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Nouvelles de l'engagement social
de la Compagnie de Jésus dans le monde (octobre 2001) |
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La défense de la liberté humaine est seulement possible lorsqu'elle est intimement liée à la miséricorde et au pardon. En tant qu'expressions les plus sublimes de l'amour, ils sont le seul fondement authentique des décisions humaines qui soient véritablement libératrices. Les attaques terroristes à New York et Washington le 11 septembre dernier furent des attaques directes à la vie -- ils cherchaient non seulement à frapper mais à tuer aveuglément pour que les gens en viennent à craindre pour leurs vies et leur liberté. Qu'avons-nous donc fait pour que l'injustice, la guerre et le terrorisme soient devenus la monnaie d'échange au sein de notre civilisation qui vante sa liberté comme étant la motivation qui articule toute vie humaine ? Nous devons tous nous poser cette question. Les Américains, tout d'abord, peuvent saisir cette terrible occasion pour apprendre quelque chose sur eux-mêmes et sur le monde dans lequel ils vivent. Les ennemis des Américains doivent se questionner eux aussi; ceux qui ont ressenti le besoin de célébrer cette tragédie sans reconnaître la véritable importance de ses causes et de ses effets. Les auteurs ainsi que ceux qui leur offrent asile et protection devront répondre de leurs crimes. Mais également chacun de nous, personnellement et en tant que peuples, puisque que nous sommes parties prenantes de ce moment historique. Une réponse inspirée par le pardon, la plus grande dimension de l'amour miséricordieux, pourrait être la meilleure façon, non seulement de défendre la liberté, mais d'ouvrir un chemin nouveau et libérateur dans l'histoire de l'humanité. La justice et la liberté ne naissent pas de la Loi du Talion. Les histoires personnelles et sociales l'ont maintes et maintes fois bien fait comprendre, mais nous n'apprenons jamais. À la place nous mettons notre foi encore et toujours dans cette façon de réagir aux événements publics et aux conflits interpersonnels. Nous avons fait une "culture" de vengeance déguisée en justice. La justice du Dieu de la vie, que plusieurs d'entre nous invoquent lorsque nous contemplons les événements du 11 septembre dernier, commence par nous étreindre de son pardon afin de préparer la voie pour l'amour qui reconstruit les personnes et les civilisations. Cette fois-ci pouvons-nous briser le cercle vicieux de la loi du Talion et nous ouvrir à une liberté conquise à travers la justice qui découle du pardon, de la miséricorde et de l'Amour ? La porte de cette voie est ouverte, et chacun de nous est invité à passer le seuil, tout comme le sont tous les peuples et cultures du monde. Faisons ce premier pas vers un profond changement dans cet aspect crucial de nos cultures et façons de réagir. "Oeil pour oeil laisse tout le monde aveugle" (Gandhi). S.V.P. allez sur le site et ajoutez votre signature à la pétition. L'auteur, Arturo Sosa, est Provincial du Venezuela. |
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Les problèmes de pauvreté et d'analphabétisme au Rwanda sont aggravés par les dizaines de milliers de jeunes devenus orphelins suite au génocide de 1994. Ils sont en proie à tous les risques engendrés par le chômage, le vagabondage, les gangs et le désespoir. Au cours des dernières années, les jésuites, en collaboration avec les Sœurs pénitentes de St François d'Assise et avec des collègues laïques, ont accueillis 250 enfants et adolescents sur les terrains du noviciat de Cyangugu. Ils y offrent une éducation élémentaire et cherchent des familles pour accueillir les enfants. Parce que l'éducation secondaire n'est disponible que pour un quart de ceux qui en font la demande, le Centre a inauguré "Mizero" (Espérance), un projet pour les jeunes de 12 à 23 ans offrant des cours de formation professionnelle ainsi qu'une formation dans les activités traditionnelles de fermier et d'élevage de bovins. Et bien que suffisant pour seulement un nombre limité d'élèves, le Centre va offrir aussi des activités sportives, culturelles et de récréation dans le but de créer un climat d'unité et de réconciliation, indispensable dans une société encore marquée par le traumatisme des massacres. L'engagement envers la réconciliation est crucial et tous les jésuites de la région du Rwanda-Burundi sont engagés dans cette voie, que cela soit en éducation, pour les réfugiés, ou avec la Commission nationale pour la justice et la paix. Directeur du projet Mizero : Martin Mudendeli SJ : (fax) +250 537 350
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L'Église de Colombie et des pays voisins tente de donner une première réponse à la pire crise humanitaire de l'hémisphère occidental. La guerre en Colombie a causé la mort de milliers de personnes ; nombre d'entre eux sont les réfugiés à l'étranger et un million et demi les personnes déplacées. La communauté internationale a souvent une vue simpliste du conflit, réduisant le problème à un simple trafic de drogues et ignorant les causes sociales et économiques complexes qui le sous-tendent. Les solutions proposées, tel le Plan Colombie, sont de nature très répressive; 80% des 1,6 milliards de dollars en subventions vont à la police et aux forces armées. Le conflit colombien déborde de ses frontières et nécessite une série de mesures allant de l'aide d'urgence pour les déplacés à l'intervention politique contre la militarisation du pays et pour offrir des solutions à long terme. À la mi-août, trois évêques ont rencontré à Panama les directeurs régionaux de Caritas pour discuter de ces questions avec les directeurs des Commissions des affaires sociales des Conférences épiscopales, le Secours catholique (Catholic Relief Services, CRS) et le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) qui a aidé à organiser la rencontre. Des pressions sont nécessaires au plan international pour s'assurer que les états avoisinants se conforment aux standards internationaux des personnes fuyant les zones de guerres, tel que stipulés dans la Convention sur les réfugiés de 1951 et l'entente de Cartagena et qu'ils ne refoulent pas les réfugiés (principe du non-refoulement) tel que l'ont fait le Venezuela et Panama. Coordonnateur JRS pour l'Amérique latine : José Núñez SJ |
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Francfort-sur-l'Oder, à la frontière de l'Allemagne et de la Pologne : ici, des milliers d'immigrants essaient chaque année de réaliser leur rêve d'entrer dans l'Union européenne. Plusieurs sont exploités par des trafiquants et quelques-uns sont victimes d'accidents tragiques; au cours des dix dernières années, 80 corps ont été repêchés dans le fleuve Oder. Caritas travaille ici auprès des sans-papiers pendant que la police frontalière allemande travaille à les empêcher d'entrer. La frontière germano-polonaise fut seulement une des visites effectuées par quelques 50 jésuites européens qui se rencontrèrent à Berlin à la fin août dans le cadre d'un congrès sur "Les visages de l'immigration" organisé par EUROJESS, une association qui depuis les années 1960 rassemble les jésuites engagés dans les sciences sociales. Leurs réflexions sur le phénomène d'immigration s'étendent de la théorie interdisciplinaire à l'analyse de l'expérience des jésuites qui rencontrent les immigrants dans les paroisses, les prisons, les écoles et les centres pour réfugiés. Dans la banlieue de Berlin, le centre de détention Köpenik pour les immigrants clandestins fut un des autres sites visités par les participants. Dans les pays européens, la question des immigrants se pose davantage en terme de peur qu'ils inspirent aux citoyens et les politiques visent uniquement à contrôler ou endiguer le plus possible le phénomène. Cette tolérance hésitante, qui à contrecoeur cherche à assimiler les immigrants dans la communauté d'accueil, doit se transformer en une culture véritablement accueillante. Une société qui ne prône pas le respect pour la valeur transcendante de chaque personne s'avance peu à peu vers une violence théorique et pratique, tel que le révèlent souvent les mesures adoptées sur l'immigration; et cela transgresse le commandement même de Dieu : "Vous aimerez l'étranger, car vous avez été des étrangers au pays d'Égypte" (Deutéronome 10,19). Président d'EUROJESS : Antoine Kerhuel SJ |
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Goa Les autorités tentent de changer le système linguistique dans l'état indien de Goa et de supprimer le konkani, la langue héréditaire des chrétiens (29% de la population). Historiquement, Goa est une région catholique, dont la foi provient des colons portugais. La raison donnée pour justifier ce changement linguistique est le prochain recensement qui doit avoir lieu en novembre prochain, où tous les citoyens doivent déclarer leur langue maternelle. Les autorités font des pressions pour que les gens passent du konkani au marathi. Cette langue est parlée en particulier par les hindous de Goa ainsi que dans l'état voisin, le Maharashtra (96 millions de personnes), alors que le konkani est utilisé par plusieurs millions de personnes le long de la côte occidentale de l'Inde. Principalement fondé sur le sanskrit, il est écrit en devnagri mais également en alphabet romain. Il constitue une des 18 langues nationales de l'Inde et, en 1986, a été déclaré langue officielle au Goa après une violente controverse et une série de protestations de la part des chrétiens. De plus, l'Église catholique utilise le konkani comme langue d'enseignement dans ses 55 écoles diocésaines. "Même au sein du monde culturel des hindous de Goa, la situation linguistique n'est pas non plus clairement définie comme le gouvernement le laisse entendre puisque 25% des hindous ne parlent pas le marathi," souligne Pratapananda Naik SJ du Thomas Stephens Konknni Kendr (TSKK). Nommé en l'honneur du Thomas Stephens SJ (1549-1619), un linguiste de renom qui a étudié la langue konkani et a écrit et publié la première grammaire, le centre étudie et fait la promotion de cette langue. Voir le
site. |
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Étalés à travers 2.500 km de l'Océan Pacifique occidental, les États Fédérés de Micronésie (FSM) est un pays en voie de développement avec une population d'environ 105.000 habitants répartis sur 65 des 607 îles parsemant 3 millions de km carré d'océan. La Micronésie a eu une longue relation avec les États-Unis, fondée sur le Système international de tutelle des Nations Unies. Son économie de subsistance dépend d'une agriculture à petite échelle et de pêche traditionnelle. Récemment, il y a eu un changement dramatique au niveau de l'emploi salarié et de l'économie monétaire ainsi qu'un haut taux d'émigrants en quête de travail vers les États-Unis. Tout cela a fragmenté la famille élargie, révolutionné les rôles traditionnels des hommes et des femmes et introduit une éthique de l'individualisme. Le Séminaire de la Micronésie (MicSem), un institut de recherches pastorales géré par les jésuites, réfléchit sur l'impact de ces changements sur l'ensemble des aspects de la vie dans les îles. Après quinze ans sous la Convention de libre association avec les États-Unis qui garantissait une partie du budget de la Micronésie et des pays de la région, des négociations sont en cours pour obtenir une autre période de subventions. Le MicSem, assistant le gouvernement pendant ces négociations, cherche également à éduquer la population afin que ces subventions soient utilisées avec soin. Les services publics, particulièrement la santé et l'éducation ont grand besoin d'être renouvelés. Le MicSem produit des émissions de radio sur les soins de santé, fait la promotion des réformes sur l'éducation et pour une meilleure administration des écoles, et supporte également l'amélioration des services des dispensaires. Voir le
site ainsi que le nouveau livre du P. Francis X. Hezel : "The New
Shape of Old Island Cultures: Half Century of Social Change in Micronesi
" (University of Hawaii Press, US$20). |