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1903-2003
<< De l'Action Populaire au CERAS >>
1918-1946 : L'action Populaire à l'heure de l'Action catholique


La guerre finie, il n'est pas question de retrouver l'implantation de Reims, qui est en ruines. L'A.P. est d'abord accueillie dans des locaux provisoires, rue Saint-Didier dans le 16e arrondissement de Paris. A partir de mai 1920, une maison est mise à sa disposition par la province de Paris à Noisy-le-Sec. Le P. Général décide que l'A.P., jusqu'à présent rattachée à la province de Champagne, deviendra interprovinciale. Les activités reprennent. Dès janvier 1920, paraît le nouveau périodique de la maison,
les Dossiers de l'Action Populaire qui remplacent à la fois la Revue de l'Action Populaire et les "brochures jaunes", sous forme de fiches plus élaborées.
Des activités d'enseignement social sont reprises.

En décembre 1922, l'A.P. s'installe à Vanves, 15 rue Raymond Marcheron, dans des locaux plus vastes et qui seront agrandis à deux reprises. Le même mois est fondée la maison d'éditions SPES (Société parisienne d'éditions sociales) qui fonctionnera de manière autonome et publiera des livres de membres de l'A.P. et d'autres. Dans les années 20 et 30, l'équipe s'enrichit de nouveaux membres. Sous l'impulsion du P. Desbuquois, des contacts et des collaborations se nouent dans les milieux d'Église, évêques, prêtres et laïcs, et avec les associations chrétiennes syndicales, patronales, agricoles, féminines. Une session annuelle s'adressant aux prêtres est organisée. La bibliothèque s'agrandit.

En 1923, à l'initiative du Supérieur du séminaire des Carmes, M. Verdier, est créé, dans le cadre de l'Institut catholique de Paris, l'Institut d'études sociales (IES) où, avec d'autres, enseigneront des jésuites de l'A.P. En 1926, à la demande de son directeur Albert Thomas, un membre de l'A.P. est appelé à faire partie du BIT; plusieurs, à la suite, seront appelés au même poste. En 1933, est lancée une publication bimensuelle, les Cahiers d'Action (plus tard, de l'Actualité) Religieuse et Sociale. Avec un contenu plus simple, les Cahiers (les CARS) viennent compléter les Dossiers qui, à partir de 1935, accentuent la note doctrinale et scientifique. Il convient d'évoquer aussi la part prise par le directeur de l'A.P. à la préparation de l'encyclique Quadragesimo Anno (pour le quarantième anniversaire de Rerum Novarum).

Au cours de ces années, est apparue l'Action catholique spécialisée par milieux de vie, d'abord chez les jeunes. L'A.P. entretient depuis longtemps des liens étroits avec "L'Association Catholique de la Jeunesse Française" (ACJF). Avec elle, elle lutte au cours des années 1920 contre l'influence de "L'Action Française". Elle l'accompagne aussi dans les transformations qu'implique la spécialisation. Le P. Desbuquois joue un rôle de conseiller auprès de la JOC, lorsqu'elle est créée en France en 1927. Plusieurs membres de l'A.P. collaboreront avec le mouvement. Le P. Guichard sera pendant de longues années aumônier national de la JOCF. Des relations sont également nouées avec la JEC et surtout avec la JAC. Un même souci rapproche l'A.P. de l'Action catholique spécialisée : promouvoir le progrès équilibré, matériel et spirituel, de la personne et de la société dans le monde moderne.

En septembre 1939, la guerre éclate. Plusieurs membres de l'équipe se trouvent mobilisés. En juin 1940, devant l'avancée des troupes allemandes, l'A.P. quitte Paris pour pouvoir continuer son action. Le P. Desbuquois se rend d'abord à Vichy, puis à Lyon où viennent le rejoindre les compagnons qui sont restés, puis ceux qui sont démobilisés. Deux Pères gardent la maison de Vanves où quelques uns reviendront deux mois plus tard. L'équipe de Lyon se remet au travail. Le 2 octobre paraît Renouveaux qui remplace les Cahiers, puis le 10 janvier 1941, Cité nouvelle qui continue à la fois les Dossiers de l'A.P. et Études. Le P. Desbuquois avait senti venir la deuxième guerre mondiale. Lucide sur le caractère abominable du système national-socialiste, il a peut-être moins bien mesuré les enjeux de la situation créée par la défaite. Il s'est laissé impressionner par la figure du Maréchal Pétain. Il recommande la loyauté à son égard et, après quelque hésitation, accepte la "Charte du travail", qu'il croit n'être pas opposée à l'idée de corporation préconisée dans les encycliques sociales. Cette position n'est pas partagée par les principaux animateurs du mouvement social catholique ni par tous les membres de l'A.P.. L'un d'entre eux, le P. Desqueyrat, en juriste clairvoyant, discerne l'atteinte aux libertés et la dérive vers le totalitarisme. Il est en contact avec Les Cahiers du Témoignage Chrétien
et la Résistance.

La zone Sud est occupée le 11 novembre 1942. Desbuquois et le groupe lyonnais regagnent Vanves en septembre 1943. Se tenant à l'écart des événements politiques, le directeur de l'A.P. apporte son concours à deux initiatives apostoliques importantes, la "Mission de France" et la "Mission de Paris", patronnées par le Cardinal Suhard. Il accompagnera aussi à ses débuts le mouvement des prêtres ouvriers.

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Pour en savoir plus :
- L'invitation au centenaire de l'Action Populaire
- Le déroulement du centenaire de l'Action Populaire
- L'histoire de l'Action Populaire
- Cent ans après



- La Politique une Bonne Nouvelle
- Assises pour un temps de justice
- L'engagement social des jésuites dans le monde
- Chrétiens et penseurs du social ?

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