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1903 - 2003
De l'Action Populaire au CERAS  >>

 


Retracer l'histoire du CERAS-Action Populaire, c'est évoquer une page importante de la vie de l'Église et de la Compagnie de Jésus en France.

 

Célébrer son centenaire, ce n'est pas seulement faire un retour sur son passé. C'est aussi montrer comment une expérience débouche sur le présent et aide à poser des jalons pour l'avenir.

 
 

Dans quel contexte naît en 1903
l'oeuvre des jésuites de l'Action Populaire ?

 

Au tournant du 19 ème au 20 ème siècle, les relations entre l'Église et la société prennent un tour nouveau. En 1891, le pape Léon XIII lance dans Rerum novarum un appel solennel pour l'amélioration de la condition ouvrière. Par l'encyclique "Au milieu des Sollicitudes" (1892), il invite les catholiques de France à rallier la République - une invitation peu suivie dans le climat de l'époque. En 1901 le parlement vote la loi sur les associations, promise à un bel avenir, mais dont la partie relative aux congrégations religieuses, déjà frappées par les décrets de 1880 sur les religieux "non reconnus" (c'est le cas des jésuites), est clairement discriminatoire. En 1905, ce sera la loi de séparation de l'État et des cultes. A la même époque cependant, se développent plusieurs mouvements de catholiques attentifs à témoigner à la fois de la vitalité du christianisme et de son insertion dans la société moderne.

 

L'aventure a commencé en 1903.

L'Action Populaire a alors reçu une mission : être présente aux évolutions sociales, économiques et politiques afin de soutenir dans leur action les personnages et les groupes attachés à construire une société où chacun ait sa place. Elle n'est ni un centre de recherche académique, ni un organisme d'action à la base. C'est ce que laisse entendre le nouveau nom qu'elle a pris en 1961:                                 

 "Centre de Recherche et d'Action Sociales".

Le CERAS se situe dans la visée énoncée par la Compagnie de Jésus dans sa 34 ème Congrégation Générale.

 

 

1903-1918 : Les années de fondation

 

A l'origine, on trouve le projet d'un homme, le Père Henri-Joseph Leroy, écrivain-prédicateur, soucieux de rapprocher l'Église du monde ouvrier et d'affirmer l'engagement chrétien dans le social. Son but est de promouvoir une rénovation de la société grâce à l'association professionnelle. Le principal moyen qu'il préconise est le tract, la brochure, substantielle pour le fond, légère dans la forme. Il intéresse à son projet de jeunes jésuites étudiants au scolasticat français replié à Enghien (Belgique), en particulier Gustave Desbuquois. Le 26 janvier 1903 sort une "brochure jaune", la première d'une longue série. Conçues pour être un outil de formation, ces brochures vont paraître au rythme d'une, deux, puis trois par mois, proposant des éléments d'information et de réflexion sur l'entreprise, les syndicats, la législation sociale, la famille, la vie internationale, l'apostolat. La création officielle de l'Action Populaire date du 15 août 1903. Le P. Leroy et un collaborateur résident alors dans la maison des jésuites français repliée sur la frontière belge à Mouscron.

L'avenir est loin d'être assuré, mais les débuts sont très vite prometteurs. Au bout d'un an à peine, 61.000 brochures jaunes ont été écoulées. Cependant une tension se développe assez vite avec les patrons chrétiens du Nord qui reprochent à l'A.P. de prôner le syndicat ouvrier indépendant au lieu du syndicat mixte (patrons-ouvriers). Mais le Cardinal Langénieux, archevêque de Reims, soutient l'action de l'A.P., qui se transporte à Reims en octobre 1904.

Le 15 août 1905, le P. Desbuquois est nommé directeur de l'A.P. à Reims. L'oeuvre connaît une croissance rapide. En 1908, paraît la Revue de l’Action Populaire qui complète les “brochures jaunes". En 1909, l'A.P. reprend, sous le titre "Le Mouvement social" la revue "L'Association catholique" fondée par Albert de Mun et Patrice de la Tour du Pin, se donnant ainsi un périodique qui allie la documentation à l'étude des questions de fond. Des réponses aux consultations sont assurées, des journées d'étude sont organisées. Le nombre des collaborateurs augmente. En 1911, ils sont 6 prêtres et 1 frère jésuites, et plusieurs laïcs, dont 9 experts et rédacteurs.

La réussite s'accompagne d'épreuves. Les attaques n'ont pas cessé de la part de ceux qui reprochent à l'A.P. de défendre les syndicats ouvriers. Des dénonciations remontent jusqu'à Rome. A l'heure de la réaction anti-moderniste, jusqu'à la mort de Pie X (20 août 1914) et la baisse d'influence des réseaux intégristes très actifs sous son pontificat, l’existence de l’A.P. reste menacée. La guerre apporte d'autres épreuves. La plupart des collaborateurs de l'A.P. sont mobilisés. Ne restent que 3 jésuites, dont le P. Desbuquois, réformé sanitaire, et le vieux P. Leroy. Le 20 septembre, dans Reims bombardé par les Allemands, la maison est incendiée. Un autre abri doit être trouvé. Le P. Leroy qui a quitté la ville, meurt en 1917. Le P. Desbuquois, malade, tient bon et pense déjà à l'avenir. En 1918, les quelques rescapés sont à Paris. Au lendemain de l'armistice, ils reçoivent la bonne nouvelle d'un don accordé par le pape Benoît XV pour le relèvement de l'A.P.
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Pour en savoir plus :
- L'invitation au centenaire de l'Action Populaire
- Le déroulement du centenaire de l'Action Populaire
- L'histoire de l'Action Populaire
- Cent ans après



- La Politique une Bonne Nouvelle
- Assises pour un temps de justice
- L'engagement social des jésuites dans le monde
- Chrétiens et penseurs du social ?

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