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Mexique
Ils ont tué
notre collègue
Lire la lettre envoyée par "Justice et paix - France"

Digna Ochoa, 37 ans, avocate mexicaine, parmi les défenseurs des droits de l'homme les plus connus, a été touchée à mort dans son bureau le 18 octobre dernier.

Elle avait travaillé pendant plusieurs années au Centre jésuite des droits de l'homme, Pro-DH ( en hommage au Bienheureux jésuite Miguel Pro, mort martyr en 1927).

Lire les éditions du journal "Jornada" du 20 octobre et du 21 octobre 2001.

Les assassins de Digna ont tirés trois fois à bout portant. Près de son corps on a trouvé une lettre anonyme adressée à ses anciens collègues de Pro-DH :

« Fils de pute, continuez comme ça et la même chose arrivera à plusieurs d'entre vous. Vous avez été averti, vous n'aurez pas d'excuse ».

Lors d'une Eucharistie en mémoire de Digna, Edgar Cortez SJ, directeur de Pro-DH, a qualifié ce crime de « signe de mauvais augure » quant à l'immunité contre toute poursuite qui continue de miner le système judiciaire au Mexique ; et ce malgré les promesses de réforme de l'administration Fox.

Souvent menacée de mort, Digna avait été enlevée et battue pendant quatre heures en 1999. Deux mois plus tard elle était enlevée de nouveau, détenue dans sa propre maison pendant neuf heures, les yeux bandés, attachée et durement interrogée sur ses collègues et clients et sur leurs liens possibles avec des groupes de la guérilla. Aucune arrestation n'a eu lieu suite à ces deux enlèvements. Après ces enlèvements, la Cour inter-américaine des droits de l'homme avait voté une résolution appelant le gouvernement mexicain à protéger Digna Ochoa et les autres défenseurs des droits de l'homme...

Digna Ochoa était une femme d'une spiritualité profonde aimant la solitude et la réflexion. Elle défendait sans crainte tous ceux qui souffraient d'injustice : activistes, gamins des rues, prisonniers politiques, les gens sans argent, les zapatistes. Ses cas très connus attiraient souvent l'attention internationale et particulièrement lorsque ses clients ont accusé les militaires et les services de sécurité mexicains de les avoir torturés. « Tout ce qu'elle a fait pour les plus vulnérables de ses frères, le Seigneur le considère comme fait à lui-même » a affirmé le Père Général jésuite dans un message de condoléances à Pro-HD. « Sûrement Il la récompensera abondamment « a manos llenas » pour l'engagement si constant et généreux qui lui a même coûté la vie ».

En réponse à son assassinat et aux menaces répétées, le Provincial jésuite du Mexique a publiquement demandé « des garanties complètes de la part du gouvernement mexicain afin que tous ceux qui défendent les droits de l'homme dans notre pays puissent accomplir leur travail en accord avec les obligations internationales dont le Mexique est signataire ».

Directeur de Pro-DH : Edgar Cortez Moralez SJ, prodh@sjsocial.org

 
Lettre envoyée par "Justice et Paix - France" (traduction française en bas)

Señor Vicente Fox Quesada
Presidente de Mexico
Fax : 00 52 5 516 58 37
O : 00 52 5 515 98 29

Paris, 7 de noviembre del 2001

Señor Presidente

El asesinato, el 19 de octubre último, de la Señora Digna OCHOA, valiente defensora de los derechos humanos en su país, nos deja profundamente consternados. Este crimen concretiza las amenazas dirigidas contra esta mujer y contra diversos defensores de los derechos humanos por los enemigos a un orden basado en la justicia.en Mexico.
Condenamos enérgicamente el asesinato de esta abogada, que dedicó gran parte de su vida a la defensa y a la promoción de los derechos humanos, en particular de los más pobres, en su país.
Le pedimos que las autoridades policiales y judiciales mejicanas hagan todo lo posible por encontrar a los culpables y juzgarlos de acuerdo con las leyes en vigor.
Expresamos nuestro apoyo al Centro de Derechos Humanos Miguel Agustin Pro Juarez (cuyos miembros acaban de recibir nuevas amenazas) así como a todos los organismos que luchan con valentía por la justicia y la dignidad humana.
Le solicitamos que haga lo necesario para que los defensores de los derechos humanos sean protegidos (sobretodo aquellos cuyas vidas se encuentran especialmente amenazadas) de tal forma que puedan continuar su trabajo con las garantias suficientes.
Conociendo las presiones recibidas actualmente por la familia de Digna, deseamos que los autores de estas amenazas sean identificados y que la familia pueda recuperar así la serenidad.
Esperamos que los resultados de estas investigaciones permitan identificar a los culpables de este crímen y ayuden así al país a avanzar hacia un Estado de justicia y no de impunidad.

Atentamente

Mgr DALOZ                                        Mgr GHIRARD
Arzobispo de Besançon                        Obispo de Rodez
Presidente de Justice et Paix-France     Président du CEFAL
                                                            (Comité épiscopal France-Amérique latine)


L'assassinat, le 19 octobre dernier, de Madame Digna OCHOA, courageuse défenseur des droits de l'homme dans votre pays, nous plonge dans une grande tristesse. Ce crime est l'aboutissement d'une série de menaces proférées contre elle et contre divers défenseurs des droits de l'homme par les ennemis d'un ordre de justice au Mexique.
Nous condamnons énergiquement le meurtre commis contre cette avocate, qui était très engagée dans la défense et la promotion des droits de l'homme dans son pays et particulièrement dans la défense des plus pauvres.
Nous vous demandons de veiller à ce que les autorités policières et judiciaires mexicaines fassent tout leur possible pour trouver les coupables et les juger selon les lois en vigueur.
Nous exprimons notre soutien au Centre de Droits de l'Homme Miguel Agustín Pro Juárez (dont les membres viennent à nouveau de recevoir des menaces) ainsi qu'à tous les organismes qui luttent avec courage en faveur de la justice et de la dignité humaine.
Nous vous prions de faire en sorte que les défenseurs des droits de l'homme soient protégés (notamment ceux dont les vies sont spécialement menacées) pour qu'ils puissent continuer leur travail avec des garanties suffisantes.
Apprenant que des pressions s'exercent contre la famille de Digna, nous souhaitons que les auteurs de ces menaces soient identifiés et que cette famille retrouve la sérénité.
Dans l'espoir que ces enquêtes seront couronnées de succès, de sorte que les coupables de ce crime soient identifiés et que le pays avance vers un État de justice et non d'impunité, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de nos sentiments cordiaux.

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