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Grand
dictionnaire Ricci |
L'entrée dans la densité humaine des cultures est une aventure dont les avancées technologiques ne nous feront pas faire l'économie, et les avancées technologiques elles-mêmes peuvent parasiter la rencontre si nous croyons qu'elles rendent superflues la patience qu'elle exige. C'est sur cette conviction que les Instituts Ricci de Paris et Taipei ont bâti leur mission et leur travail, c'est dans la fidélité à cette patience de principe qu'ils ont mené l'oeuvre du Dictionnaire... Il n'est point besoin de dictionnaire bilingue quand il n'y a qu'une langue, ou bien lorsque, devant la multiplicité des langues, on renonce à entendre les langues de ses voisins. Ces deux situations extrêmes sont illustrées conjointement par le mythe de Babel. À l'inverse, la présence de dictionnaires qui font le pari de plonger dans l'histoire d'une langue témoigne d'une expérience essentielle : s'engager dans la communication ne signifie en rien le fait de rejeter la langue maternelle, c'est au contraire offrir un hommage double à la sagesse qui a nourri la pensée de chacun des partenaires. A l'inverse, chacun fait le pari de s'entendre "de langue à langue", car c'est ainsi que la pensée se greffe et s'enrichit, et qu'on peut goûter, dans l'échange, dans la transformation mutuelle, quelque chose de la vérité, comme on fait d'un fruit savoureux. Le travail têtu qui aboutit à la sortie du Dictionnaire Ricci signifie que "traduire" est toujours une tâche à mener au travers d'un échange culturel quotidien, que vraiment traduire c'est vraiment aimer et comprendre. En 1956, le Père Yves Raguin écrivait :
Près d'un demi-siècle plus tard, ce dont témoigne le Dictionnaire Ricci, ce n'est pas seulement d'une tâche du passé, c'est encore d'un rêve d'avenir. Le Comité de Coordination et de Décision du Grand Dictionnaire Ricci |
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