ACCUEILIgnace de LoyolaMissions et ServicesDevenir JésuiteHistoire de la CompagnieCompagnons de JésusSites recommandésÉcrivez-nous
Nouvelles du Burundi
Une insécurité qui réclame de la prudence

Les conditions de sécurité continuent d'être aléatoires. Les combats entre les forces du FDD (Front de Défense de la Démocratie) et du FNL (Front National pour la Libération) avec les forces armées gouvernementales se sont intensifiés depuis le mois d'avril. Le JRS n'en continue pas moins, aux côtés d'autres ONG, ses activités d'aide et de formation. Le P. Vincent de Marcillac qui vient de passer un mois en France précise qu'il faut être prudent. Avant tout déplacement, on interroge les gendarmes et la population locale ; sur la plupart des axes autour de Bujumbura, on circule habituellement entre 9h et 16h.

drapeau du Burundi

Mise au courant de cette situation, Anne-Marie Montassier, infirmière retraitée, est toutefois venue renforcer l'équipe du dispensaire de Munanira. Cela soulagera un peu le travail de Meg et de Sylvie, avant que le dispensaire soit confié au diocèse en juillet prochain. Le dispensaire répond en moyenne à 200 consultations par jour, parmi lesquelles des cas de sida.

Formation tous azimuths :

S'efforçant de continuer à bâtir pour le futur, le JRS continue de développer à Kiyange, au milieu d'une population de personnes réfugiées et déplacées, des activités génératrices de revenu. Même si certaines sont pour l'instant supportées financièrement, elles stimulent les adultes et les jeunes, hommes et femmes, à être actifs et elles transmettent divers savoirs professionnels. L'activité Boulangerie emploie plusieurs garçons, devenus capables (pains, pizzas) d'intéresser même la clientèle des expatriés. Une menuiserie répond aux besoins des petites écoles. Des femmes déplacées, souvent chefs de ménage, travaillent dans les ateliers de vannerie, de coupe/couture et de broderie. Un dépôt de bières et boissons gazeuses, livré directement par une brasserie, débite un millier de casiers par semaine. Il y a encore un élevage de lapins, une culture de champignons (des pleurotes), une fabrique de briques de terre compressée. L'équipe de construction, à effectif variable selon les chantiers (lieux communautaires, écoles et dispensaires), est celle qui offre le plus d'emplois : de 40 à 70 personnes. Le dernier-né des ateliers est celui de tannerie-maroquinerie qui utilise les peaux de chèvre que l'on prépare grâce à l'utilisation d'écorces de bois reçues du Congo voisin (Kivu). Le moulin broyeur enfin est très apprécié des cuisinières qui y apporte leur maïs ; il livre aussi de la farine de manioc mais les prix sont alors aléatoires ; car le prix d'achat du manioc varie en fonction des droits de passage à régler aux 'barrages' tenus tantôt par les gendarmes, tantôt par les 'rebelles' !

 

Par ailleurs, le JRS (Service jésuite des réfugiés) communique :

BURUNDI : SIGNES AVANT-COUREURS D’ORAGE

La situation s’assombrit : le gouvernement et les rebelles parlent de guerre. Le principal mouvement rebelle Hutu, les Forces Nationales pour la Libération (FNL), a déclaré qu’il continuerait les combats tandis que de son côté, le gouvernement déclarait qu’il n’avait pas d’autre solution que de répondre. On a appris par certaines sources que : «Tous les éléments pointent vers une intensification des combats. En ce moment, les rebelles arrivent au Burundi par le Congo.» Joaquin Ciervide SJ, le directeur du JRS Grands Lacs, a déclaré : «Jean-David Levitte, responsable de la Mission pour la Paix des Nations Unies, s’est récemment déclaré très inquiet de la situation au Burundi. Il a repris à son compte l’analyse du Groupe «International Crisis» selon laquelle 4.000 rebelles Hutus sont arrivés du Congo pour prêter main forte aux rebelles du FDD (Forces pour la Défense de la Démocratie) et du FNL. Leur but : lancer une guerre civile». Le Groupe «International Crisis» a déclaré dans un rapport publié au début de ce mois que «les décisions déjà limitées des Accords d’Arusha étaient quasiment réduites à néant» et que les parties en guerre préparaient une offensive majeure. Des sources provenant du Burundi ajoutent : «dans le pays, les nouvelles du processus de paix sont loin d’être bonnes – Dieu seul sait quand et comment la paix reviendra. Les pourparlers de paix continuent mais les progrès sont très lents car aucune des parties n’est prête à faire des compromis ; d’autre part, tant qu’il y aura des groupes d’ extrémistes, la paix sera impossible. Ce sont toujours les innocents – les femmes et les enfants – qui souffrent le plus».


Pour en savoir plus :

        Une autre histoire du Burundi (site de l'Unesco)

        Réseau Documentaire International sur la Région des Grands Lacs Africains