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Contre la précarité
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Le 22 septembre dernier, les 32 partenaires ou mouvements du Collectif des chrétiens contre la précarité se réunissaient à La Plaine St Denis, près de Paris. Les événements du 11 septembre venaient de mettre les projecteurs sur le besoin de faire des choix de société qui puissent éviter de telles violences. La précarité fait bien partie de ces choix de société qui expriment et fomentent la violence. Fort de cette conviction, le CCSC (Comité Chrétien de Solidarité avec les Chômeurs et Précaires) avait invité depuis plus d'un an mouvements ou associations chrétiens à préparer une rencontre, au-delà des chapelles, des confessions ou des sensibilités. 32 ont répondu pour échanger, discerner et envoyer un signe vers la société française. Le CERAS est un des 32 mouvements à avoir répondu positivement et participé de près à la mise en place de cette Assemblée. Plusieurs autres jésuites étaient présents, appelés à participer par l'un des 32 mouvements de ce collectif. La précarité aujourd'hui est hélas multiforme, touche beaucoup de personnes et fait des dégâts considérables. Le monde du travail est frappé massivement à travers le chômage et les contrats précaires ; la citoyenneté est hypothéquée par le déni d'accès au droit de populations entières, notamment celles issues de l'immigration ; les demandeurs d'asile, y compris Yougoslaves, Irakiens ou Afghans, sont poussés à la clandestinité ; la pauvreté de millions de gens jette dans l'incertitude du lendemain des célibataires ou des familles, ruinant toute volonté éducative ou de développement personnel. Bref, devant les 23 propositions préparées par le Collectif, comment choisir trois priorités, et deux appels ? Les 700 personnes présentes ont retenu, dans l'ordre, les trois priorités suivantes : 1. Le Contrat d'activités jeunes Offrir la possibilité à tout jeune entre 16 et 25 ans de signer un Contrat d'activité avec un organisme privé (entreprise ou association) ou public (civil ou militaire). Ce contrat prévoit la présence d'un référent chargé de concevoir, présenter et suivre l'exécution du contrat avec le jeune, un programme d'activité, comprenant des phases de formation, de travail, et de projets personnels et une rémunération minimum (par exemple 305 € par mois) versée par l'Etat. Le renouvellement annuel du contrat est décidé en fonction de la volonté du jeune de le poursuivre et de l'appréciation de l'organisme sur le respect des termes du contrat. Cette priorité a l'avantage du bon sens. Attendre que des jeunes aient 26 ans pour qu'ils bénéficient du RMI n'est pas raisonnable, lorsque le monde des entreprises refuse de jouer le rôle de l'apprentissage pour tous. L'oisiveté ou le sentiment d'être inutile poussent à des dérives ou des délits qu'il vaut mieux prévenir par un contrat social pour cette tranche d'âge. 2. Le droit au travail pour les demandeurs d'asile Rétablir le droit reconnu avant 1991, à savoir autoriser les demandeurs d'asile à accéder à un emploi dès le 6ème mois de leur présence sur le territoire français, jusqu'à réponse à leur demande. La présence des " Sans papiers ", notamment de ceux qui sont demandeurs d'asile, est un fait et le restera pour des années encore. Ajouter à une précarité identitaire une précarité économique n'est pas très chrétien et de plus hypocrite car la société économique fait travailler les sans papiers. 3. Indice de valeur sociale des entreprises (dit CAC social) Créer dans chaque entreprise (notamment les plus grandes) un " indice de valeur sociale IVS " destiné à faire connaître publiquement la façon dont les hommes y sont traités et comment ceux-ci sont partie prenante des résultats obtenus ou de leur redistribution. Malgré les insuffisances que l'on peut reprocher à l'élaboration de ce type d'indice, les excès outranciers de la spéculation boursière ont fait voter cette troisième priorité. Si cet indice est une réponse insuffisante, ce vote a au moins le mérite de pointer sur des causes profondes de la destruction symbolique des deux tours du Centre du Commerce Mondial de New York. Après avoir choisi trois propositions estimées prioritaires pour notre société française, deux appels ont été votés. Les appels voulaient que les personnes présentes s'engagent sur des comportements qui sont à la portée de chacun, dans sa vie quotidienne. En somme compléter des axes prioritaires par une attention quotidienne à ce qui peut changer la vie et faire progresser la réalisation des priorités évoquées ci-dessus. Appel 1 : Au travail faire la place aux chômeurs et aux précaires : Nous demandons à toutes les personnes au travail, quel que soit
le niveau de leur responsabilité de : Appel 2 : Refuser le travail au noir : Sauf en cas d'entraide manifeste à apprécier en conscience, nous demandons à tous les employeurs, professionnels ou particuliers, de s'interdire le recours au travail au noir. Au delà de leur intérêt immédiat, il s'agit par ce geste d'exprimer son respect pour la dignité de la personne employée, mais aussi sa solidarité avec un régime social qui a besoin du soutien de tous les acteurs pour assurer au mieux sa mission d'insertion des personnes en difficulté. Chacun est ainsi renvoyé à faire reculer la précarité avec les moyens dont il dispose, et à faire œuvre de citoyen en prenant des positions pour orienter la vie économique et politique. Ces priorités peuvent aussi éclairer nos choix électoraux à partir d'un consensus de mouvements d'Eglises et organisations chrétiennes aussi différents que l'ACI, le CMR, les scouts de France, le MCC, la CFTC ou l'Armée du Salut. Ce n'est pas rien. Après avoir décidé de se retrouver de nouveau, d'interroger les futurs candidats aux élections de 2002 sur ces priorités, et de rester en état de veille contre la précarité, les participants ont achevé leur journée par une prière œcuménique. Un participant enthousiaste Lucien DESCOFFRES |