaires argentins avaient été formés par les légionnaires français qui avaient eux-mêmes utilisé de telles méthodes au large du port d'Alger dans les années 50-60. Yves Roullière, rédacteur en chef adjoint de Christus |