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A Manille, un
Pont pour les Enfants
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| Dans les années 80, la "Fondation Enfants et Développement" commença à offrir une aide médicale et nutritionnelle aux populations déshéritées de certains bidonvilles de Metro Manila, la métropole de Manille aux Philippines. Depuis, le travail a évolué : deux programmes distincts ont pris naissance, réunis sous le même vocable de Tulay ng Kabataan, ce qui signifie en Tagalog, " un pont pour les enfants ". Le Père Jean-Français Thomas, jésuite, dirige ces actions depuis deux ans. |
| Auprès des enfants de la rue |
| L'action auprès des enfants des rues de cette grande métropole de presque 15 millions d'habitants a débuté en 1992. Dès le départ, le constat fut évident qu'il existait une catégorie d'enfants des rues très négligée, celle que l'on appelle " hard core ". Ce sont les enfants qui ont fui le milieu familial ou qui ont été abandonnés par leurs parents et qui se retrouvent dans les rues, parfois dès l'âge de quatre ou cinq ans. Ils vivent dans et de la rue : petits boulots oui, mais aussi mendicité, prostitution, vols à la tire... Ces enfants et adolescents sont exposés à tous les dangers drogue, abus physiques et sexuels, maladies, sans parler des répercussions affectives et psychologiques. Aussi le but a-t-il toujours été d'essayer de leur venir en aide. Ce sont en majorité des garçons et ils sont sans doute les membres les plus méprisés et les plus misérables d'une société philippine qui ne manque pourtant pas de souffrances et de pauvreté. |
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Plusieurs nuits et jours par semaine, l'équipe des professionnels philippins et des volontaires étrangers de la fondation sillonne les rues de Manille, ratissant près de quarante endroits différents où se trouvent des gangs d'enfants des rues. L'attitude adoptée est de ne jamais forcer un enfant à joindre le centre d'accueil, le Drop-in Center. Il est libre de sa décision, avec toujours la possibilité de repartir dans la rue s'il le désire. En effet, la réadaptation à une vie plus normale et équilibrée est longue. Si le jeune accepte de résider dans ce centre, il sera pris en charge non seulement pour ses besoins matériels et physiques, mais aussi pour une guérison progressive, psychologique et spirituelle. |
| L'idéal est la réconciliation familiale lorsque cela est possible et souhaitable. Mais dans la plupart des cas, cela n'est pas réalisable. Aussi une Classe Passerelle a-t-elle été ouverte, la Bridge Class. Elle offre un tutorat et des activités artistiques et d'éveil multiples, en attendant de retourner peut-être à l'école. Après cette période d'adaptation, l'enfant sera amené à être rescolarisé, auquel cas il sera dirigé vers le Residential Home. Ou bien il suivra un apprentissage, auquel cas il sera dirigé vers le Boarding Home et vers la menuiserie qui assure une excellente formation et produit des meubles de qualité. Il y a ainsi permanence 100 à 120 enfants et adolescents accueillis dans nos centres. Certaines jeunes filles des rues, enceintes ou jeunes mamans, sont également accueillies, afin d'essayer d'éviter l'émergence d'une seconde génération d'enfants des rues. |
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Le travail de
prévention
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| Le second programme lutte aussi dans le sens d'une prévention, car la pauvreté et le manque d'éducation sont les causes essentielles du phénomène enfants des rues. Aussi cinq centres de maternelles et de nutrition ont-ils été ouverts dans deux grands bidonvilles de Metro Manila, à Navotas et à Catmon. Plusieurs centaines d'enfants en bénéficient, et une centaine suivent le programme de nutrition pour les enfants sous-alimentés. Une formation est également donnée aux mères et aux jeunes femmes. La plupart des personnes qui sont en charge de ce programme sont les habitants des bidonvilles eux-mêmes, afin qu'ils puissent peu à peu se prendre charge totalement. |
| Ces centaines d'enfants qui sont bénéficiaires des actions de la Fondation apportent plus qu'ils ne reçoivent. En effet, les souffrances et les épreuves traversées les ont rendus réceptifs et également généreux dans la solidarité avec ceux qui partagent la même misère. Le fonds naturel religieux produit également de beaux fruits. Jésus est souvent perçu comme un ami très proche, un ami qui comprend, qui pardonne et qui porte les mêmes soucis. | ![]() |
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Chaque jour, malgré les difficultés et les déceptions inévitables, le coeur reçoit son lot de consolations à travers l'affection et le sourire de ces enfants. Facile alors d'oublier les violences, les échecs, les retombées dans la jungle de la rue, de la drogue, de la prostitution... Même pour ceux qui n'ont pas réussi à s'en sortir cette fois-ci, l'espérance brille encore pour demain. C'est cette lumière qui guide tous ceux qui, de près ou de plus loin, essayent de s'occuper de ces jeunes; et moi-même aussi, alors que je n'avais jamais été préparé auparavant pour ce genre de mission. Le Seigneur ne manque jamais de réserver des surprises. Mais Il sait mieux que nous-mêmes ce dont nous avons besoin pour une purification spirituelle. Ces enfants rejetés et méprisés sont de vivantes images de Celui qui est venu pour eux et pour ceux qui leur ressemblent. La vraie joie se trouve sans aucun doute dans l'accueil de leur simplicité, de leur courage, de leur foi. |
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Père Jean-François Thomas sj 108 Kalayaan avenue Quezon City |
Une Association en France Anaf - Un Pont pour les Enfants Voir site internet : http://associationanak.org |