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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2002) |
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« La lutte légitime contre le terrorisme dont les odieux attentats du 11 septembre dernier sont l'expression la plus effroyable a redonné encore la parole aux armes. Face à l'agression barbare et aux massacres se pose non seulement la question de la légitime défense, mais aussi celle des moyens les plus aptes à éradiquer le terrorisme, de la recherche des facteurs à l'origine de telles actions, des mesures à prendre pour engager un processus de 'guérison' afin de vaincre la peur et d'éviter que le mal s'ajoute au mal, la violence à la violence. Ainsi convient-il d'encourager le nouveau gouvernement installé à Kaboul dans ses efforts en vue d'une effective pacification de tout l'Afghanistan. Il nous faut aussi entendre la question qui nous est adressée du coeur de cet abîme : la place et l'usage de la religion dans la vie des hommes et des sociétés. Je veux redire ici, devant toute la communauté internationale, que tuer au nom de Dieu est un blasphème et une perversion de la religion, et je veux répéter ce matin ce que j'écrivais dans mon Message du 1er janvier: "C'est une profanation de la religion que de se proclamer terroriste au nom de Dieu, d'user de violence sur les hommes au nom de Dieu. La violence terroriste est contraire à la foi en Dieu Créateur de l'homme, en Dieu qui prend soin de l'homme et qui l'aime" ». Le discours annuel du Saint Père aux ambassadeurs de 172 pays accrédités près le Saint Siège (10 janvier 2002) est disponible sur le site du Saint Siège. |
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Le gouverneur de Jakarta et l'administration municipale obligent systématiquement les pauvres à quitter la ville de plus de 10 millions d'habitants. Les cyclopousses d'environ 6 000 familles ont été confisqués et 3 000 vendeurs de rue ont été bannis de la ville, perdant ainsi leur gagne-pain. Presque 10 000 familles ont été expulsées par la force. Le développement rapide de Jakarta intensifie la construction d'hôtels de luxe et de bureaux, et prive ainsi les pauvres d'un endroit où vivre et travailler. Centres commerciaux et hypermarchés étouffent les marchés traditionnels. « Le plan du gouverneur Sutiyoso d'utiliser la force pour contrôler la ville, y compris l'éviction des squatters, ne résoudra pas les multiples problèmes de son administration », selon Yohanes Sudriyanto SJ, coordonnateur d'un réseau anti-éviction et directeur de l'Institut Social Jésuite de Jakarta (ISJ). Établi en 1974, l'ISJ fait de la recherche, analyse et produit de la documentation; il offre de l'aide légale aux victimes du paupérisme et de la violence, et offre une formation de base sur la santé et des programmes générateurs de revenus. L'ISJ travaille avec les Commissions nationales sur les droits de l'homme, la violence contre les femmes, la protection de l'enfant. Ses propres programmes pour les enfants des rues et les droits des travailleurs sont devenus des ONG autonomes. Bien qu'étant un centre urbain, l'ISJ défend également l'Union des fermiers de Riau dont le programme comprend la question du crédit agricole et de la réforme agraire. Depuis la chute du régime totalitaire en 1998, l'Institut s'est engagé plus à fond dans le processus de démocratisation. Voir le site. |
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La Province jésuite de Roumanie a courageusement survécue aux dures années du communisme. Aujourd'hui, elle compte un bon groupe de jeunes roumains en formation et des jésuites d'autres Provinces sont venus lui prêter main-forte. Dans un pays où l'économie et les services sociaux sont en ruines, cette petite Province affiche un calendrier impressionnant d'initiatives sociales. Le projet « Concordia » a commencé en 1991 à venir en aide aux enfants des rues de Bucarest. Aujourd'hui, 390 jeunes vivent dans l'une ou l'autre des ses maisons et 300 autres reçoivent de la nourriture ou de l'assistance dans la rue. Le fondateur du projet, George Sporschill SJ (Autriche), nous confie : « Beaucoup de choses ont changé depuis 1989, mais les enfants courent encore après moi en me demandant : 'Y a t-il une place pour moi?' ». Depuis 1995, à Satu Mare, l'association « Frères » accueille les orphelins, les enfants des rues ainsi que les familles en difficultés dans des foyers, des fermes et des ateliers. Fondateur : Jean Magnan SJ (France). Le Service jésuite pour les réfugiés rend service à des milliers de demandeurs d'asile et d'immigrants sans papier; visitant les camps de détention, offrant une assistance de base et s'attaquant au problème pressant du logement. Coordonnateur : Luc Duquenne SJ (Belgique méridionale). Le Réseau Jeunesse Ignatien, regroupant des étudiants chrétiens de France et de Roumanie, travaille auprès des jeunes défavorisés depuis 1997. Fondateur : Christian Motsch SJ (France). Le projet « Quadrifoglio » (trèfle à quatre feuilles) de la Lega Missionaria Studenti parraine un home à Sighet où sont regroupés les enfants des rues ainsi qu'un Centre d'accueil pour les ex-prostituées à Satu Mare. Ces projets apportent beaucoup à l'Église roumaine et sont la promesse d'une fondation solide pour la mission jésuite dans le pays pour l'avenir. Coordonnateur de l'Apostolat social : Jean Magnan SJ |
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Les Européens partagent-ils des valeurs communes ? Les valeurs changent-elles en Europe et, si oui, vers quoi tendent-elles ? Les valeurs chrétiennes continuent-elles d'imprégner la vie et la culture européennes ? Un autre système de valeurs cohérent remplace-t-il le christianisme ? Quelles en sont les implications pour l'union européenne? L'Étude des Valeurs Européennes (EVS) est un programme de recherche transnational et longitudinal, à grande échelle, portant sur les valeurs humaines fondamentales. Ce programme a commencé en 1978 à l'Université de Tilburg aux Pays Bas. Le troisième sondage EVS, publié en 2001, et couvrant 35 pays, souligne la diversité des valeurs partagées à travers l'Europe. Plusieurs pays défendent la liberté, l'égalité et la religion mais de façons bien inégales. Bien que l'individualisme augmente, l'aspiration aux valeurs de la famille, la protection de l'environnement et une plus grande tolérance sont également en augmentation. « Tout le monde sait que l'Europe devient progressivement multiculturelle avec beaucoup de religions », affirme le P. Jan Kerkhofs, professeur de théologie à Louvain (Belgique) et un des fondateurs de EVS. « Cette tendance présume une plus grande tolérance, tendance qui semble croître à chaque sondage ». Plusieurs pays ont publié des analyses nationales et Tilburg prépare actuellement des publications sur les analyses européennes portant sur les thèmes principaux. Voir le site. |
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Dans l'État du Bihar, moins du quart des femmes peuvent lire et écrire leur nom. Les femmes des castes inférieures, les femmes « adivassi » (autochtones) ainsi que les travailleurs agricoles sont les victimes d'un système discriminatoire qui remonte à plusieurs siècles. Les espoirs d'une société plus harmonieuse passent par l'engagement pour la dignité des femmes. Au Bihar, un centre jésuite reçoit les compliments des officiels et des travailleurs sociaux pour la promotion extraordinaire qu'il a donnée aux femmes dalit (« intouchables »). « Aujourd'hui, je suis une tigresse dans mon village », confie une femme qui a échappé au viol grâce à l'intervention des bénévoles de READ. « Aucun propriétaire n'osera plus poser les yeux sur nous ». Rural Education And Development (READ, Éducation rurale et développement ) a été mis sur pied par la Province de Patna et a aidé plus de 25 000 femmes dalit et adivassi à découvrir leurs droits et à devenir économiquement plus indépendantes. Dans l'État du Punjab, au nord-ouest, là où est enracinée la religion sikh, le Centre « Good Shepherd » (Bon Pasteur) organise des groupes de discussion qui permettent aux femmes de sortir du cercle fermé de leur famille et d'examiner les questions touchant au travail, à la famille et aux relations interpersonnelles. Le Centre dénonce aussi les crimes d'exploitation et de violence contre les femmes. S'appuyant sur cet exemple, l'autorité religieuse sikh a commencé une campagne pour combattre toutes les formes de discrimination basées sur le sexe. Directeur de READ : Joseph Kariakatt
SJ |
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De la vigueur internationale pour la justice. Jésuites pour la Réduction de la Dette et le Développement (JDRAD), qui a débuté en 1998, est un réseau international qui offre une contribution jésuite sur les questions touchant à la dette et au développement. Le Jubilé terminé, le comité de direction c'est réuni en décembre dernier à Dublin et a pris la décision d'élargir JDRAD -- sous l'angle de la recherche, du lobbying et du soutien aux autres mouvements -- afin de prendre part à l'effort de la Compagnie pour que son esprit ignatien soit à la fois universel et concret. Le nouveau nom du réseau est International Jesuit Network for Development (Réseau international jésuite pour le développement), dont l'acronyme IJND sonne comme un mot indien signifiant « vigueur ». Trois groupes de travail se focalisent sur les questions de gouvernance, de dette, et de commerce et réforme financière. Le Center of Concern (Washington) assurera la communication et la coordination des dix Centres participants. Président de IJND, Brasilia : Bernard
Lestienne SJ |
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« Vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre » résume bien les réflexions de la Communauté de Vie Chrétienne (CVX) sur le développement durable alors qu'elle était réunie à Paris en novembre dernier pour un séminaire national. Pour les chrétiens co-responsables de la création, la simplicité est un mode de vie à choisir quotidiennement à chaque fois que nous consommons : la lutte contre le tout-jetable, encourager le recyclable, partager biens et services, encourager le commerce équitable et trouver des occasions pour éveiller aux problèmes mondiaux. S'attaquer aux problèmes de surconsommation et de gaspillage de la société signifie changer les mondes du travail et des loisirs. C'est la foi qui donne aux gens la confiance et la solidarité pour partager effectivement les richesses de notre planète. Ces points importants sont destinés à la conférence mondiale des Nations Unies sur le développement durable qui aura lieu à Johannesburg, Afrique du Sud, au mois d'août et septembre prochain. Voir |
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Des immigrants racontent leurs histoires à la Curie générale à Rome. « La migration humaine » était le thème du séminaire de la mi-janvier destiné aux jésuites de la Curie générale à Rome. La migration des peuples soulève des questions d'ordre philosophiques et théologiques pour les chrétiens et met au défi la recherche, l'influence sur l'autorité et la pratique pastorale des jésuites. Le point culminant des ces jours d'études fut le témoignage de trois immigrants en Italie : deux réfugiés politiques et un immigrant économique. Un tamoul originaire du nord du Sri Lanka se plaint du bourbier bureaucratique que les immigrants doivent traverser pour obtenir un permis de séjour, un logement, un permis de travail et un emploi. Il a raconté comment sa jeune femme, alors que bien éduquée, travaillait comme domestique et comment elle est morte suite à un accident domestique seulement quelques mois après son arrivée. Un étudiant militant marocain a dû, quant à lui, fuir son pays et venir en Italie, il y a de cela 13 ans. Ses difficultés ont été davantage d'ordre personnel : solitude dans un pays où il n'avait aucune famille et méfiance de ses compatriotes. Finalement il s'est inscrit à l'Université Grégorienne et a obtenu son diplôme en Études sur le développement. Il s'est par la suite marié avec une italienne, a fondé une famille et a trouvé un bon emploi. Un Philippin venu en Italie avec une bonne formation en ingénierie électronique et informatique a tout de suite trouvé un bon emploi. Mais n'ayant pas eu l'opportunité d'apprendre la langue ses collègues l'ont traité comme un assistant subalterne à cause de son incapacité à communiquer. Les choses se sont rétablis quand sa famille l'a rejoint. Ses enfants ont appris l'italien très rapidement mais sa femme a encore de la difficulté. Son souci aujourd'hui est au sujet des valeurs douteuses que ses enfants apprennent à l'école et à la télévision. Secrétaire de la Compagnie de Jésus : Gabriel Codina SJ |