ACCUEILIgnace de LoyolaMissions et ServicesDevenir JésuiteHistoire de la CompagnieCompagnons de JésusSites recommandésÉcrivez-nous
 
Retour page usj
Retour page usj          
125 ans au service du Liban

Une histoire étonnante

L'Université Saint-Joseph a connu un développement compliqué, marqué par des négociations souvent difficiles - d'abord avec l'Empire Ottoman, puis avec le gouvernement français, enfin avec le pouvoir libanais - pour sauvegarder son autonomie et se donner les structures d'une université complète. Elle a survécu à deux guerres mondiales et, plus récemment, aux destructions considérables de la guerre du Liban.

Tout a commencé avec le déménagement du séminaire de Ghazir, dans la montagne du Liban. Une fois installé à Beyrouth, ce séminaire devient en 1875 l'Université Saint-Joseph, premier établissement d'enseignement universitaire catholique et francophone de la région. Le Père Monnot obtient du Pape en 1881 la confirmation canonique du titre d'Université et le droit de conférer des grades académiques en philosophie et théologie. La Faculté de théologie ouvre en 1883.

L'enseignement de la médecine ayant été déclaré primordial, l'école de médecine, créée en 1883, devient à son tour Faculté en 1888, sous le nom de Faculté française de Médecine et de Pharmacie. En 1898, à la suite de longues négociations, l'autorité ottomane lui reconnaît le titre et les privilèges d'une Faculté.

En 1913, suite à une mission d'étude de l'Université de Lyon, les Jésuites acceptent de diriger une Ecole de droit et une Ecole d'ingénieurs "dans les mêmes conditions que la médecine".

A partir de la mise en place de l'Etat libanais dans le cadre du Mandat exercé par la France (septembre 1920), l'USJ joue le rôle d'une université nationale. Ses enseignements sont davantage orientés vers la formation de cadres capables de faire fonctionner l'administration de l'Etat. Un Institut de Lettres Orientales succède en 1936 à la Faculté orientale. Celle-ci sera complétée par un Centre religieux d'études arabes en 1945.

L'Université continue de se développer (Ecole dentaire, Ecole de Sages-femmes, puis d'infirmières-visiteuses, Hôpital universitaire...) et s'ouvre aux étudiantes. L'époque du Mandat est marquée par la libanisation des étudiants, des professeurs et des diplômes. Les jésuites mettent en avant le caractère privé (plutôt que français) de l'Université pour la préserver des interventions des autorités françaises locales.

Au cours des années 1953-1990, l'Université va de plus en plus s'enraciner dans la réalité libanaise en définissant son identité originale. Elle s'adapte aux nouveaux besoins nationaux et régionaux mais aussi à l'état de guerre qui va s'instaurer en 1975.

De nouveaux statuts font de l'USJ une université privée libanaise. Les diplômes sont désormais reconnus par l'Etat libanais. Ils sont admis en équivalence par les universités françaises et, de droit, par les universités arabes relevant des Etats membres de la Ligue arabe.

La guerre touchera de plein fouet l'Université : pillages et destructions de bâtiments (dont certains à trois reprises), bombardements et occupation de locaux, nombreuses victimes d'une violence aveugle. Sept jésuites trouveront la mort durant cette période, dont le dernier, le français André Masse, vice-recteur de l'Université, assassiné en septembre 1987 à Saïda.

A partir de 1990, il sera de nouveau possible de reconstruire les infrastructures mais aussi les institutions. Au fur et à mesure de ces années, l'Université a su discerner les éléments constitutifs de l'identité libanaise : une identité complexe partagée entre l'appartenance géopolitique et culturelle au monde arabe et l'ouverture à la civilisation occidentale apportée au Liban par la culture française.

François Boëdec, sj
Bureau administratif de l'USJ-Paris
42 rue de Grenelle
75343 Paris Cedex 07