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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (juillet 2003)
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A voir également :
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (avril 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2003)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

Kenya : la vie n'est pas un film

Cinéma et télévision, capables de transformer tout le monde, sauf les spectateurs les plus critiques, dans un auditoire passif, sont en train de miner la solidité des cultures locales chez les jeunes africains, en les inondant d'une quantité de valeurs étrangères. Un groupe de recherche de " Global Economy and Culture " (GEC) du Hekima College, l'Ecole de théologie des jésuites à Nairobi, a collaboré avec une cinquantaine d'autres centres sociaux de la Compagnie à un projet mondial pour estimer les effets de l'économie globale sur les cultures locales, spécialement parmi les pauvres, et pour définir des lignes guides éthiques générales. Existe-t-il des moyens de loisirs alternatifs? L'intérêt excessif des jeunes envers la pornographie ne révèle-t-il pas une nécessité d'éducation sexuelle plus qu'un simple moralisme ? De quelle façon, la culture globale qui émerge peut-elle être utilisée créativement au bénéfice de la population locale ? Ce sont quelques questions soulevées par une étude récente sur les jeunes de Nairobi. Basées sur les données recueillies parmi tous les groupes intéressés, l'étude a pour but de stimuler la conscience critique des jeunes sur les effets ambivalents des moyens de communication globale et la consommation passive qu'ils en font. Cela sollicite un engagement réel des africains en ce qui est regardé et une diffusion des programmes étrangers avec des valeurs culturelles positives, tels que les films qui mettent en lumière les valeurs africaines de solidarité, de générosité, d'hospitalité et de respect de la vie. " Avant d'attaquer les moyens de communication globales parce qu'ils érodent la culture africaine ", affirme les auteurs, " il est important aussi de se demander ce que sont en train de faire les gouvernements, les institutions éducatives, les centres culturels, les organisations religieuses et l'industrie des loisirs pour placer les produits culturels africains dans le village globale ".

Coordinateur du projet GEC au Hekima College : Leonard Chiti SJ

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Espagne : à la recherche d'un futur meilleur

Chaque jour, des embarcations chargées d'immigrés à la recherche d'un futur meilleur traversent la Méditerranée en tendant d'accoster sur les côtes européennes. Frustrés par les lois restrictives sur l'immigration, ils parcourent cet itinéraire dangereux qui semble être l'unique alternative à une condition désespérée de pauvreté, d'humiliation et de manque de terre. La question des migrations est prioritaire et sollicite la Compagnie de Jésus à donner des réponses humaines et urgentes. En Espagne, diverses institutions de la Compagnie, comme le Centre pour l'Intégration sociale et la Formation des Immigrants (CeiM) à Valence et Migra-Studium à Barcelone, sont engagées dans l'étude du phénomène pour contribuer à créer une société multiculturelle et juste. Une contribution au débat public sur la question est offerte aussi par l'Institut d'Etude sur les Migrations (IEM, Instituto de Estudios sobre Migraciones). Fondée en 1994 par l'Université Comillas de Madrid, l'Institut répond aux problèmes migratoires selon les possibilités de l'université, à travers l'activité de recherche, d'enseignement, publicitaire, et si nécessaire, en offrant des consultants. Depuis 1996, l'Institut publie " Migraciones ", la première revue espagnole sur ces thèmes. L'Institut propose pour les diplômés des cours sur les migrations et l'aide humanitaire et il a un programme de doctorat sur les migrations internationales. Un prix institué à la mémoire de José Maria Rubio SJ et parrainé par la Compagnie de Jésus est attribué chaque année pour les études qui mieux contribuent à la connaissance des questions migratoires.

IEM: Andrés Tornos SJ (www3.upco.es/pagnew/iem).
Migra-Studium: Lluís Recolons SJ (www.fespinal.com).
CeiM: Jovino Fernández SJ (www.incubaglobal.com/ceim)

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Mexique au commencement était le Verbe...

Au terme de douze années de travail, un demi-million des habitants mayas des Chiapas ont désormais accès à la Bible dans leur propre langue tseltal. En poursuivant l'inculturation de leur oeuvre pastorale en Chiapas, les jésuites essayent de créer une Église locale enracinée dans la culture locale. De ce fait, la mission des Jésuites à Bachajón s'est engagée dans le colossal projet de la traduction de la Bible, avec l'aide de personnes de langue tseltal et de l'Institut théologique de la Compagnie au Mexique. Cette oeuvre pourra être un instrument d'apprentissage, enrichira la langue et, surtout, rendra accessible la Parole. Les jésuites, qui fondèrent la mission en 1958, se sont immergés dans la culture de la population indigène, en travaillant pour aider ce groupe de maya marginalisé. L'alcoolisme, la spoliation des terres, la malnutrition, la discrimination et la répression de la part des autorités sont quelques-unes des questions auxquelles s'adresse leur action évangélique. La connaissance de la langue tseltal permet de leur offrir une aide en matière légale et de favoriser l'alphabétisation et les organisations de communauté. Le soulèvement des mouvements zapatista commencé en 1994 les a encouragés à redoubler leurs efforts en matière de développement notamment dans le commerce du café, et à renforcer le travail pour l'éducation à la paix et contre la violation des droits humains.

Coordinateur de l'équipe de traducteurs : Eugenio Maurer Avalos SJ

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Indonésie : ondes de choc

La première radio locale créée à Yogyakarta par les jésuites du Puskat Audio-visual Studio était devenue très populaire, mais fut fermée par les autorités locales en 1998 parce qu'elle était privée de licence. Les jésuites ne se montrèrent pas vaincus : ils savent combien la radio est un instrument efficace pour produire un changement. Ils retournèrent sur les ondes en 1999, faisant partie d'un mouvement de radios communautaires qui était en train de diffuser dans le pays, mais aussi au Bangladesh, en Inde et aux Philippines. En novembre 2002 le gouvernement indonésien lança une nouvelle loi sur les télécommunications et aujourd'hui à Yogyakarta, il existe au moins 52 radios locales. Radio Balai Budaya Minomartani transmet six heures par jour, avec des animateurs volontaires et la participation des jeunes. Il offre des programmes culturels et éducatifs, comme des cours d'anglais pour les écoles élémentaires et des discussions interactives sur des thèmes liés à la famille. En janvier, le sultan de Yogyakarta, qui est le gouverneur de la province, visita la station de radio et eut une rencontre, transmise en direct, avec des personnes de différents groupes religieux. Les membres des communautés (surtout des musulmans, des chrétiens et des bouddhistes) ont moyen de se connaître mieux et de resserrer les rapports d'amitié dans une société pluraliste. Le sultan exprima l'espérance que la radio locale promeuve la liberté d'expression, la culture traditionnelle et la participation populaire.

Directeur de Puskat Audio-visual Studio : Yoseph I. Iswarahadi SJ

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Brésil: Église et État contre la faim

Le drame actuel et déchirant de la faim et de l'inégalité au Brésil interpelle les chrétiens et a poussé la Conférence Episcopale brésilienne (CNBB) à lancer en avril une initiative nationale contre la misère et la faim. Selon les estimations du gouvernement, sur une population globale de 170 millions, 46 millions sont pauvres et 22 autres millions vivent dans des conditions de misère. Le gouvernement de Luís Inácio Lula da Silva, à travers un Ministère spécialement créé pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la faim, a entrepris la distribution de nourriture pour affronter les situations d'urgence " Mutirão ", le mot brésilien de cette réponse de l'Église, est une initiative collective d'actions de solidarité, à travers des interventions pastorales dans les diocèses et dans les paroisses, dont le but est de donner force et organiser les pauvres pour les réintégrer dans la société. Le Président de la Commission épiscopale pour le " mutirão " est Dom Luciano Mendes de Almeida SJ. Martinho Lenz SJ, le Secrétaire exécutif, offre des services de consultant, informations et une aide organisationnelle. À travers le soutien à l'instruction et aux activités génératrices de revenus, la Commission cherche à donner l'auto estime à ceux qui vivent dans les favelas et dans les régions semi-arides. P. Lenz représente la CNBB au sein du Conseil national pour la sécurité alimentaire, qui a le devoir de réaliser le programme gouvernemental " Faim Zéro ". Il se demande : " Comment la Compagnie est impliquée dans ce projet ? "

Secrétaire exécutif de la Commission pour le " mutirão " : Martinho Lenz SJ

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Autriche : travail flexible, vies précaires

Encore plus de places de travail en Autriche sont devenues part-time, sans horaires fixes, sans aucune stabilité rassurante. Cela est la cause d'une croissante incertitude, puisqu'un grand nombre de personnes, harcelées par l'idée que ils vont passer des périodes de chômage, sont poussés aux marges. Alois Riedlsperger SJ, Directeur de l'Académie Sociale Catholique d'Autriche (), dans une interview au quotidien viennois " Kurier ", a attiré l'attention sur les effets négatifs de tels horaires élastiques et des travaux occasionnels sur les relations humaines. Des horaires de travail différents signifient moins de temps partagé, ce qui peut provoquer des cassures dans les rapports familiaux, qui à leur tour entraînent des risques d'appauvrissement. Bien que le système de sécurité sociale autrichien soit étendu, les différences entre riches et pauvres sont en augmentation avec 10 pour cent de la population qui risque de tomber sous le niveau de pauvreté. Les femmes seules avec enfants à charge doivent affronter des difficultés singulières. Dans ce climat néo-libéral, on s'attend à ce que les individus trouvent seuls les solutions à leurs problèmes, toutefois cela ne semble pas être une attitude acceptable.

Directeur de la KSOe : Alois Riedlsperger SJ

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Cameroun : " Le lieu de la justice est un lieu sacré ", de Marc Tapsoba SJ

Quelle est la contribution que, nous jésuites du Collège Libermann (avec ses 1 400 étudiants), donnons-nous pour incarner la justice au Cameroun ? Ma joie est grande de constater que l'apostolat éducatif à Douala est au service de la foi et promeut la justice. La grande partie des jeunes que nous formons provient de familles dispersées et désunies, pour eux cette œuvre apostolique dans notre ville matérialiste et corrompue c'est une manifestation de la justice de Dieu. Dans le collège, il existe un groupe qui s'occupe des questions sociales. Avec un budget limité à 3 millions de francs CFA (4500 dollars USA), il offre des services aux étudiants pauvres. À travers les sanctions disciplinaires, la résolution des conflits entre enseignants et entre étudiants, ainsi que le guide spirituel pour les personnes en difficulté, nous sommes aussi engagés à administrer la justice. Les jésuites soutiennent les groupes politiquement engagés comme le Forum anti-corruption et " Foi et Analyse politique ", qui sont impliqués afin de sensibiliser les citoyens en vue d'élections justes et libres au Cameroun, de former des observateurs électoraux et de rendre les chrétiens conscients de l'importance d'une action démocratique responsable. A l'occasion du 50eme anniversaire du Collège, les anciens étudiants ont choisi le thème biblique : " À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé ". Interprété de manière critique, à la lumière de l'Evangile et de l'histoire du Cameroun, ce thème démontre que, bien qu'elle ne soit pas entièrement incarnée, la justice est l'objet de l'engagement de tous ceux qui se battent contre l'ignorance et pour défendre la dignité du peuple camerounais.

L'auteur enseigne la philosophie au Collège Libermann

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