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Après les élections présidentielles

  Le Provincial de France, Jean-Noël Audras, s'est adressé par écrit à l'ensemble des jésuites de la Province entre les deux tours des élections présidentielles. Voici l'intégralité de son message daté du 4 mai 2002.  
 

Ce message arrivera dans les communautés jésuites après le second tour des élections présidentielles. Les résultats du premier tour posent une question sur le jugement politique et sur la façon dont il se réfère aux valeurs essentielles de respect de l'homme et d'ouverture à la différence. L'engagement collectif - dont fait partie l'engagement politique - et l'engagement social de longue durée ne sont plus à la mode et laissent souvent la place à des réactions de générosité qui sont un point de départ sans lendemain: la flamme s'allume mais elle s'éteint vite. Le Père Général insiste souvent sur notre engagement pour la justice. Ces circonstances nous appellent à nous interroger sur nos paroles et nos actes dans le domaine politique et sur ceux de nos amis. Ce n'est pas une question parmi d'autres : elle concerne l'esprit de notre pays et de ses citoyens.

Des revues, celles de la Province de France et d'autres dans lesquelles certains de ses membres écrivent, accomplissent un véritable travail de formation civique. Un grand nombre de sessions, de conférences, de soirées débats organisées dans le cadre d'institutions de la Compagnie - centres, collèges, écoles d'ingénieurs et autres - poursuivent le même but. Une Université d'été, La Politique, une bonne nouvelle, proposée à La Baume tous les deux ans par un pôle de groupes et mouvements dont le CERAS est le leader, donne une formation à des jeunes adultes qui sont déjà engagés ou veulent s'engager en politique. N'est-ce pas être "contre culturel" comme la dernière congrégation générale nous y invite, que de travailler à ce que chaque citoyen de notre pays soit davantage éclairé et responsable dans ses choix politiques et pour que certains s'engagent sur ce terrain difficile? Il y a urgence à cela.

Nous ne pouvons prendre la situation présente à la légère; nous ne devons pas oublier vite ce qui s'est passé. Pour un chrétien, des choix sont possibles, d'autres ne le sont pas. Pour être éclairés, nous avons à notre portée assez de commentaires, de réflexions, qui, dans leur diversité, convergent dans la dénonciation de thèses incompatibles avec les valeurs évangéliques. Que pouvons-nous faire pour que, durablement, les citoyens de notre pays soient plus attentifs à ces valeurs et s'y réfèrent clairement et explicitement dans leurs choix? La politique nous fait peur. En outre, la tradition de la Compagnie nous invite à avoir les uns avec les autres une attitude de respect profond quand nous parlons de ces questions, en sorte que, si nous sommes divers, l'union fraternelle ait le dernier mot. Comme religieux, il ne nous revient pas de nous engager dans un parti politique. En revanche, ce souci des valeurs est le nôtre. Puissions-nous trouver comment, dans les institutions où nous sommes envoyés, dans nos divers ministères, dans nos relations quotidiennes, nous pouvons travailler à ce que se forme chez le plus grand nombre de nos concitoyens une conscience politique éclairée, de sorte que la Politique soit pour notre pays une " bonne nouvelle "!

Jean-Noël AUDRAS, s.j.
Provincial de France, 4 mai 2002

 

 
>>> Pour télécharger ce message en format texte (.rtf), cliquez ici.
 
Sur le même thème, voir aussi : Faire de la politique "en chrétien" ?