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Extraits du dossier de presse
La Chine a toujours joué un rôle important
au coeur de la mission de la Compagnie de Jésus et depuis St
François-Xavier et Matteo Ricci, il ne s'est pas passé de siècle
où cet attachement spécifique n'ait pris une forme particulière, parfois
au prix de risques considérables, matériels et spirituels.
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Plus que d'une oeuvre académique, il s'agit bien
du prolongement du travail d'inculturation et d'approfondissement
du dialogue avec la civilisation chinoise, qui concerne tous ceux
qui ont compris que pour entreprendre en Chine, il faut avant tout
s'enraciner dans une compréhension profonde et aussi parfaite que
possible des termes de l'échange. Le travail
qui s'achève aujourd'hui sous nos yeux est un pont vers la Chine,
l'aboutissement de tous les efforts et de toutes les contributions
qui l'ont pré-cédé, du fait de la richesse inégalée qui permettra
aussi à terme la consultation et la remise à jour "en ligue" une
fois passée l'étape de l'édition d'un CD Rom.
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| Le Grand Dictionnaire de la Langue Chinoise est une oeuvre dont
l'histoire mériterait d'être détaillée. Dans l'histoire récente, il
est le fruit du labeur accompli par des jésuites et des chercheurs
associés. En fait, il tire ses origines les
plus lointaines dans le premier dictionnaire de Nicolas Trigault,
s.j. l'historiographe de la mission de Ricci, achevé en 1626,
de celui de Séraphin Couvreur (avec une entrée en latin) de 1884,
du Wieger en 1899, du dictionnaire du Père Debesse en 1904, et enfin
en 1936, du "Vocabulaire de sciences mathématiques, physiques et naturelles"
du Père Terranzano, tous ouvrages indispensables aux sinologues de
différentes époques. |
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Mais la préfiguration du Ricci fut, pendant la guerre
sino-japonaise, la conception par un Jésuite hongrois,
Eugene Zsamar, d'un projet en apparence démesuré la mise en oeuvre
d'une base de données lexicographiques à caractère encyclopédique entre
le chinois et cinq langues, le français, l'anglais, le hongrois, le latin
et l'espagnol.
Cinq équipes, transférées à partir de 1952 à
Taichung, dans le centre de l'île de Taiwan, ont donc travaillé
systématiquement. Une vingtaine de jésuites
tout d'abord, rassemblés autour de grandes tables tournantes équipées
de pupitres à huit faces et deux étages montés sur des roulements à billes,
pupitres sur lesquels étaient montés les ouvrages de référence, ont rassemblé
près de deux millions de coupures de dictionnaires collées sur fiches
cartonnées et classées selon la romanisation "Wade-Giles".
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En février 1956, un article du Père Yves
Raguin, devenu dans l'intervalle directeur des travaux, et
qui allait marquer de sa personnalité forte, chaleureuse et originale
l'ère purement taiwanaise du "Ricci" décrivait dans la revue Etudes
l'état du chantier, mais ne cachait pas la
difficulté de prévoir une date précise quant à la conclusion de
l'ouvrage. Devant l'ampleur grandissante du projet naquit
dans les années soixante l'idée d'un "lancement à trois étages"
tout d'abord un "petit" dictionnaire de 5 000 à 6 000 caractères
et environ 50 000 expressions fut publié en 1976. Puis, un "dictionnaire
intermédiaire", le Dictionnaire des
Caractères Chinois, fut publié fin 1999,
un an après le décès d'Yves Raguin, et enfin le Grand Dictionnaire,
que nous voyons aujourd'hui.
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| Dans l'esprit d'Yves Raguin, le ralentissement du
projet permettrait de satisfaire le souci de perfection, manifesté
par l'introduction dans le projet de l'informatique
et la classification des "Branches du Savoir" grâce à Yves
Camus, s.j. et par le travail sur l'étymologie, dû au Père Lefeuvre,
et de bénéficier pleinement de l'apport des spécialistes sinologues
associés au travail, en particulier à Paris, à l'Institut Ricci de
Paris, que le Père Claude Larre,
tout récemment disparu, avait créé en 1971. |

Père Claude Larre
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Cet apport, grâce à l'Institut
Ricci de Paris, explique plus que tout autre raison, le fait que le
projet de Grand Dictionnaire n'ait finalement abouti que pour sa partie
francophone. Le Dictionnaire est devenu progressivement un projet
fédérateur de la sinologie française. L'intervention à Taipei et
à Paris de personnalités extérieures, comme le Conseiller Culturel de
France Michel Deverge, de mécènes privés et publics ont finalement été
décisives.
Le pont est aujourd'hui achevé. Il nous
conduit sur l'autre rive mais l'autre rive, ce n'est pas nécessairement
le mot de l'autre langue qui va transcrire le mot chinois, ce n'est pas
l'expression qui nous donnera l'équivalent français du chinois. Ce
dictionnaire ne tend pas à "instrumentaliser" la communication, mais bien
à nous transporter dans l'esprit de la langue chinoise en en serrant la
"lettre". On reste dans l'abstraction tant que l'on sépare une
culture de la vie d'une langue.
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