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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus
dans le monde (novembre 2001)
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A voir également :
- Lettre du supérieur général des jésuites sur l'engagement social
- "Affronter la réalité dans sa dimension sociale"
- "Assises pour un temps de justice" (29 avril - 1er mai 2001)
- Foi et justice : les missions des jésuites de France
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (septembre 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (août 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juillet 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (juin 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mai 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (mars 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (février 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (janvier 2001)
- Nouvelles de l'engagement social de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2000)

 

 

 

 

 

 

 

 

Mexique : Ils ont tué notre collègue .

Digna Ochoa, 37 ans, une avocate mexicaine, parmi les défenseurs des droits de l'homme les plus connus, a été touchée à mort dans son bureau le 18 octobre dernier. Elle avait travaillé pendant plusieurs années au Centre jésuite des droits de l'homme, Pro-DH, nommé en hommage au Bienheureux Miguel Pro SJ, mort martyr en 1927. Parmi ses clients les plus célèbres il y a Rodolfo Montiel et Teodoro Cabrera, deux paysans et activistes contre l'exploitation forestière de l'État de Guerrero, emprisonnés depuis mai 1999 et considérés par Amnesty International comme des « prisonniers de conscience » . Les assassins de Digna ont tirés trois fois à bout portant. Près de son corps on a trouvé une lettre anonyme adressée à ses anciens collègues de Pro-DH : « Fils de pute, continuez comme ça et la même chose arrivera à plusieurs d'entre vous. Vous avez été averti, vous n'aurez pas d'excuse ». Lors d'une Eucharistie en mémoire de Digna, Edgar Cortez SJ, directeur de Pro-DH, a qualifié ce crime de « signe de mauvais augure » quant à l'immunité contre toute poursuite qui continue de miner le système judiciaire au Mexique ; et ce malgré les promesses de réforme de l'administration Fox. Souvent menacée de mort, Digna avait été enlevée et battue pendant quatre heures en 1999. Deux mois plus tard elle était enlevée de nouveau, détenue dans sa propre maison pendant neuf heures, les yeux bandés, attachée et durement interrogée sur ses collègues et clients et sur leurs liens possibles avec des groupes de la guérilla. Aucune arrestation n'a eu lieu suite à ces deux enlèvements. Digna Ochoa était une femme d'une spiritualité profonde aimant la solitude et la réflexion. Elle défendait sans crainte tous ceux qui souffraient d'injustice : activistes, gamins des rues, prisonniers politiques, les gens sans argent, les zapatistes. Ses cas très connus attiraient souvent l'attention internationale et particulièrement lorsque ses clients ont accusé les militaires et les services de sécurité mexicains de les avoir torturés. « Tout ce qu'elle a fait pour les plus vulnérables de ses frères, le Seigneur le considère comme fait à lui-même » a affirmé le Père Général jésuite dans un message de condoléances à Pro-HD. « Sûrement Il la récompensera abondamment « a manos llenas » pour l'engagement si constant et généreux qui lui a même coûté la vie ». Après les enlèvements de 1999, la Cour inter-américaine des droits de l'homme avait voté une résolution appelant le gouvernement mexicain à protéger Digna Ochoa et les autres défenseurs des droits de l'homme. En réponse à son assassinat et aux menaces répétées, le Provincial jésuite du Mexique a publiquement demandé « des garanties complètes de la part du gouvernement mexicain afin que tous ceux qui défendent les droits de l'homme dans notre pays puissent accomplir leur travail en accord avec les obligations internationales dont le Mexique est signataire ».

Directeur de Pro-DH : Edgar Cortez Moralez SJ

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Points d'échanges entre chrétiens et musulmans, par Tom Michel SJ.

Après les attaques terroristes à New York et Washington y a-t-il encore de l'espoir pour le dialogue et la coopération entre les chrétiens et les musulmans ? Depuis le 11 septembre 2001, j'ai eu de nombreux contacts avec des musulmans et j'ai entendu plusieurs d'entre eux exprimer leurs points de vue sur les attentats et ce qui a suivi. Plusieurs opinions ont été émises, mais quelques thèmes réapparaissaient constamment.
(1) La condamnation des attaques terroristes, en tant que violations de l'enseignement de l'Islam, est unanime. Le sentiment d'outrage ressenti par les différents peuples à travers le monde est partagé entièrement par les musulmans.
(2) De ce point de vue, les déclarations belliqueuses de certains politiciens et journalistes appelant à la « croisade » contre l'Islam apparaissent irresponsables et déplacées. Faire des milliers de nouvelles victimes comme réponse aux morts des tours du WTC et du Pentagone est une mesure que ni les chrétiens ni les musulmans ne peuvent admettre.
(3) Tous ceux préoccupés du caractère sacré de la vie humaine, qu'ils soient musulmans, chrétiens ou autres, se doivent de réfléchir ensemble sur le terrorisme. Qu'est-il et d'où vient-il ? Les nations ne peuvent espérer atténuer la violence terroriste sans regarder en face sa véritable nature et ses origines. Les actes de terrorisme surgissent d'une mentalité qui perçoit son propre groupe comme traité injustement par un ennemi dominant. Beaucoup de musulmans regardent les États-Unis avec colère parce que ceux-ci se servent de leur puissance économique, militaire et diplomatique incontestée pour opprimer et terroriser les peuples musulmans. Les plus extrêmes et les plus instables, jurant vengeance et châtiment, se joignent à des organisations comme Al-Qa'ida.
(4) Une mentalité terroriste diabolise ses ennemis en les décrivant comme le mal incarné, sans possibilité de rédemption humaine, facilitant ainsi la justification de toute action prise contre eux. Tout comme certains musulmans diabolisent les États-Unis, certains politiciens occidentaux dépeignent l'Islam comme étant diabolique, décrivant les musulmans comme étant militants par nature, xénophobes et une menace pour le monde civilisé ; et ce en dépit du fait que la vaste majorité des musulmans rejette et dénonce la violence envers d'innocentes victimes. La diabolisation, qui justifie tout à la fois les actions terroristes et la « guerre des civilisations » envers des peuples entiers, doit être fortement combattue par les chrétiens et les musulmans.
(5) Qui contrôle les médias façonne l'opinion publique ! Les médias américains, à travers les interviews avec les familles des victimes, avec les survivants, les pompiers et officiers de police ont bien réussi à « personnaliser » la tragédie et à présenter les attaques terroristes comme étant une attaque envers des gens comme vous et moi et non pas seulement comme des actes politiques. Mais nous pouvons nous demander à juste titre pourquoi les histoires encore plus nombreuses des victimes innocentes telles que les palestiniens, bosniaques et tchétchènes n'ont pas été racontées et rappelées à notre mémoire.

L'auteur, Tom Michel sj, est secrétaire pour le dialogue inter-religieux de la Curie jésuite à Rome

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Albanie : Villages côtiers des dieux.

« La pauvreté de la culture est un des aspects majeurs de la culture de pauvreté, ajoutant un sentiment de vide à une souffrance déjà si grande : il est plus facile de venir à bout de la pauvreté que de mettre fin à une culture de pauvreté ». Cette réflexion est à l'origine d'une recherche-intervention dans l'une des régions les plus pauvres d'Europe : les villages sur le promontoire du Cap Rodon, nommé d'après la divinité Illyrienne. La région côtière a été longtemps isolée à cause de son importance stratégique et s'est progressivement appauvrie économiquement et culturellement tout en souffrant des effets les plus dégradants de la modernisation comme le consumérisme et l'individualisme. Gianfranco Iacuzzi SJ, ancien responsable pastoral de la région, est à l'origine du projet de recherche et Luigi Za, sociologue de l'université italienne de Lecce, est celui qui l'a mis en oeuvre. Deux ans de recherche ont impliqué presque toutes les familles des villages, favorisant le développement et la responsabilité communautaire. Le livre qui en est résulté : « Les villages du dieu Rodon », fait plus qu'enregistrer les besoins socio-économiques immédiats ainsi que leurs causes historiques (l'oppression féodale de plusieurs siècles et la collectivisation ratée des terres imposée par le régime communiste 1945-1991), mais il examine aussi les modèles culturels et les attitudes psychologiques. Les conclusions : une faible mémoire historique, l'absence de toute reconnaissance d'appartenance à un état et une incertitude quant aux perspectives futures. Mettre fin à l'isolation est crucial mais doit aller de pair avec un projet de développement intégré afin d'éviter que le fragile tissu social ne se déchire encore plus et n'ouvre la porte à une émigration massive alors que cette région d'une grande beauté naturelle offre tant de possibilités.

Contact : Gianfranco Iacuzzi SJ

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Allemagne : L'éthique de la globalisation et le capital social.

Un groupe d'experts sur « Economie mondiale et l'Ethique sociale » a été nommé en 1989 par le Groupe de recherche de la Conférence épiscopale allemande sur les tâches universelles de l'Église afin d'aider les institutions d'Église à réfléchir sur le développement économique global. En 1999 et 2000, Johannes Müller SJ et Johannes Wallacher de l'école jésuite de philosophie de Munich ainsi que les membres nommés par le Groupe de recherche ont produit deux rapports sur la globalisation et le capital social. Le premier décrit le concept de globalisation d'un point de vue économique et socioculturel ; tout en réfléchissant sur l'éthique sociale et plus particulièrement sur comment l'Église et ses institutions agissent dans le domaine politique. Le deuxième rapport attire l'attention sur le capital social, un facteur souvent négligé dans les débats sur le développement, i.e. comment la société peut-elle coopérer et créer des réseaux qui vont au-delà des sphères purement économique et politique ? Finalement, le rapport témoigne en faveur du développement du capital social et propose des choix d'action dans des domaines spécifiques. Les deux rapports sont disponibles en anglais et allemand et celui sur la globalisation est également disponible en français et espagnol. Le groupe prépare en ce moment une troisième étude sur le système de financement international en vue de la Conférence des Nations Unies sur le financement du développement qui aura lieu a Monterrey au Mexique en mars 2002.

Voir le site.

Contact : Johannes Wallacher

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Zambie : récoltes génétiquement manipulées écoulées.

Les opinions pullulent mais les données sont rares en ce qui concerne les risques potentiels pour la santé de la nourriture génétiquement modifiée (GM). Des méthodes et des concepts nouveaux sont nécessaires afin d'explorer les différences entre les récoltes traditionnelles et celles qui sont génétiquement modifiées ainsi que la sécurité des techniques génétiques utilisées pour les développer. Jusqu'ici, la méthode préconisée par l'industrie est de comparer la constitution des récoltes GM avec les non-GM : quand elles ne diffèrent pas substantiellement les deux sont considérées comme étant « substantiellement équivalente » et les nouvelles récoltes sont entérinées sans effectuer de test sur des animaux ! Toutefois « l'équivalence substantielle » n'est pas un concept scientifique et il n'existe pas de règles légales obligatoires sur la façon de l'établir. Une connaissance insuffisante sur les fonctions de base des gènes, la complexité des chemins métaboliques ainsi que les implications écologiques d'une modification génétique, si modeste soit-elle, rendent les récoltes GM plus difficiles à vendre et celles-ci sont maintenant écoulées dans les pays les plus pauvres. Un jésuite du Centre de formation en agriculture de Kasisi (KATC), Paul Desmarais SJ, travaille depuis plus de trente ans avec les fermiers zambiens. Selon lui « les effets sur les petits fermiers seront désastreux parce que l'on ne leur permettra pas de garder leurs propres semences et ils deviendront totalement dépendant des multinationales tel Monsanto ». Un système traditionnel d'agriculture durable fournit une plus grande sécurité alimentaire alors que la biotechnologie rend les fermiers pauvres encore plus vulnérables puisqu'ils dépendent d'apports extérieurs très chers comme la mécanisation et les fertilisants qu'ils ne peuvent pas se permettre. KATC enseigne des techniques d'agriculture durable aux communautés rurales en offrant des cours en agro-foresterie, sur les animaux de trait, l'apiculture, les laiteries et les pâturages et sur l'amélioration des pratiques traditionnelles.

Voir le site.

Directeur de KATC : Paul Desmarais SJ

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