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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (décembre 2002)
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A voir également :
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (novembre 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2002)
-
Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (avril 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars2002)

- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2002)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (décembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (novembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (septembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (août 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2000)

 

 

 

 

 

 

 

 

États-Unis : lettre de la Conférence jésuite
                                               au Président George W. Bush

Monsieur le Président :
Nous vous écrivons en tant que Conseil de présidence de la Conférence jésuite de la Compagnie de Jésus des États-Unis. Aujourd'hui, il y a environ 4000 jésuites américains qui travaillent tant dans des projets à l'étranger qu'aux États-Unis. Ceux-ci comprennent : 28 Universités et collèges affiliés jésuites; 60 écoles secondaires ou lycées affiliés aux jésuites; près de 100 paroisses jésuites; ainsi que de nombreux programmes sociaux à travers le pays. Nous souhaitons vous faire part de nos prières et de notre appui suite à l'attaque sans précédent du 11 septembre à l'encontre de notre pays.
Comme l'a déclaré la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, notre gouvernement a le droit et l'obligation morale de défendre le bien commun contre toute agression. La nature unique de la menace terroriste, qui semble ignorer le caractère sacré de la vie humaine, peut nécessiter une réponse militaire modérée, qui ne devrait être poursuivie qu'après que tous les efforts diplomatiques aient été épuisés. Nous espérons que cette réponse prendra en considération les principes suivants, puisés à même la tradition de la morale catholique :
- Qu'une attention particulière soit apportée à la protection des innocents, y compris le droit des réfugiés de chercher asile au-delà des frontières internationales. Notre Service Jésuite des Réfugiés (JRS) est prêt à apporter son aide à votre administration en fournissant une assistance humanitaire aux personnes déplacées par la crise.
- Que la réponse soit proportionnelle à l'attaque afin qu'il soit clair que nous recherchons la justice et non pas la vengeance.
- Qu'une réponse militaire générale indiscriminée soit évitée.
- Que les propositions législatives spécifiques élaborées afin d'identifier et poursuivre les personnes soupçonnées de terrorisme sur le sol américain ne contreviennent pas aux droits civils et constitutionnels avec des mesures telle la détention indéfinie des immigrants non incriminés.
- Que notre gouvernement examine de façon radicale les racines de la souffrance et de la colère au Moyen Orient.
- Que nous respections et utilisions les structures et les normes du droit international et des droits humains.
Et pour terminer, nous prions pour vous et pour notre pays en cette heure difficile de notre histoire nationale. De même, à la lumière de l'enseignement de Jésus Christ, nous prions aussi pour nos ennemis.

La lettre est signée par le Président de la Conférence jésuite ainsi que par les Provinciaux des dix Provinces jésuites américaines. Voir le site.

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Europe centrale et orientale : une transition économique vers quoi ?

Cela fait maintenant dix ans que l'Europe centrale et orientale est passée d'une économie planifiée pendant le régime communiste à une économie de marché. Quelle direction cette transition prend-t-elle ? Est-ce qu'elle promet un développement durable ? Comment les jésuites peuvent-ils accompagner cette " exode " ? La transition vers une économie de marché reste encore en grande partie inachevée. La corruption, le chômage élevé ainsi qu'un processus de privatisation au profit de la vieille nomenclature font partie de la vie quotidienne. Certains pays sont entrés dans un processus global de croissance et, au cours des deux prochaines années, deviendront membres de l'Union Européenne. Alors que d'autres pays, tel la Roumanie, font face à d'énormes difficultés économiques et risquent l'exclusion totale. Vingt jésuites engagés dans l'apostolat social dans neuf pays de cette partie de l'Europe se sont rencontrés à Opatija (Croatie) du 31 octobre au 3 novembre dernier, afin d'étudier et d'analyser le coût social de cette transition économique pour leurs pays. Les participants ont énormément appris sur les similarités et les réalités proches de chez eux. " Nous avons besoin de penser et de rêver ensemble ", a dit un participant. Cette rencontre a aidé à renouveler la foi dans notre mission d'être un signe de la présence de Dieu ainsi qu'une " voix " pour les personnes qui souffrent. Plusieurs ont souligné l'importance d'apporter une attention particulière aux jeunes afin de leur offrir des valeurs telles la réconciliation, là où le nationalisme a apporté la haine et la division, la solidarité et la capacité à partager, là où la pauvreté a enlevé tout espoir dans l'avenir.

Coordonnateur en Europe centrale et orientale : Robin Schweiger SJ

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La conférence de Kyoto et l'Église.

Le climat change à cause des interventions humaines. Aucune réduction substantielle des émissions d'anhydride carbonique n'est survenue. En Asie il y a eu 18 fois plus de désastres naturels dans les années 90 que dans les années 70. Leur impact met l'agriculture à dure épreuve et menace la sécurité alimentaire. Au Bangladesh, à cause du niveau très bas du littoral, de la grande densité de sa population et de sa dépendance économique sur l'agriculture, la vie des gens ainsi que leurs moyens d'existence sont menacés par de fréquents cyclones et les effets qui y sont associés, tel l'intrusion de l'eau salée qui rend la terre inculte. En Asie et en Afrique, la malaria refait une apparition en force au fur et à mesure que les températures augmentent. Des délégués de plus de 150 pays ont participés à la huitième session de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC, New Delhi, 23 octobre - 1 novembre) pour mettre au point les engagements du Protocole de Kyoto. Durant la conférence, la question débattue était : " qui doit faire quoi et dans quelle mesure ? ". Le Canada venait en tête avec la plus importante contribution financière à ce jour. Mais plusieurs zones d'inquiétude demeurent : les crédits pour la réduction des émissions de gaz demeurent le point le plus faible ; le plus gros pollueur, soit les États-Unis, n'a toujours pas ratifié le Protocole de Kyoto ; le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), un fonds général crée par les signataires, n'a pas assez d'argent pour boucler son budget. Certains revendiquent que les agences responsables de la gestion du FEM (comme la Banque Mondiale) ont retardé les projets à cause de leurs préjugés. Sans alternative, le CCNUCC reste de loin le meilleur espoir pour l'ensemble des pays de s'unir, de mettre de côté leurs différences et d'aller de l'avant, avant que des catastrophes sans précédent ne ravagent la terre. " Nulle organisation ou pays ne connaît aussi intimement que l'Église la souffrance des gens ", affirme Robert Athickal SJ, le représentant du Vatican à la Conférence. " Tout comme l'Église reste la première à offrir secours et assistance, il demeure tout aussi important de négocier avant que la catastrophe ne frappe ". Le Saint-Père a souvent insisté sur l'importance d'une spiritualité écologique pour notre temps.

Contact : Robert Athickal SJ

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Zimbabwe : qui contrôle les ONG ?
                           par Edward Rogers SJ

Selon une tradition de longue date, des ONGs actives et de tous genres sont présentes au Zimbabwe. Certaines ont été financées directement par l'étranger sans passer par l'État, comme c'est le cas généralement. Un projet de loi du gouvernement du Zimbabwe menace de mettre un terme à cette pratique. Toutefois, celui-ci devrait distinguer entre les ONGs qui aident les partis d'opposition et la majorité des ONGs. La loi requiert déjà que les ONGs soumettent leur constitution afin qu'elle soit approuvée et celles-ci doivent présenter annuellement des comptes vérifiés au registraire. Les ONGs qui enfreignent la loi peuvent perdre leur enregistrement ou être poursuivies légalement. Elles ne doivent en aucun cas être engagées dans un parti politique. Les organisations pour la défense des droits humains sont dans une situation difficile puisqu'elles doivent dénoncer les violations des droits humains commises soit par le gouvernement ou les partis d'opposition. Pendant le régime de Ian Smith, la Commission " Justice et Paix " de l'Église catholique a publié des rapports sur les atrocités et, au début des années 80, le président actuel Robert Mugabe, a fait l'éloge de la Commission pour sa prise de position. Il a remercié la Commission et a ajouté : " nous espérons que vous nous critiquerez aussi, si nous errons à notre tour ". L'association nationale des ONGs (NANGO) élabore en ce moment un code d'éthique pour ses organisations et elle espère le mettre en pratique très bientôt. Le gouvernement devrait faire preuve d'ouverture envers le travail des ONGs qui ont grandement contribué au développement du pays et être prêt à collaborer avec celles-ci plutôt que de légiférer de façon à restreindre leur travail auprès des personnes en besoin.

L'auteur, Edward Rogers SJ, est le coordonnateur des projets de la Compagnie contre le SIDA au Zimbabwe.

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Forum social européen : une solidarité sans rhétorique.

Un demi-million de personnes a manifesté pour la paix à Florence le 9 novembre dernier, pendant les cinq jours du Forum social européen, une assemblée d'associations et de mouvements qui s'opposent à la guerre et au processus actuel du développement mondial. Plusieurs religieux et religieuses, y compris sept jésuites, ont participés. Suite à Porto Alegre et Johannesburg, c'était un pas de plus pour la société civile. Une assemblée semblable se tiendra à Hyderabad (Inde) en janvier 2003 à l'occasion du Forum social asiatique. Les Forums ne sont pas que des discussions véhémentes et il existe une relation étroite et créative entre le silence, la promotion de la justice et le respect des différences. Dans la forteresse où les discussions et les débats eurent lieu, les religieux offraient un "lieu de silence" où les personnes pouvaient méditer et se souvenir de tous les sans voix qui ne peuvent dénoncer l'exploitation dont ils sont victimes. Le silence est devenu réflexion, une façon efficace et sans violence de dénoncer l'injustice. "Au-delà des différences sociales et politiques des participants, j'ai ressenti une atmosphère qui était chrétienne au sens large", nous confie Fausto Gianfreda SJ. "Un christianisme sans rhétorique est l'expression d'une vie authentique marquée par des choix quotidiens simples et une solidarité avec les pauvres".

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SPÉCIAL : ZLEA, nouvel appel des jésuites à des évènements mondiaux.

Alors que les ministres de 34 pays américains se rencontraient en octobre à Quito pour conclure les négociations sur l'Zone de Libre Échange des Amériques (ZLEA), un groupe de onze jésuites de l'Amérique Latine se réunissaient aussi dans la capitale équatorienne. Avec d'autres religieux et collaborateurs laïcs, ils participèrent à des activités organisées par des groupes de la société civile dans le cadre d'une "Rencontre Continentale".
Ces activités comprenaient des discussions sur la ZLEA et Johannesburg, l'Église et la ZLEA, l'engagement de l'Église brésilienne dans le plébiscite national sur la ZLEA. Les jésuites présentèrent les ravages du néolibéralisme sur les familles d'émigrés et ils participèrent à une messe en plein air pour célébrer l'arrivée de nombreux indigènes qui avaient marché pendant des jours pour arriver à Quito. Les indigènes considèrent la ZLEA un danger pour leurs économies agricoles et une menace pour les récents progrès dans la revendication de leurs terres ancestrales. Les jésuites se sont unis à eux pour la marche de protestation, contraints à 'verser des larmes' quand la police a dispersé les manifestants avec des gaz lacrymogènes.
Dans ce contexte, le groupe a analysé les effets de l'ALENA, un traité en vigueur depuis 1994 entre États-Unis, Canada et Mexique, sur la situation mexicaine. La ZLEA est en effet une extension de l'ALENA au continent tout entier. Le gouvernement mexicain soutient que grâce aux nouveaux postes de travail engendrés par l'ALENA, le revenu par personne a augmenté et, en même temps, les consommateurs paient moins cher les céréales grâce à la chute des prix. Ce que le gouvernement mexicain ne dit pas, c'est que, en fin de compte, l'ALENA n'a contribué ni à créer de nouveaux emplois, ni à en améliorer la qualité. Dans le secteur manufacturier (y compris les infâmes " maquiladoras " - usines d'assemblage de propriété étrangère), où la croissance de la productivité a été la plus forte et qui contribue pour 87 pour cent aux exportations totales, l'occupation aujourd'hui est de 9 pour cent inférieure par rapport à la période précédent l'ALENA. De grandes entreprises importent maintenant leurs composants, au lieu de recourir à la production de petites entreprises locales qui, par conséquent, ont fermé. La croissance macro-économique a été accompagnée de croissantes inégalités, qui auraient généré une explosion sociale s'il n'y avait les 9 milliards de dollars américains que les émigrés mexicains envoient chaque année chez eux. Ces versements constituent maintenant la deuxième source d'entrée de devise étrangère après les exportations de pétrole. Les prix des céréales ont réellement chuté à partir du moment où deux millions et demi de cultivateurs de maïs, dont les terrains couvraient 60 pour cent des terres cultivables, ont vu leurs marchés inondés par le maïs importé à des prix inférieurs et produit par les États-Unis avec les subsides agricoles.
Avec une analyse comme celle-là, la Compagnie de Jésus apprend à répondre aux événements mondiaux de manière coordonnée, flexible et compétente, selon l'esprit ignatien de discernement.
Un défi ultérieur est celui de communiquer de manière diffuse, au sein de la Compagnie comme en dehors, la perspective de ceux qui subissent directement les conséquences de l'ALENA, et faire avec eux l'expérience de la vulnérabilité face aux forces qui la promeuvent. "L'individu est souvent écrasé aujourd'hui entre les deux pôles de l'État et du marché. En effet, il semble parfois n'exister que comme producteur et comme consommateur de marchandises, ou comme administré de l'État" (Jean-Paul II, Centesimus Annus, n. 49c). Faisant partie d'un plan pour renforcer le secteur social en Amérique Latine, une analyse profonde des ombres et des lumières des mouvements sociaux aidera à dessiner une stratégie créative et pertinente.
Les réponses individuelles à de tels événements mondiaux sont souvent peu efficaces. L'expérience des jésuites à Johannesburg a aidé à tracer les lignes d'une nouvelle manière de procéder dans le secteur social. Des nouveautés importantes furent la formation d'une communauté avec une mission temporaire, mais concrète, et le fait de vivre les événements aux côtés des mouvements populaires.

Coordonnateur du groupe : Rafael Moreno Villa SJ

 

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