ACCUEILIgnace de LoyolaMissions et ServicesDevenir JésuiteHistoire de la CompagnieCompagnons de JésusSites recommandésÉcrivez-nous

retour à la page d'accueil sur le Grand Ricci

Grand dictionnaire Ricci
de la langue chinoise
Extraits de la préface

Pour charger la préface entière en fichier rtf, cliquez ici


En mai 1601, Matteo Ricci obtenait de l'empereur Wan-li la permission de s'installer à Pékin, ainsi qu'un terrain situé au sud-ouest de la capitale. Ricci et ses compagnons jésuites étaient en quête de pareille autorisation depuis leur entrée en territoire chinois, en 1583. Le dialogue Chine-Occident qui prend forme à ce moment précis de l'histoire ne s'interrompra plus. Il repose, en son principe et son commencement, sur l'écoute, la patience, le respect. Le long cheminement de Matteo Ricci nous le rappelle : il n'y a pas de raccourci à la rencontre. L'apprentissage d'une langue comme celui d'une culture exigent toujours patience, humilité, souplesse.

L'entrée dans la densité humaine des cultures est une aventure dont les avancées technologiques ne nous feront pas faire l'économie, et les avancées technologiques elles-mêmes peuvent parasiter la rencontre si nous croyons qu'elles rendent superflues la patience qu'elle exige. C'est sur cette conviction que les Instituts Ricci de Paris et Taipei ont bâti leur mission et leur travail, c'est dans la fidélité à cette patience de principe qu'ils ont mené l'oeuvre du Dictionnaire...

Il n'est point besoin de dictionnaire bilingue quand il n'y a qu'une langue, ou bien lorsque, devant la multiplicité des langues, on renonce à entendre les langues de ses voisins. Ces deux situations extrêmes sont illustrées conjointement par le mythe de Babel. À l'inverse, la présence de dictionnaires qui font le pari de plonger dans l'histoire d'une langue témoigne d'une expérience essentielle : s'engager dans la communication ne signifie en rien le fait de rejeter la langue maternelle, c'est au contraire offrir un hommage double à la sagesse qui a nourri la pensée de chacun des partenaires. A l'inverse, chacun fait le pari de s'entendre "de langue à langue", car c'est ainsi que la pensée se greffe et s'enrichit, et qu'on peut goûter, dans l'échange, dans la transformation mutuelle, quelque chose de la vérité, comme on fait d'un fruit savoureux.

Le travail têtu qui aboutit à la sortie du Dictionnaire Ricci signifie que "traduire" est toujours une tâche à mener au travers d'un échange culturel quotidien, que vraiment traduire c'est vraiment aimer et comprendre. En 1956, le Père Yves Raguin écrivait :

"Le souhait de ceux qui auront passé plusieurs années de leur vie à élever ce monument, c'est que beaucoup y trouvent les clés qui leur serviront à ouvrir les portes (…) par lesquelles on accède à l'âme même d'un peuple et non celles qui s'ouvrent à quelque visiteur d'occasion. Il faut, pour comprendre la Chine, savoir communier en patience à l'âme secrète de ceux qui l'habitent."

Près d'un demi-siècle plus tard, ce dont témoigne le Dictionnaire Ricci, ce n'est pas seulement d'une tâche du passé, c'est encore d'un rêve d'avenir.

Le Comité de Coordination et de Décision du Grand Dictionnaire Ricci