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1903-2003 |
100
ans après
par Antoine KERHUEL
sj - Directeur du CERAS
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L'Action Populaire, il n'est que de relire
son histoire,
est un
lieu d'Église qui a une mission
bien précise:
être présent aux évolutions
sociales, économiques et politiques
afin de soutenir dans leurs actions des personnes et des groupes
attachés à construire une société où
chacun ait sa place.
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Elle n'est ni un centre
de recherche de type académique, ni un organisme d'action
à la base. En 1961, le choix d'un nouveau nom
(Centre de Recherche et d’Action Sociales, CERAS) a reformulé
cette intuition dans un contexte renouvelé.
Aujourd'hui, le CERAS contribue, pour sa part, à la visée
énoncée par la Compagnie de Jésus dans sa 34
ème Congrégation Générale : explorer
les rapports entre foi, justice
et culture.
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La démarche adoptée ces dernières
années présente deux caractéristiques:
• d'une part, allier sciences sociales,
philosophie et théologie,
• d'autre part, conjuguer
expérience de terrain et réflexion.
Le CERAS se veut proche
d'acteurs de terrain (de toute référence
confessionnelle ou philosophique), d'universitaires et de décideurs
: il noue des liens, met en relations et travaille avec des personnes
d'horizons très divers. Il apporte sa note propre en structurant
ces rencontres et en proposant, là où cela paraît
possible et opportun, des
repères d'ordre éthique pour l'action.
Cette démarche l'a engagé en particulier sur deux champs:
ce qu'on appelle la question
du "lien social" et la formation à la politique.
• Les difficultés à bien saisir la notion de "lien
social" et à sonder les multiples pratiques concrètes
qu'elle désigne font de cet axe de travail un vaste projet pour
la réflexion et l'action.
Le CERAS s'y emploie, comme en témoignent
les thèmes des dossiers de sa
revue PROJET

Société , cultures,
communautés
- Un seul monde ... un monde
pour tous ?
- Le travail en reconversion
- L'utopie associative),
ou ceux des sessions annuelles
- Tisser le social
- La société multiculturelle
- Réinventer l'éducation:
un enjeu de société
et des colloques :
- Enjeux humains et sociaux de quelques
pratiques pour l'insertion
- Droit de circulation des personnes,
droit des États ensemble:
l'avenir de
la mixité sociale et culturelle.

Sur cette question du "lien social",
le CERAS entend participer
aux débats qui animent la société.
• Alors que la dimension
politique de la vie en société se trouve souvent dévalorisée
dans l'opinion, les enjeux de la citoyenneté et de l'implication
politique se présentent avec une urgence nouvelle. Seul ou avec
d'autres mouvements d'Église dans le cadre du Réseau
Jeunesse Ignatien, 
le CERAS s'est engagé dans des formations proposées à
de jeunes adultes et orientées vers l'aide au discernement : la
session bisannuelle d’Aix-en-Provence "La
politique, une bonne nouvelle",
des week-ends de réflexion et des débats.
L'éveil à la dimension politique de la vie en société
se traduira chez certains
par une implication au
sein d'un parti, chez d'autres par une
action associative,
chez d'autres encore par une
réorientation professionnelle.
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Nécessaires réinterprétations
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Au cours du siècle écoulé, l'Action
Populaire - puis le CERAS - s'est toujours proposé d'être
une cellule d'Église qui témoigne de son attention aux problèmes
économiques, sociaux et politiques de son temps. A chaque
époque, les choix effectués traduisent quel désir
de "vivre ensemble" anime la société. Génération
après génération, la participation à ces choix
est un enjeu essentiel pour l'expérience chrétienne. Nous
sommes invités à approfondir
notre commune dignité d'enfant de Dieu - et donc à construire
des relations plus fraternelles.
Le CERAS souhaite élargir cet espace où, en
France, se réfléchit et se vit l'inscription sociale de
l'expérience de foi : une expérience de foi qui est nourrie
par (et qui nourrit) un engagement dans la société. Ainsi
actualisons-nous aujourd'hui les intuitions développées
par nos prédécesseurs, les fondateurs de l’Action
Populaire.
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