|
Jean-Paul II et Matteo Ricci Message aux participants du congrès international |
|
... La rencontre d'aujourd'hui nous conduit tous par l'esprit et par les sentiments à Pékin, la grande capitale de la Chine moderne, capitale de l'"Empire du Milieu" au temps du Père Ricci. Après avoir étudié pendant vingt-et-un ans, de façon attentive et passionnée, la langue, l'histoire et la culture de la Chine, il entrait à Pékin, résidence de l'Empereur, le 24 janvier 1601. Accueilli avec tous les honneurs, estimé et souvent consulté par des lettrés, des mandarins et des personnes souhaitant apprendre les nouvelles sciences dont il était un fervent amateur, il vécut le reste de ses jours dans la capitale impériale, où il mourut saintement le 11 mai 1610, à l'âge de 57 ans, dont presque 28 années passées en Chine.
Cette même Chine éprouve, depuis quatre siècles, une profonde considération pour Li Madou, "le Sage d'Occident", comme fut désigné et est encore appelé le Père Matteo Ricci. Historiquement et culturellement il a été, en tant que pionnier, un précieux anneau de jonction entre la culture européenne de la renaissance et la culture de la Chine, ainsi que, réciproquement, entre la civilisation chinoise, antique et avancée, et le monde européen. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le noter, avec une intime conviction, en m'adressant aux participants au Colloque international d'études sur le Père Ricci, organisé pour le IVème centenaire de l'arrivée de Matteo Ricci en Chine (1582-1982), il joua un rôle de grand mérite dans l'inculturation: il élabora la terminologie chinoise de la théologie et de la liturgie catholique, créant ainsi les conditions pour faire connaître le Christ et incarner son message évangélique et l'Eglise dans le contexte de la culture chinoise (cf. Insegnamenti di Giovanni Paolo II, II, vol. V/3, 1982, Libreria Editrice Vaticana, 1982, 923-925). Le Père Matteo Ricci devint tellement "Chinois avec les Chinois" qu'il se transforma en véritable sinologue, au sens culturel et spirituel le plus profond du terme, car il sut atteindre dans sa personne une extraordinaire harmonie intérieure entre le prêtre et le chercheur, entre le catholique et l'orientaliste, entre l'italien et le chinois ... |
|||