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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus dans le monde (novembre 2002) |
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En décembre 1998, les Khmers rouges ont déposé leurs armes et se sont rendus aux autorités gouvernementales, mettant ainsi un terme à la guerre au Cambodge. Le Cambodge a maintenant besoin de reconstruire et de rééduquer, mais il a aussi besoin de solidarité, d'amitié et d'amour. Chaque Cambodgien a été affecté par la guerre et chaque famille compte un ou plusieurs membres en exil, mutilé ou mort. La menace posée par les mines anti-personnelles et le manque de vaccinations a un impact profond sur l'ensemble du pays. Mais un espoir nouveau se lève : les champs, les rues et les marchés sont remplis d'enfants. La moitié de la population est âgée de moins de quinze ans. Le Cambodge est un pays de contrastes. À côté des cafés Internet, des bars karaoké et des derniers téléromans latino-américains télévisés, nous trouvons les chars tirés par les buffles et le riz se plante encore à la main. Les industries nécessitant un travail à la chaîne intensif, comme celles du textile, ont fait leur apparition en masse. Les anciens temples de Angkor Wat attirent un très grand nombre de visiteurs, tout comme les casinos, les bars et le faible coût de la vie. Le trafic et l'abus des enfants par l'industrie du sexe est un scandale et le Cambodge est maintenant le pays asiatique le plus affecté par le VIH. Lorsque nous évangélisons le Cambodge, nous n'apportons pas la Bonne Nouvelle comme on apporterait le journal de la capitale en province. La Bonne Nouvelle était ici bien avant. Nous aidons à la reformuler, mais elle vit bel et bien à travers des événements historiques ainsi que dans les sacrements que sont les vies de gens très simples. Il faut de la joie, du travail d'équipe et une suspension de tout jugement. Il doit y avoir un pardon sans cesse renouvelé, même sans comprendre complètement, et une recherche généreuse de ce qui est positif. Au coeur des situations les plus complexes nous devons rester ouverts à cette étincelle, ce petit quelque chose de différent. Certains des problèmes ne peuvent avoir une autre solution que celle de vivre ensemble et d'y faire face ensemble. Mgr Enrique Figaredo SJ est le Préfet apostolique de Battambang. |
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"Justice et Paix" en France soulève des questions sur la légitimité
de la guerre contre l'Iraq proposée par les États-Unis. "Certaines guerres
éclatent par surprise, prenant tout le monde au dépourvu", affirme Justice
et Paix dans sa Lettre d'octobre, "alors qu'en ce qui concerne les plans
d'action militaire contre l'Irak, on peut franchement parler de 'chronique
d'une guerre annoncée'" qui offre le temps et la sérénité d'esprit nécessaires
pour peser les arguments justifiant telle ou telle forme de réaction.
S'agit-il d'une menace grave que seule une action militaire pourrait
Secrétaire national de Justice et Paix (France) : Christian
Mellon SJ |
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Au Congo occidental plusieurs groupes armés se livrent à des atrocités et répandent la terreur dans la ville de Kisangani. Deux ans après les massacres commis par les armées ougandaise et rwandaise où près de 500 personnes avaient été tuées, la population continue sa montée au calvaire. Le massacre de 14 civils le 14 mai 2002 (sous les yeux des casques bleus de la mission de l'ONU au Congo, MONUC, qui n'est pas intervenue) démontre la cruauté qui caractérise ceux-là mêmes qui se déclarent les libérateurs du peuple. La population s'enfonce à présent dans une passivité terrifiée et sans précédent. À la lumière de l'Évangile, l'Église tente de rendre témoignage " en actes et en vérité " en suivant les pas du Christ ressuscité, notre véritable libérateur. Seul l'amour peut libérer une société de la violence. Donner sa vie pour cet idéal n'est pas facile lorsque son opposant n'a qu'une arme comme argument. Les groupes armés s'attendent à ce que l'Église reste passive et les laisse continuer leur sale besogne. Mais la mission que nous avons reçue du Christ exige que nous soyons des témoins prophétiques afin que nous puissions représenter la conscience et l'espérance du peuple. Chaque jour des personnes meurent aussi du SIDA. L'Église ne fait pas la sourde oreille mais ne sait pas trop quoi faire. Dans la paroisse du Christ-Roi on discute ouvertement du SIDA et les jésuites rassemblent toutes sortes de données sur le SIDA et les comportements sexuels. Ceci fait partie d'un effort international tel que le Réseau jésuite africain contre le SIDA Contact dans la paroisse du Christ-Roi : Séverin Mukoko SJ |
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K. M. Matthew SJ, professeur de botanique et directeur de l'Institut d'histoire naturelle Anglade de Shembaganur (Tamil Nadu) a reçu deux prix pour son travail de recherche. Il a été élu membre étranger de la Linnean Society de Londres (la plus ancienne société d'études biologiques du monde et aujourd'hui forum de premier plan pour les discussions sur la génétique et l'histoire naturelle). La Linnean Society a décrit le P. Matthew comme étant " le taxonomiste indien le plus productif de tous les temps " et a fait part de son appréciation pour ses recherches conduites à l'Herbarium Rapinat qu'il a fondé). Le ministère de l'environnement de l'État de Tamil Nadu a lui aussi récompensé le P. Matthew pour sa contribution à la campagne de sensibilisation environnementale de l'Institut Anglade, qui durant les 18 dernières années a tenu des cours de formation de trois jours complètement gratuits pour environ 56000 personnes. Directeur de l'Institut Anglade et de l'Herbarium Rapinat : K. M. Matthew SJ |
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Alors que la richesse économique des dix-sept régions d'Espagne a augmenté au cours de la dernière décennie, les disparités ont fait de même puisque la nouvelle richesse est concentrée dans les régions plus dynamiques (Madrid, Nord-est et Méditerranée). Ceci est devenu particulièrement évident dans le monde de l'emploi et celui des technologies de l'information. Le Rapport Espagne 2002 (Informe España 2002, Madrid, pp. 620, 25 Euro) analyse la décentralisation espagnole à la fois du point de vue des nouvelles exigences gouvernementales et de celui des disparités régionales grandissantes. Le rapport de l'année dernière abordait l'exclusion sociale en analysant les différents groupes sociaux (immigrants, personnes âgées non autonomes, habitants des quartiers défavorisés, handicapés), alors que le Rapport 2002 étudie les différences entre la qualité de vie de ces personnes et celle de la population espagnole dans son ensemble. La Fondation "Encuentro" publie son rapport chaque année, interprétant les réalités sociales et en particulier les processus d'inclusion et d'exclusion. Le Rapport cherche les implications humaines au-delà des données purement économiques, tout en incluant une annexe statistique très complète. "Grâce à notre équipe de spécialistes et de personnes engagées dans le monde des affaires, de la politique et des syndicats", affirme le président de la Fondation, José María Martín Patino SJ, "nous analysons les questions les plus pressantes de notre société, mais sans perdre de vue l'ensemble de l'Europe et le reste du monde. Les conversations et débats entre dirigeants de notre société ont davantage d'influence que des cours ou des traités théologiques". Président de la Fondation Encuentro : José María Martín Patino SJ |
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SPÉCIAL : la ZLEA, menace ou opportunité ? Les ministres du commerce de tous les pays américains (à l'exception de Cuba) se rencontreront à Quito, en Équateur (du 31 octobre au 1 novembre) afin de continuer les négociations sur l'établissement d'une Zone de Libre-Échange des Amériques (ZLEA). Par la même occasion, un groupe d'une vingtaine de jésuites et de collaborateurs se rassembleront du 24 octobre au 2 novembre pour réfléchir aux implications du projet. La ZLEA est un traité panaméricain portant sur le commerce. L'idée de former une seule zone de libre-échange a été lancée par les dirigeants de 34 pays au cours du premier sommet des Amériques qui a eu lieu à Miami en 1994, suivi par les sommets de Santiago du Chili (1998) et celui de Québec (2001). La tâche de faire les arrangements nécessaires ainsi que d'élaborer un texte a été laissée à un groupe de ministres du commerce qui se sont réunis chaque année. Le résultat est un document de 300 pages intitulé "Avant-projet de l'accord". Tous les pays se sont engagés à mettre un terme aux négociations en 2005. Il s'agit d'un effort délibéré pour changer le paysage socio-économique et politique de l'ensemble du continent. Pourquoi alors cette rencontre de jésuites ? Les leçons tirées du Sommet de Johannesburg sur le développement durable (août-septembre 2002) ont influencé fortement la décision de se rencontrer à Quito. "Face à ces forces économiques, comment pouvons-nous donner un visage humain au Traité de libre-échange ?", demande l'un des participants. Les changements que la ZLEA apporteraient, particulièrement pour les pauvres, sont tellement grands qu'ils ne peuvent demeurer hors de la sphère d'intérêts des jésuites. Une participation significative de la Compagnie dans le processus de la ZLEA nécessite un engagement précoce, une analyse informée des ébauches préparées ainsi qu'un discernement ignacien des stratégies à suivre. L'avant-projet de l'accord met en évidence que la ZLEA apportera des changements profonds à la plupart des économies latino-américaines. Il envisage le démantèlement de tous les tarifs et quotas pour faciliter la circulation des biens et services (incluant les produits agricoles) ; l'ouverture de tous les projets d'État aux enchères compétitives étrangères ; l'abolition des subventions ; des pratiques antidumping ; l'entrée sans restriction des compagnies étrangères dans tous les secteurs productifs ; la libre circulation du capital financier et d'investissement ; la mise en place d'institutions juridiques spéciales pour régler les disputes ; la protection de la propriété intellectuelle ; et finalement, l'interdiction des pratiques anti-compétitives (telles que les entreprises étatiques). L'avant-projet ne remplace pas les ententes internationales de l'Organisation mondiale du commerce mais il va plus loin encore. Alors la ZLEA est-elle une chance unique pour l'Amérique latine de remonter la pente ? Il n'y a pas de réponse facile. Cela dépend si la ZLEA offre vraiment de nouvelles opportunités ou si au contraire elle les étouffe ? Ceux qui s'opposent à la ZLEA soulignent la position inégale des diverses parties : alors que près des trois-quarts de la population de ces pays vivent au sud des États-Unis, le PNB des USA représente presque 80 pour cent du PNB de l'ensemble du continent. À maintes reprises les pays développés ont omis d'éliminer leurs propres subventions (surtout dans le domaine agricole), de mettre en oeuvre les traités environnementaux ou de s'engager dans la régénération de la biodiversité. L'expérience démontre que les profits commerciaux vont aux pays qui manufacturent des produits hautement technologiques, tels les semi-conducteurs, les ordinateurs et la téléphonie mobile, et non pas aux producteurs de matières premières. L'asymétrie du pouvoir économique et politique au sein des signataires ne présage rien de bon en ce qui concerne la distribution équitable des profits. "Nous devons approfondir notre conscience éthique et saisir les aspects techniques de la réalité", affirme Ricardo Antoncich SJ, coordonnateur de l'Apostolat social pour l'Amérique latine, "afin que ces deux aspects soient intégrés dans une analyse qui cherche des solutions justes et équitables". La Société civile a organisé une rencontre ("Une autre Amérique est possible"), pendant la rencontre ministérielle qui doit avoir lieu. Il y aura une soixantaine d'ateliers et assemblées pour réfléchir et développer des propositions alternatives. Un tiers de ces ateliers se tiendront à l'université de la Compagnie à Quito (PUCE). Coordonnateur de l'Apostolat social en Équateur : Fabricio
Alaña SJ. |