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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2002) |
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Monsieur le Président, John Dear SJ était l'aumônier de 500 agents de Police, pompiers et sauveteurs au World Trade Center et de plus de 1500 parents des victimes du désastre. |
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par Arturo Sosa SJ Entre le 4 et le 14 avril dernier, la société vénézuélienne a vécu un choc politique comparable à une collision de deux trains à grande vitesse. Ces lignes sont écrites quelques heures seulement après la ré-institution de Hugo Chávez comme Président de la République, quarante-huit heures après sa destitution. Chacune des deux minorités situées aux extrêmes de l'histoire du pays en ce moment, « chavisme » et « anti-chavisme », s'est convaincue elle-même d'être la majorité. Chacune d'elles s'est cru capable d'anéantir l'opposition et n'a pas hésité à accélérer la locomotive de manière à provoquer ce que nous venons de vivre. De façon prévisible, ce sont les Forces armées qui ont fait pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Les conséquences de cet accident sont un grand nombre de morts, de blessés et de victimes d'agressions. Et au moment où la fumée se dissipe, on découvre une société avec une immense fracture sociale entre des secteurs sociaux qui ne se reconnaissent pas mutuellement. A l'heure actuelle, il y a davantage de questions que de réponses. Du point de vue politique, le rétablissement de légitimité démocratique constitue la seule solution viable à la crise et il s'agit d'un chemin de rétablissement lié à celui de la vérité. Une plate-forme politique et un gouvernement consolideront leur légitimité dans la mesure où ils réussiront à renverser le processus d'appauvrissement, à former une société productive, socialement juste et politiquement démocratique. L'appel du Président Chávez afin d'amorcer un dialogue national exige concrètement une négociation politique pour mettre en place une stratégie acceptée par « l'opposition » politique. Un premier pas pourrait être l'établissement d'un plan à court (2002) et moyen (2006) terme qui pourrait recevoir l'appui de la majorité de la société. Le Programme minimum commencerait par établir des zones d'attention prioritaire : sécurité personnelle; création d'emplois et logements; prise en compte des secteurs les plus affectés par une extrême pauvreté; et un système permettant à tous les secteurs d'avoir un accès à une éducation de qualité. Entreprendre l'oeuvre d'éradication de la pauvreté ne relève pas d'un « idéalisme naïf » : cela est possible avec les ressources dont dispose le pays et les politiques publiques maintenues sur une période de trente ans. La secousse reçue par la société vénézuélienne en avril 2002 pourrait donner naissance à une décision concertée de bâtir l'avenir ensemble. Faisons en sorte que cela se réalise Artuto Sosa SJ est Provincial du Vénézuela. |
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Le 23 mars 2002, près de 5000 autochtones appartenant à sept tribus de l'État de Jharkhand se sont réunis sur le Plateau de Netrahat, où un projet pilote pour une pratique d'artillerie ainsi qu'un camp militaire permanent sont prévus. Depuis 1964, l'armée indienne utilise cet espace de 104 km carrés comme champs de tirs, pour des tests d'armement et d'exercices de visée. Chaque fois, pour quelques roupies de compensation, les gens doivent évacuer leurs maisons, abandonner récoltes et animaux et passer plusieurs jours et nuits sans abri, jusqu'à ce que les opérations militaires cessent. Bien qu'un avis soit envoyé sept jours avant les opérations, seuls quelques villages sont avertis à temps à cause des routes qui sont impraticables et de l'état défectueux des communications. Jusqu'à aujourd'hui 42 personnes ont été blessées et 25 sont mortes; des propriétés ont été endommagées et des arbres détruits. Il y a dix ans le gouvernement a fait deux communications officielles avisant les 245 villages de Jharkhand des opérations militaires. Les autochtones ont alors crée un mouvement -- strictement non-violent selon la tradition de Gandhi de Satyagraha et appuyé par les jésuites de Issue-Based Social Apostolate (IBSA) -- pour protéger leurs terres, l'eau, la forêt et leur culture. S'ils n'avaient pas protesté contre ce projet inhumain, environ 235 000 personnes auraient perdu leur habitat ancestral et certaines tribus auraient été anéanties. Cette année marque le dixième anniversaire de leur première protestation, alors que 95 000 personnes ont fait une marche de 70-80 km et bloqué pacifiquement l'entrée de l'armée dans leur zone. IBSA : Cyprian Ekka SJ, Savarimuthu I. SJ et Dharamsheel Kujur SJ |
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Les élections présidentielles du mois de mars ont confirmé Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, dans le rôle de leader du pays. Cette fois, il a été élu de justesse. Selon Fidelis Mukonori SJ, nouveau Provincial du Zimbabwe, « le fort mandat électoral des deux partis politiques manifeste le besoin de travailler ensemble pour le bien de toute la nation. La maturité politique exige un compromis politique qui est signe de force et non de faiblesse ». Une information équilibrée sur la situation du Zimbabwe est complètement absente, ajoute-il. La pratique de la violence pendant la campagne électorale est en train de diminuer au niveau de deux partis. Certains observateurs internationaux considèrent le vote libre et équitable. « La légitimité est importante, mais aussi la confiance à créer », affirme le P. Mukonori. Le Président, qui n'est pas reconnu par plusieurs pays occidentaux, subit une forte pression diplomatique pour mettre sur pied un gouvernement d'unité nationale. Pendant ce temps le parti d'opposition, le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), a besoin de stabilité et de crédibilité aux yeux de la communauté internationale. Le pays fait face à une grave sécheresse et la population a besoin de vivres et de médicaments pour survivre durant cette saison. La création d'emplois, la modernisation du monde rural ainsi que la création de logements en milieu urbain sont de première urgence. En même temps la question de la redistribution et de la compensation, pour les terres agricoles monopolisées par la minorité blanche, reste en suspens. Les difficultés du Zimbabwe sont aggravées par trois ans de sanctions de facto et l'absence d'investissements étrangers. De plus, le ZCTU, l'organisation syndicale principale, fait des menaces de protestation. Ayant fait appel aux jeunes afin de mettre fin à la violence et de résister à la manipulation politique durant la campagne électorale, les jésuites invitent tous et chacun à faire preuve de maturité et à vivre dans un esprit de réconciliation. Silveira House, établi par les jésuites en 1964 comme ONG pour le développement, vise à aider la nation à travers des cours de leadership, de formation civique, de résolution de conflit et de rétablissement de la paix. Plusieurs dirigeants politiques et syndicaux ont été formés à Silveira House, qui à présent peut donner un coup de pouce au dialogue entre le gouvernement et les syndicats. Provincial du Zimbabw e: Fidelis Mukonori SJ |
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En Espagne, les deux ONG de développement de la Compagnie, Alboan et Entreculturas-Fe y Alegría , lancent « SOMOS » (nous sommes), une revue de développement et d'éducation populaire. L'éditorial du premier numéro, qui sortira en mai, explique le titre « SOMOS » comme étant « une invitation à se joindre à l'action présente et future, ici comme ailleurs. Cette revue se veut à la fois chaleureuse et accueillante, et veut donner une voix à ceux qui n'en ont pas ». « Mettre l'accent sur l'éducation populaire fait honneur à notre travail en Amérique latine à côté des organisations de base engagées pour le changement social à travers l'éducation ». La revue répond au besoin de diffuser plus largement une pensée critique qui considère l'éducation comme un instrument de transformation sociale et de développement. Elle explorera les questions que se posent les Universités, les Centres de recherche, les ONG et les associations espagnoles et latino-américaines. Chaque numéro présentera une question en profondeur, de façon globale et multidisciplinaire, tout en offrant des échanges d'idées et d'expériences de travail entre l'Espagne et l'Amérique latine. Il y aura trois numéros par année et les contributions sont les bienvenues. Coordonnateurs de la revue : Patxi Alvarez SJ et Cristina Manzanedo |
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La situation à Madagascar devient de plus en plus inquiétante. La crise politique qui oppose Marc Ravalomanana -- qui s'est auto proclamé Président depuis le 22 février -- et Didier Ratsiraka, Chef de l'État sortant, n'est pas encore résolue depuis le 16 décembre, quand le premier tour des élections a donné lieu au contentieux électoral. Actuellement il y a un manque de vivres et de carburant et les prix des produits augmentent énormément. Depuis quatre mois le pays s'enfonce dans l'anarchie, divisé entre les provinces côtières et la capitale, chacune des deux régions étant fidèle à un des deux dirigeants alors que ni l'un ni l'autre ne possède d'autorité réelle. La division reflète le fossé existant à la fois entre les factions politiques et les régions du pays. Ravalomanana rencontre la plus grande résistance dans les provinces où la majorité des gouverneurs supportent Ratsiraka. Les personnes cherchant une médiation ou une résolution pacifique sont conscientes du risque d'une guerre civile, ou d'une « somalisation » de Madagascar, c'est-à-dire de la désintégration de l'État. Le Conseil Chrétien des Églises (FFKM) est un organisme oecuménique engagé dans le processus démocratique, et Rémy Ralibera SJ en est le Secrétaire général. « Les Églises n'ont point choisi de candidat, mais réclament la transparence et la vérité. Elles ne peuvent pas rester indifférentes face à la violence et à l'injustice », commente Michel Peltereau-Villeneuve SJ, aumônier national des communautés malgaches de France. « En tant qu'ancien pouvoir colonial, la France a toujours soutenu Ratsiraka », ajoute-t-il, « en d'autres mots, elle a soutenu l'illégalité ». La communauté internationale, et particulièrement la France, doit prendre la parole immédiatement et user de son influence de façon constructive et équitable. Coordonnateur de l'apostolat socia l: Pierre André Ranaivoarson SJ |
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Monterrey a été, pour les dirigeants mondiaux, une opportunité unique pour faire naître un nouvel esprit démocratique, de responsabilité et de justice dans le cadre d'une pensée de développement global. La Conférence des Nations Unies sur le financement du développement, qui s'est tenue en mars à Mexico, a réuni pour la première fois le FMI, la Banque Mondiale, l'Organisation Mondiale du Commerce, le monde des affaires du secteur privé et les ONG afin de poser la question historique de l'heure : Quel est le juste rapport entre la politique et l'économie dans la détermination de l'avenir de plus de la moitié de la population mondiale -- les pauvres ? C'était l'occasion d'entrevoir de nouvelles stratégies pour le financement du développement pouvant donner substance au prochain Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD), qui aura lieu à Johannesburg à la fin du mois d'août. Les résultats ont été décevants. La Conférence de Monterrey n'a pris aucune action décisive afin d'avancer vers l'objectif de réduire de moitié la pauvreté mondiale d'ici 2015, a résisté à une percée sur l'annulation de la dette et n'a manifesté qu'un très faible intérêt pour une taxe sur les échanges monétaires internationaux pour contrôler le commerce spéculatif. Elle s'est inclinée devant le status quo dans les rapports de pouvoir internationaux en survolant la nécessité de mécanismes plus représentatifs de la gouvernance mondiale. À la fin la commission exécutive des ONG a refusé d'approuver le « Consensus de Monterrey » qui maintient l'attention sur le commerce et les investissements directs étrangers comme moteurs de croissance pour surmonter la pauvreté -- malgré le fait évident que cette stratégie est totalement préjudiciable aux pauvres. Toutefois Monterrey n'est pas le dernier mot. Les organisations de la société civile vont continuer s'engager dans le débat à Johannesburg. Pour les deux introductions précédentes sur le SMDD, voir les nouvelles de l'Apostolat Social de mars et d'avril 2002. |