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congrès-colloque
Saint Hilaire de Poitiers

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Pour vous donner un bon aperçu de ce qui sera débattu dans ce colloque, voici un court extrait de ce qui sera proposé...

Quand Hilaire, devenu évêque de Poitiers depuis 350, entre dans le combat contre les mouvements arien, quelles sont les armes dont il dispose ? Quels sont les manques dont il risque de souffrir ?

 

Congrès-colloque des Sources Chrétiennes (Poitiers novembre 2002)
sur le Père de l'Église
HILAIRE DE POITIERS (315-367)
auteur d'un des plus anciens traités chrétiens sur la Trinité.

Rappel du contexte historique

  • pour entrer dans la compréhension de la doctrine chrétienne du Dieu Un en trois Personnes, la seule explication scientifique et rigoureuse passe par l'histoire des contestations dont elle a été l'objet et du profit que les chrétiens ont tiré de ces contestations pour préciser leur foi et en comprendre mieux les fondements dans l'Écriture sainte et dans la culture humaine.

  • C'est au IVe siècle, avec ARIUS et ses disciples, que la contestation a été la plus décisive et la plus claire concernant la Trinité. Le mouvement arien s'est développé à partir de 320, dans la paix religieuse procurée par les décrets de CONSTANTIN et LICINIUS, jusqu'à sembler submerger l'Église, surtout dans ses hautes sphères religieuses et politiques, vers360. Ce mouvement diffère du gnosticisme qui a prévalu au IIe et IIIe siècle en qu'il reconnaît la divinité réelle de Jésus Christ ; mais il introduit une gradation dans la divinité, réservant au seul Père, inengendré d'être le seul Dieu au plein sens du terme ; le Fils, étant engendré, vient après le Père, bien qu'avant la création du monde. C'est à ce prix que les ariens pensent sauvegarder l'unité de Dieu, à laquelle les chrétiens, à la suite des juifs, ne peuvent pas ne pas adhérer.

  • Au premier concile universel, réuni par CONSTANTIN à Nicée, en 325, les pères conciliaires rejettent la doctrine d'Arius par une formule célèbre : " Celui qui dit qu'il y avait un temps où le Fils n'était pas, qu'il soit anathème ". Était aussi condamnée cette autre formule plus tranchée : " Avant de naître le Fils n'était pas " [c'est-à-dire que le Fils n'est pas Fils de toute éternité]. En même temps le concile proposait une terminologie pour préciser le problème : les mots " substance " et " hypostase " entrent alors dans le vocabulaire de la doctrine chrétienne.

  • Sur la base de Nicée, les responsables de l'Église se divisent en quatre orientations. Les uns acceptent Nicée, à la fois le fond et la terminologie : le Fils est dit de " même substance "que le Père (" homoousiens "). Les seconds acceptent le fond de Nicée, mais pensent qu'il faut dire le Fils d'une " substance semblable (" homéens ") La quatrième, que le Fils n'est " pas semblable " au Père ((" anoméns "). On peut dire que les deux premières sont orthodoxes en ce qu'elles reconnaissent une égalité substantielle entre le Père et le Fils ; les deux dernières ne le sont pas en ce qu'elle n'arrive pas à vraiment admettre que le Fils est exactement Dieu comme le Père est Dieu. Là est la subtile différence au sujet de laquelle la foi peut basculer.

Les atouts et les manques d'HILAIRE DE POITIERS
dans le combat pour la doctrine trinitaire

  • HILAIRE, né dans le paganisme, a étudié à Bordeaux, ville qui deviendra bientôt illustre en Gaule pour la qualité de la formation qu'on y reçoit. Le poète AUSONE y enseignera vers la fin du IVe siècle. Il a appris à posséder toute la culture latine ; celle-ci depuis CICERON s'est enrichie de l'héritage grec, mais a gardé son attachement à l'aspect juridique et moral du savoir. Les latins ont été ainsi en mesure de fonder une unité universelle de civilisation - l'empire -, alors que les Grecs en sont restés à mettre en oeuvre les bases diversifiées d'une culture universelle. C'est ce qui donne à la littérature latine un aspect stoïcien. Mais le trait de mentalité est plus large. Hilaire a surtout fréquenté CICERON, mais aussi SENEQUE et QUINTILIEN, les historiens, TITE LIVE et TACITE, et aussi les poètes, mais ceux-ci plus comme un ornement. Hilaire s'attache surtout à des maîtres de pensée.

  • HILAIRE est un bûcheur. Sa conversion est appuyée par la lecture des documents les plus forts de la foi chrétienne.
    - Il défonce la Bible, Ancien et Nouveau testament. Il est le premier commentateur latin de l'Évangile de saint Matthieu (Sources chrétiennes nos 254 et 258). Il a aussi commenté les Psaumes, au moins 58, en cours d'édition ( ainsi pour le Psaume 118, Sources Chrétiennes nos 344 et 347). Il a publié une méthode d'exégèse, le Traité des mystères (Sources chrétiennes n° 19 bis).
    - Il se met au courant des Pères de l'Église latins qui l'ont précédés : IRENEE DE LYON († après 200), TERTULLIEN († après 220), CYPRIEN († après 220, NOVATIEN, auteur du premier traité sur La Trinité, bien moins gros que celui d'Hilaire († vers 258).
    - Il met à profit son temps d'exil en Orient (356-359), pour se former sur ces deux terrains de l'exégèse biblique - travail sur ORIGENE, le grand exégète d'Alexandrie († 253/254) -, et de la littérature ecclésiastique ; même s'il est discret sur ses emprunts, comme bien souvent les auteurs de l'Antiquité, on décèle chez lui des traits communs avec d'EUSEBE D'EMESE († vers 359) et d'ATHANASE, qui combat le même combat que lui, à partir de l'Orient, et est exilé en Occident ; il ne semble pas que les deux hommes se soient rencontrés. Il se rend ainsi capable d'écrire plusieurs travaux historiques, extrêmement documentés et fournissant beaucoup de textes, sur la crise arienne, en particulier Sur les synodes, c'est-à-dire mes réunions d'évêques, fort nombreuses, qui ont tenté de résoudre la crise après le concile de Nicée (325) jusqu'au concile de Constantinople 1 (381).

  • HILAIRE bénéficie d'une terminologie latine plus précise, depuis TERTULLIEN, pour désigner ce que sont le Père, le fils et l'Esprit dans le tout de l'unité divine : le mot PERSONNE, plus clair que le mot HYPOSTASE (voir le résumé ci-dessus, § 4.), employé par les Grecs. Il a aidé ainsi à bien distinguer ce que désigne la SUBSTANCE ou l'ESSENCE (= par exemple la nature de tout homme), de la PERSONNE ou HYPOSTASE (= l'individu qui possède cette nature, cet homme-là). Cette distinction a été très utile pour parvenir à comprendre comment il n'est pas déraisonnable que le Dieu un et unique, en son essence ou sa substance, se présente en trois individualités, ou personnes, une fois que la Révélation fait connaître cette triple présentation dans les Livres saints.

  • Enfin HILAIRE est un homme de caractère, doué pour la négociation. Il ne recule pas devant l'autorité impériale au concile de Béziers ; on sait que CONSTANTIN et ses descendants, sont de tendance pro-arienne, dans l'espoir qu'une voie moyenne dans la foi facilitera l'unité de l'Empire. HILAIRE luttera avec la dernière énergie pour la liberté de l'Église en matière doctrinale par rapport à l'ÉTAT. On a de lui un Contre Constance (Sources Chrétiennes n° 334) ; avec une franchise extrême, il reproche à l'empereur non d'avoir été trompé, mais d'avoir, alors qu'il est chrétien, sciemment menti à l'Église et d'être ainsi devenu un antéchrist. Le même HILAIRE a accueilli Martin et lui a donné d'ouvrir à 20 kilomètres de Poitiers, à Ligugé, le premier monastère de l'Ouest de la France.

Pour aller plus loin...

Voici quelques lignes extraites du début du livre I de La Trinité. C'est ce qu'on a appelé "confessions " d'HILAIRE, par allusion aux Confessions de saint AUGUSTIN. C'est une autobiographie réfléchie, bien dans le style de l'évêque de Poitiers. Le premier passage décrit le moment naturel de la conversion ; le second, l'accomplissement inespéré dans la connaissance de la Trinité.

 

Mon âme avait hâte de faire plus que ce dont on ne saurait s'abstenir sans accumuler crimes et douleurs. Elle voulait connaître ce Dieu auteur d'un tel bienfait, à qui elle se devait tout Mon âme avait hâte de faire plus que ce dont on ne saurait s'abstenir sans accumuler crimes et entière, dont le service, à son avis, l'ennoblirait, à qui elle rapporterait tout ce qu'imaginait son espérance, dans la bonté duquel elle se reposerait, au milieu de tant d'affaires et de maux actuels, comme un port très sûr et amical. Le comprendre ou du moins le connaître, voilà donc ce qu'elle désirait avec une brûlante ardeur (Sources Chrétiennes n° 443, p. 207).

Mon âme était accablée de crainte en partie pour elle-même, en partie pour son corps (…) Or voici qu'après avoir fait la connaissance de la Loi et des prophètes, elle vient à connaître aussi les leçons de l'enseignement évangélique et apostolique telles celles-ci : " Au commencement état le Verbe, et e Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu (…) " L'esprit progresse au-delà de ce que comprend l'intelligence naturelle il lui est enseigné sur Dieu plus qu'il n'en pressentait. Il apprend que son Créateur est un Dieu issu de Dieu ; il entend parler de Verbe qui est Dieu et qui est auprès de Dieu dès le commencement (Ibid., p. 221).

 

Voici maintenant deux extraits du Contre Constance II. Dans l'un on voit monter l'accusation d'être un antichrist. Dans le second, c'est la tromperie qui est stigmatisée. Dans les deux cas, quelle liberté à l'égard du tenant du pouvoir impérial. N'oublions pas que CONSTANCE est un chrétien, et c'est à ce titre que, techniquement parlant, il peut être appelé un antichrist, c'est-à-dire quelqu'un qui s'oppose au Christ en connaissance de cause.

 

Puis tu as porté main ta guerre jusqu'à Rome, tu en as arraché l'évêque et, ô misérable ! je ne sais si tu as été plus impie en le reléguant ou en le renvoyant chez lui. Et -ensuite, contre l'Église de Toulouse quelles fureurs tu as exercées ! Clercs roués de coups de bâton, diacres meurtris par le plomb des fouets ; et - que les saints comprennent comme moi ! - sur l'oint même du Seigneur on a porté la main. Si mes paroles sont mensongères, Constance, tu es une brebis ; mais si tels sont tes actes, tu es un Antichrist (Sources chrétiennes n° 334, p. 191-193).

Comment donc qualifier la fourberie de ta profession de foi qui prétend que " le Fils est semblable au Père selon les Écritures ",alors que c'est seulement l'homme qui a été fait à l'image et à la ressemblance de Dieu ? Pourquoi cette ruse menteuse, pourquoi ne pas dire, d'une façon orthodoxe que " le Fils est égal à Dieu " ? Car c'est cela qui est conforme aux Écritures (ibid., p. 211).

 

Questions
1. Quelle progression percevez-vous dans la connaissance de Dieu entre le premier et le second texte ?
2. A propos du troisième texte, quel est le scandale particulier propre à la persécution conduite par Constance par rapport à celle, par exemple, de Dioclétien, qui est un païen ?
3. A propos du quatrième texte, appréciez la finesse du discernement qui permet de ne pas être trompé par les manoeuvres de mauvaise politique religieuse de Constance II.

VOUS AUREZ CES RÉPONSES AU CONGRÈS-COLLOQUE DE POITIERS,
DES 15-17 NOVEMBRE 2002 :

Avec La Trinité d'HILAIRE DE POITIERS : l'homme et Dieu au IVe et au XXIe siècle.

Pour connaître :
comment Hilaire de Poitiers participa au dénouement durable de la crise arienne

 

Tous renseignements à
l'Association des amis de Sources chrétiennes (AASC)
29, Rue du Plat, 69002 LYON.
Par téléphone le matin : 33.(0)4.72.77.73.50.
Télécopie : 33.(0)4.78. 92.90.11.
sc@univ-catholyon.fr

  Pour en savoir plus :
- Dieu est partout, un texte de saint Hilaire
- sur les Sources Chrétiennes
- sur le colloque
- sur les écrits d'Hilaire de Poitiers
- sur la magnifique église Saint-Hilaire à Poitiers
 

 

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