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3- J'ai l'idée de parler de cela
avec un excellent ami musulman, et il m'aide à résoudre mon problème.
Il peut, me dit-il, faire ouvrir le jardin et, en m'accompagnant,
me permettre d'accéder au tombeau du Rab. Il vient donc me prendre
dans sa voiture en fin de journée. Nous cognons au portail pour
que le gardien vienne nous ouvrir, puis nous traversons le jardin
envahi par les herbes et les buissons. Nous voici devant le tombeau
du Rab. Tout est silencieux. Ensemble - lui, le musulman et moi
le chrétien - nous disposons les bougies, non sans mal car elles
sont trop grosses pour les emplacements (on voit, me dit mon ami
en souriant, que ce ne sont pas des bougies d'ici). A la fin en
voyant brûler tous ces cierges, nous exprimons le vœu que Dieu exauce
les prières que ces Juifs ont exprimées sur des papiers que nous
laissons au milieu des cierges. Mon ami a même acheté quelques bougies
supplémentaires qu'il fait brûler à l'intention de Juifs qu'il a
connus : " Ils seraient heureux de savoir que j'ai fait cela pour
eux ", me dit-il. Que faire des quarante euros donnés par ces Juifs
et transmis par les émigrés musulmans ? Mon ami a trouvé : " Tu
les donnes aux Petites Sœurs ! ". Tous les deux, en nous quittant,
nous étions heureux de ce que nous avions fait et heureux de l'avoir
fait ensemble.
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Au journal télévisé du soir, à propos de la Palestine, on parle de guerre
et de sang. Dieu, certainement, n'apprécie pas ces manifestations de haine
auxquelles on mêle parfois son nom. Mais Dieu qui voit tout remarque aussi,
j'en suis sûr, quelques bougies qui brûlent ce soir à Tlemcen et qui parlent
d'amour et de paix.
(Le Lien - Diocèse d'Oran - mars 2002)
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