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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2003) |
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Les autochtones de Sabah (Malaisie) ont récemment fêté avec exubérance leur traditionnel festival du riz, en remerciant l'esprit du riz à leur façon pour une bonne récolte. La présence, à cette occasion, de l'évêque du lieu ainsi que de dix jésuites en provenance de la Malaisie, des Philippines, de Taiwan et de Thaïlande a fait de ce festival un moment spécial. Rassemblés pour la troisième rencontre des Compagnons jésuites dans les ministères indigènes (JCIM, Jesuit Companions in Indigenous Ministries), les participants ont passé le message que les jésuites respectent la culture des peuples indigènes tout en les aidant à aller de l'avant. Le réseau JCIM vise à travailler en solidarité avec les indigènes alors même qu'ils luttent pour préserver leurs ressources naturelles et pour plus de justice et de dignité. Pour ce faire, les jésuites, qui tentent d'établir un dialogue mutuellement enrichissant, ont tenu un séminaire ouvert aux laïcs et aux religieux sur la signification des pratiques shamaniques de Sabah. C'était une tentative pour apporter la sagesse et les valeurs indigènes dans le courant dominant de l'Église et de la société en général à travers la recherche, l'analyse et la réflexion théologique. Pour atteindre cet objectif, quatre projets ont été mis sur pied : 1) un manuel de formation, qui doit être publié vers la fin de 2004 par le Forum social mondial à Bombay (Inde); 2) un symposium sur les spiritualités indigènes en 2005, pour les théologiens et les instituts de recherche, organisé par le Centre de Théologie aborigène de l'Université catholique de Fu Jen (Taiwan); 3) des cours de formation pour les jésuites et leurs collaborateurs afin d'aider les autochtones à protéger leurs droits ancestraux sur les terres, l'eau, la forêt, ainsi que la gestion de leurs ressources; cours offerts par l'Institut des sciences de l'environnement pour le changement social (ESSC) aux Philippines; 4) amélioration des mesures de gestion de conflit pour faire face à la violence qui les affecte, par exemple, une banque de données des instituts, ONGs et organisations locales pertinents. Coordonnateur de JCIM: Jojo Fung SJ |
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Les conflits au Moyen-Orient ont éclipsé la terrible situation des personnes dans les pays déchirés par la guerre en Afrique, où la violence et la terreur affectent 20 pour cent de la population. Seulement en République Démocratique du Congo, 3,5 millions de personnes ont été tuées depuis 1994; dans d'autres États africains des millions d'autres meurent ou sont réfugiés ou encore déplacés à l'intérieur de leur pays. Ces guerres sont le résultat d'une combinaison puissante d'intérêts internes et externes qui visent à piller les richesses naturelles et minérales de ces régions. La Compagnie de Jésus, protestant fortement contre cette "culture de mort", accorde une grande priorité à la situation de misère et de marginalisation de l'Afrique. Les jésuites, de concert avec d'autres ONGs et institutions, ont dénoncé le commerce des armes et travaillent de façon acharnée en faveur de la paix. Le Forum pour la paix de Hekima (HPF), un groupe de réflexion crée en 1999 par les étudiants africains en théologie au Hekima College à Nairobi (Kenya), a tenu un atelier de formation sur l'éducation pour la paix pour les enseignants de l'archidiocèse. HPF crée également un espace via des rencontres mensuelles où les théologiens et aussi d'autres personnes recherchent des façons de résoudre les conflits qui déchirent l'Afrique. De plus, ce groupe organise un symposium deux fois l'an afin de réfléchir en profondeur sur des questions urgentes qui affectent le continent. Coordonnateur de HPF: Daniel Akau SJ |
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Mars 2003 -- le dixième anniversaire du Rapport de la commission des Nations Unies sur la vérité, qui a publié les noms des responsables des atrocités commises en El Salvador durant douze années de violence de 1980 à 1992. Rutilio Grande SJ (1977), Monseigneur Oscar Romero (1980) et Marianella Garcia Villa, présidente de la Commission des Droits humains (1983), furent tous tués en mars. Et (ironie entre toutes), en mars 1993 une "Amnistie générale pour la consolidation de la paix" a été approuvée, pardonnant les auteurs des crimes inscrits dans le Rapport des Nations Unies, les assassins de milliers de victimes sans nom qui ont péri comme n'ayant jamais existé. En leur mémoire, l'Université de l'Amérique centrale (UCA) "José Simeón Cañas" de San Salvador organise à chaque mois de mars un "Festival de la vérité" (Festival Verdad), créant un espace où les victimes d'exclusion et d'intolérance peuvent se rencontrer et garder vivante la mémoire de ceux qui sont morts. Dans ce milieu académique on fait mémoire de leur lutte pour les droits humains et la justice à travers la réflexion, l'art et des événements culturels. Lors du dernier festival, une rencontre centraméricaine sur "La vérité, la paix et la justice" a rassemblé des participants provenant de douze pays. Ils ont offert un plan d'action pour réclamer la dignité et l'honneur des victimes, propager la vérité à l'étranger, traduire en justice les assassins, demander à chaque pays de ratifier le Statut de la Cour pénale internationale, et de travailler pour un nouveau concept de la paix. En 1985, Segundo Montes Mozo SJ a fondé l'Institut pour les droits humains de l'UCA (IDHUCA). Quatre ans plus tard il a été tué par les militaires salvadoriens en même temps que cinq autres jésuites et deux collaboratrices, mais cet institut continue d'accompagner les pauvres dans leur lutte pour la justice, appelant les gens à analyser les circonstances qui dégradent la vie en El Salvador et à suggérer des moyens pour les surpasser. Voir le site Directeur du IDHUCA : Benjamín Cuéllar Martínez |
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Plusieurs personnes handicapées de la Belgique ont réussi à s'insérer dans le monde du travail, souvent à travers des entreprises alternatives financées par des fonds publics. Ces entreprises offrent à la personne handicapée des adaptations qui lui permet d'entrer dans le rythme du travail normalisé et de fournir un travail productif. Car, il faut bien le dire, la reconnaissance sociale passe par le salaire. José Davin SJ, qui est à la tête d'une équipe pastorale pour les intervenants avec les personnes handicapées, croit fermement que ces personnes doivent être réhabilitées et absorbées par la main-d'oeuvre et qu'il s'agit d'une cause qui doit être poursuivie et garantie ; un travail contre rémunération reste, selon lui, la seule chose qui apporte un vrai sens d'autonomie. Mais peut-être n'est-ce pas suffisant. Une intégration de ce genre dépend trop des fonds publics et des caprices du pouvoir politique qui n'a que peu de temps à consacrer aux plus faibles de la société. C'est pourquoi les emplois salariés ne vont qu'aux personnes atteintes d'un handicap moteur ou intellectuel léger ; les autres, handicapés plus sévèrement, doivent se contenter de tâches simples et mécaniques. Mais un bon début est déjà un demi-résultat, et ces tâches quotidiennes contribuent en partie à construire une estime de soi. Dans un dossier sur " Travail et handicap ", publié en mars par " Évangile et Justice ", la revue des jésuites du Centre AVEC de Bruxelles, le P. Davin exprime son admiration pour le courage de ceux qui, dès lors qu'ils sont insérés dans un système de production, exigent les respect pour leur propre dignité. Il souhaiterait aussi qu'un changement de valeurs s'effectue. L'appréciation de l'utilité publique d'une personne passe encore trop souvent par l'évaluation de ce que l'on fait, plutôt que d'accorder plus d'importance à ce que l'on est. Contact: José Davin SJ de" Évangile et Justice " |
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Dans quelle mesure nos désirs ne sont-ils pas fabriqués pour nous par un marché avide et des médias insatiables ? Le tout ne reste-t-il pas une question de perception ? Une perception peut être façonnée de manière à poursuivre des objectifs spécifiques : cette constatation a poussé le Forum pour l'action sociale Udayani (USAF), le centre social des jésuites à Calcutta, à changer l'objectif de son travail en passant du développement et du redressement social à une analyse culturelle. USAF a entrepris d'aider les pauvres des régions rurales à poser un regard plus clair sur leur réalité afin d'être plus autonomes et de résister à l'attrait de la consommation qui menace leurs racines. " Udayan " signifie " aurore " en bengali et ainsi le centre vit à la hauteur de son nom alors que les animateurs des villages font se lever un jour nouveau pour les paysans, où ils comprennent le danger des excès de la technologie moderne, la beauté de leur héritage culturel, ainsi que l'importance d'un développement durable. À travers le théâtre et la danse, USAF met en lumière les dangers des pesticides et des engrais chimiques, la laideur des marchandises de plastiques et la superficialité de l'esthétique moderne -- en démontrant que tous ces emballages dorés ne sont pas vraiment de l'or et que le développement moderne apporte aussi dans ses bagages un individualisme égoïste, une compétition et une consommation débridées. USAF met l'accent sur l'importance de la reforestation pour conserver un équilibre écologique, sur les valeurs des médecines traditionnelles utilisant les plantes, sur les pratiques agricoles naturelles, ainsi que sur la beauté des danses tribales. " Plusieurs formes de la richesse culturelle ont été sacrifiées sur l'hôtel de ces soi-disant modèles de 'développement'", affirme le directeur, le P. Jeyaraj. Afin de compenser l'emphase mise sur le développement moderne, les adolescents sont éduqués dans la culture traditionnelle et dans la compréhension de leur environnement. Le centre a aussi des projets urbains dans les bidonvilles de Calcutta et auprès des travailleurs domestiques. Grâce à la recherche, la documentation, la publication et à un cours diplômé en travail social, offert par le St. Xavier's College, USAF vise à former des agents de changement social. Directeur de USAF : Xavier Jeyaraj SJ |
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Le 7 mai dernier, les jésuites de l'Institut Stensen de Florence ont invité Samuel Huntington de Harvard à participer un débat sur les positions géopolitiques des États-Unis, de l'Europe et de l'Église catholique. Sa théorie controversée sur " le choc des civilisations " (i.e. que les alliances et les conflits vont dorénavant tourner autour des affinités et des différences culturelles) a suscité des réactions très vives partout au monde. Les critiques soutiennent que cette théorie dissimule les motivations qui sous-tendent les alliances économiques existantes entre des superpuissances occidentales et quelques régimes des pays musulmans. Huntington soutient que ces chocs entre cultures se produiront à l'échelle mondiale. Il mentionne la position du Pape que ces conflits peuvent être évités mais, tout en souhaitant que cela soit vrai, il reste réticent quant à admettre que cette position puisse être réaliste. Quant à la situation du Moyen Orient, il remarque que la menace posée par Saddam Hussein ne justifiait pas une intervention militaire et que certains risques demeurent, surtout si la réorganisation de l'État fédéral iraquien échoue. Quant au conflit israélo-palestinien, il mentionne que les deux parties en présence devront faire des concessions importantes pour que la région ait une chance de vivre une paix durable. Il prophétise que le prochain risque d'escalade militaire sera en Asie orientale où un conflit entre la Chine (une civilisation très ancienne) et les États-Unis (la puissance mondiale dominante depuis 1945) pourrait bien éclater pour des raisons politiques et économiques. Contact : Directeur de l'Institut Stensen: Ennio Brovedani SJ |