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Au tournant du 19 ème au 20 ème siècle,
les relations entre
l'Église et la société prennent un tour nouveau.
En 1891, le pape Léon XIII lance dans Rerum novarum un
appel solennel pour l'amélioration de la condition ouvrière.
Par l'encyclique "Au milieu des Sollicitudes" (1892), il invite
les catholiques de France à rallier la République
- une invitation peu suivie dans le climat de l'époque. En 1901
le parlement vote la loi sur les associations, promise à un bel
avenir, mais dont la partie relative aux congrégations religieuses,
déjà frappées par les décrets de 1880 sur
les religieux "non reconnus" (c'est le cas des jésuites),
est clairement discriminatoire. En 1905, ce sera la loi de séparation
de l'État et des cultes. A la même époque cependant,
se développent plusieurs mouvements de catholiques attentifs à
témoigner à la fois de la vitalité du christianisme
et de son insertion dans la société moderne.
A l'origine, on trouve le
projet d'un homme, le Père Henri-Joseph Leroy,
écrivain-prédicateur, soucieux de
rapprocher l'Église du monde ouvrier et
d'affirmer l'engagement chrétien dans le social. Son but est de
promouvoir une rénovation de la société grâce
à l'association professionnelle. Le principal moyen qu'il préconise
est le tract, la brochure, substantielle pour le fond, légère
dans la forme. Il intéresse à son projet de jeunes jésuites
étudiants au scolasticat français replié à
Enghien (Belgique), en particulier Gustave
Desbuquois. Le 26 janvier 1903 sort
une "brochure jaune", la première
d'une longue série. Conçues pour être un outil de
formation, ces brochures vont paraître au rythme d'une, deux, puis
trois par mois, proposant des éléments d'information et
de réflexion sur l'entreprise, les syndicats, la législation
sociale, la famille, la vie internationale, l'apostolat. La création
officielle de l'Action
Populaire date du 15 août 1903. Le P. Leroy
et un collaborateur résident alors dans la maison des jésuites
français repliée sur la frontière belge à
Mouscron.
Le 15 août 1905, le P. Desbuquois est nommé directeur de l'A.P. à Reims. L'oeuvre connaît une croissance rapide. En 1908, paraît la Revue de l’Action Populaire qui complète les “brochures jaunes". En 1909, l'A.P. reprend, sous le titre "Le Mouvement social" la revue "L'Association catholique" fondée par Albert de Mun et Patrice de la Tour du Pin, se donnant ainsi un périodique qui allie la documentation à l'étude des questions de fond. Des réponses aux consultations sont assurées, des journées d'étude sont organisées. Le nombre des collaborateurs augmente. En 1911, ils sont 6 prêtres et 1 frère jésuites, et plusieurs laïcs, dont 9 experts et rédacteurs. La réussite s'accompagne d'épreuves.
Les attaques n'ont pas cessé de la part de ceux qui reprochent
à l'A.P. de défendre les syndicats ouvriers. Des dénonciations
remontent jusqu'à Rome. A l'heure de la réaction anti-moderniste,
jusqu'à la mort de Pie X (20 août 1914) et la baisse d'influence
des réseaux intégristes très actifs sous son pontificat,
l’existence de l’A.P. reste menacée.
La guerre apporte d'autres
épreuves. La plupart des collaborateurs de l'A.P. sont mobilisés.
Ne restent que 3 jésuites, dont le P. Desbuquois, réformé
sanitaire, et le vieux P. Leroy. Le 20 septembre, dans Reims bombardé
par les Allemands, la maison est incendiée. Un autre abri doit
être trouvé. Le P. Leroy qui a quitté la ville, meurt
en 1917. Le P. Desbuquois, malade, tient bon et pense déjà
à l'avenir. En 1918, les quelques rescapés sont à
Paris. Au lendemain de l'armistice, ils reçoivent la bonne nouvelle
d'un don accordé par le pape Benoît XV pour le relèvement
de l'A.P. |
| Pour en savoir
plus : - L'invitation au centenaire de l'Action Populaire - Le déroulement du centenaire de l'Action Populaire - L'histoire de l'Action Populaire - Cent ans après - La Politique une Bonne Nouvelle - Assises pour un temps de justice - L'engagement social des jésuites dans le monde - Chrétiens et penseurs du social ? |
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