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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (janvier 2002)
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A voir également :
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)
- Foi et justice : les missions des jésuites de France
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (décembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (novembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (septembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (août 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2000)

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean Paul II : «Pas de paix sans justice ! »

«Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon : voilà ce que je veux dire tant aux croyants qu'aux non-croyants, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté préoccupés par le bien-être de la famille humaine et par son avenir. Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon : voilà ce que je veux dire à ceux et celles qui sont responsables de l'avenir de la communauté humaine, les implorant de prendre leurs décisions, difficiles et lourdes de conséquences, à la lumière du bien véritable de l'homme et de prendre en considération le bien commun. Et à tous ceux qui, pour une raison ou une autre, nourrissent un sentiment de haine, un désir de vengeance ou une volonté de détruire, je ne me lasserai pas de répéter cet avertissement : Il n'y a pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon. En ces temps troublés, puisse la famille humaine trouvée une paix véritable et durable, née du mariage de la justice et de la paix ! »

Cette prière et cet enseignement venant du coeur du Saint Père et née de la foi et de la souffrance de cette dernière année est le voeu de Noël que le Secrétariat social souhaite faire à tous les lecteurs de HEADLINES : Que le Seigneur Jésus vienne et remplisse nos coeurs de compassion, de courage et d'espérance tout au long de 2002; qu'Il bénisse le monde avec les dons de justice et paix !

Le message du Saint Père pour la Journée mondiale de la Paix 2002 est disponible sur le site du Saint Siège.

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Équateur : les familles ont d'abord besoin d'un toit.

En Équateur des populations migrent sans arrêt vers Guayaquil, le port le plus important du pays, où près de 10 pour cent de la population vit dans la rue. Depuis trente ans « Viviendas Hogar de Cristo » (VHC) a construit
65 000 maisons et aidé 325 000 personnes sans abri, à Guayaquil et sur la côte pacifique de l'Équateur. Cette organisation non-gouvernementale utilise des matériaux qui proviennent de ses propres ressources forestières et produit ses propres matériaux de construction (poteaux et panneaux de bambou). VHC construit une maison pour 1/7 du prix d'un logement public. Ainsi la plupart des bénéficiaires peuvent en payer les coûts eux-mêmes. L'objectif consiste à aider les familles, dirigées en majorité par des mères célibataires, à se développer. En débutant avec une simple maison de bambou, ces femmes peuvent économiser et petit à petit envisager une maison plus solide. Les fondateurs de VHC, le Cardinal Echeverría Ruiz et Francisco García SJ (« Tio Paco »), sont tous deux décédés récemment mais leur oeuvre se poursuit à travers le travail social et éducatif, les projets de santé et de micro-crédit ; toujours pour le développement intégral des familles.

Administrateur de Hogar de Cristo : Roberto Costa SJ

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Corée : vivre avec des «squatters» .

En 1975, un jésuite connu sous le nom de Il Woo Jung (John Daly SJ) emménagea dans un quartier de squatters de Séoul pour devenir le voisin de ces derniers. Son travail a été à l'origine de l'engagement des jésuites auprès des pauvres en milieu urbain, lorsque la nouvelle Région coréenne a été établie en 1985. Lorsqu'une communauté d'insertion fut officiellement établie en 1991, il en fut le premier supérieur. Le nom de la communauté, « Hanmon », signifie « un seul corps », un slogan scandé par un leader communautaire local qui a été assassiné peu après avoir défendu un voisin expulsé de force. La communauté Hanmon permet aux scolastiques de travailler parmi les pauvres, d'offrir un programme éducatif d'appoint pour les enfants issus de familles éclatées et de travailler avec les personnes âgées abandonnées et les jeunes toxicomanes. Actuellement la Région coréenne met en place des infrastructures pour des engagements à plus long terme. Hanmon a emménagé dans une maison plus grande avec de l'espace pour les réunions et la salle d'études « Han-Nuri » pour aider les étudiants du quartier.

Supérieur de la communauté Hanmon : Francis Park Mun-su SJ

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Pologne : des familles pour des enfants sans famille.

L'apostolat social de la Compagnie a réussi à traverser les bouleversements sociaux et politiques des années 1980 et 1990 en prenant soins des orphelins de Cracovie. Des centaines d'enfants d'alcooliques, de prostituées ou de malades mentaux vivent dans la pauvreté, l'humiliation et souffrent de séquelles suite à leurs conditions de vie. Durant le régime communiste, les étudiants universitaires bénévoles aidaient les enfants avec leurs devoirs, les accompagnaient en excursions la fin de semaine et au camp l'été. Au début des années 1990, une ferme abandonnée à Zmiaca, dans le sud des montagnes polonaises, a été transformée en centre éducatif pour les orphelins et les enfants de familles éclatées. Avec l'arrivée de la démocratie, la Province jésuite en est devenue officiellement responsable. Pendant les vacances d'été le Centre accueille plus d'une centaine d'enfants en provenance d'orphelinats et de familles éclatées. Environ une trentaine d'enfants de 2 à 11 ans vivent à Zmiaca en permanence. Les enfants qui ne peuvent pas retourner à leurs parents peuvent être adoptés. Un bureau d'adoption comptant des psychologues, des travailleurs sociaux ainsi que des avocats sélectionne les adultes qui désirent adopter. Ceux-ci viennent rencontrer les enfants à Zmiaca. Le choix de l'enfant est également pris en compte. Selon le P. Piechnik, fondateur du Centre : «En définitive nous croyons que les problèmes des enfants abandonnés ne peuvent être résolus que lorsqu'ils trouvent une famille. Toutes les autres solutions ont échoué».

Directeur de l'aide aux enfants: Ludwik Piechnik SJ (télécopie) +48 12 429 7159

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Inde : villages pour l'avenir.

Des centaines de milliers de petits villages ruraux constituent un aspect important mais peu connu de l'Inde d'aujourd'hui. Village Reconstruction Organisation (VRO, Organisation pour la reconstruction des villages) a été fondée en 1969 par le P. Michael Windey SJ afin de rebâtir 200 villages détruits par un cyclone sur la côte orientale. Ancien professeur de sociologie à Ranchi, le P. Windey a conçu VRO comme une organisation oecuménique et inter-religieuse pour le développement rural. Il a été inspiré par la vision de Gandhi du renouveau intégral des villages. « Les personnes de toutes religions doivent s'unir en Inde pour servir les pauvres, parce que la pauvreté est immense dans notre pays », a-t-il déclaré. Dès le début, VRO a eu recours à l'aide des étudiants et des jeunes. Évitant l'urbanisation forcée, les modèles occidentaux de développement ainsi que le piège de la nostalgie du passé, VRO fait la promotion d'un renouveau éducatif, culturel et environnemental des petites communautés basé sur le progrès matériel et la recherche d'un chemin vers la perfection de l'Homme selon l'Évangile. Travaillant chaque année dans une cinquantaine de villages, une solide équipe de deux ou plusieurs volontaires (parmi eux plusieurs jeunes étrangers) organise les villageois afin qu'ils coopèrent à leur propre développement. Des métiers et techniques tels la confection de tapis, le tissage, le soudage et le métier de tailleur sont enseignés dans les écoles pour que les jeunes puissent gagner leurs vies ; on améliore également les techniques de construction, l'utilisation de l'énergie solaire pour l'éclairage et la cuisine et éolienne pour le pompage de l'eau.

Directeur de la VRO: Michael A. Windey SJ (télécopie) +91 40 7631 123

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États-Unis : immigrants mexicains à New York.

Un fait méconnu du 11 septembre est que plusieurs milliers de personnes qui travaillaient au World Trade Centre lors de l'attaque étaient des immigrants sans papiers. Pour cette raison, leurs familles n'ont droit aujourd'hui à aucune assistance ou aide. Plus de 9 millions d'immigrants sans papiers vivent aux États-Unis dans une situation de grande vulnérabilité, exploités par leurs employeurs et le marché noir des faux documents. L'association Tepeyac, nommée d'après la colline où est apparue Notre-Dame-de-la-Guadeloupe à Juan Diego, a été créée en 1997 par le frère mexicain Joel Magallan Reyes SJ. Tepeyac a rassemblé une quarantaine de groupes mexicains de la ville de New York pour faire la promotion du bien-être social et des droits des immigrants du Mexique. L'association aide plus de 10 000 membres, coordonne le soutien pour les personnes victimes de violations du Droit du Travail, de fraudes commises par les avocats, ou de raids menés par les agents des services d'immigration et de naturalisation (INS). Tepeyac sert aussi de bureau des services sociaux pour ceux qui sont exclus des bureaux municipaux parce qu'ils ne possèdent pas les documents nécessaires. L'Association organise également des activités culturelles comme le Festival annuel de l'expression mexicaine et la « Feria del sol ». Depuis les attaques terroristes du 11 septembre, Tepeyac aide des familles qui ont perdu des êtres chers et des travailleurs qui ont perdu leurs emplois.

Voir le site.
Directeur de Tepeyac : Joel Magallan SJ

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"Après le 11 septembre, y-a-t-il de l'espoir pour la paix ?"
                           par le Cardinal Carlo Maria Martini SJ

"De nos jours tant de malheurs et de défaites sont à déplorer : outre le terrorisme et la violence, toutes les injustices doivent être condamnées et chaque affront à la dignité humaine doit être lavé. Est-ce que la tendance du mal peut être inversée ? Nous osons affirmer que oui. Pourquoi ? Tout d'abord, parce que cet environnement conflictuel qui grandit et qui mène à la destruction ne peut qu'être surmonté par le renforcement de nos valeurs. Ensuite, parce que nous avons confiance en la grâce de Dieu et en l'humanité qui est fondamentalement raisonnable. En troisième lieu, parce qu'en tant que chrétiens nous savons que même lorsque le mal abonde, la grâce surabonde. Même si on laisse au Seigneur de l'histoire régler le temps, nous savons qu'il est bien possible que renaisse de nouveau en Occident, peut-être grâce aux évènements récents, l'idée qu'un changement de vie et l'adoption d'une nouvelle échelle de valeurs sont nécessaires. Le mal dans lequel nous sommes enfoncés et l'absurdité d'une société dont le dieu est l'argent, dont la loi est le succès, et dont le temps bat au rythme de l'ouverture des bourses mondiales sont révélés au grand jour. Est mise en lumière une société qui se tourne en dérision avec ses investissements et ses transactions virtuels, et sa prétention messianique à imposer sa vision des choses à travers le monde.

La paix n'est pas seulement l'absence de conflit. Pas plus qu'elle ne consiste en la censure des mots et des gestes offensants, ni même dans le seul renoncement à toute vengeance. La paix est le fruit d'une alliance sincère et durable («enduring covenants» et pas seulement «enduring freedom»), fondée sur l'Alliance que Dieu établit à travers le Christ qui nous pardonne, nous réhabilite et se donne à nous en tant qu'ami, pour l'unité de tous ceux qu'Il aime. Grâce à cette unité et cette alliance nous pouvons dire à notre frère : tu es très important pour moi, tout ce qui m'appartient, t'appartient. Je t'aime plus que moi-même, ton bien m'importe plus que le mien. Et car ton bien m'importe, tout autant m'importe le bien de chacun, le bien de l'humanité nouvelle. Plus que dans le bien de la famille, du clan, de la tribu, de la race, du mouvement, du parti politique, de la nation, la paix est dans le bien de toute l'humanité. Chaque action qui va à l'encontre de ce « bien commun » est ancrée dans la peur, l'envie et la méfiance. Elle génère les conflits et nourrit la haine, mère de toutes les guerres. Prendre le chemin de la paix nécessite une histoire personnelle et une super-histoire de la grâce. Là seulement est la paix, but ultime de l'aventure humaine."

Le Cardinal Martini SJ est Archevêque de Milan. Voir le site.

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