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- Pouvez-vous nous présenter
votre province ?
- Oui, cette ancienne province du Maduré qui fut d'abord une Mission.
Elle fut au premier plan des activités missionnaires comme de l'apostolat
intellectuel et de la théologie ; et c'est encore vrai maintenant. Nous
sommes prêt de 500 jésuites ; exactement 498. L'année prochaine, nous
dépasserons les cinq cents ; car il y a actuellement dix-sept novices
de seconde année et ils sont vingt-deux en première année. Nous comptons
120 scolastiques, 80 Frères et plus de 300 prêtres travaillant dans divers
apostolats. Nous avons cinq universités et dix lycées-collèges.
Les jésuites sont engagés dans une douzaine de paroisses ainsi que dans
divers apostolats sociaux directs. La province a pris une option pour
les pauvres et les dalits (basse caste) et plusieurs institutions se préoccupent
de leurs besoins. L'une d'elles est l'Académie culturelle 'Doctor
Ambedika'. Nous travaillons également auprès de populations très marginalisées,
au nord de Madras ainsi qu'en des endroits où l'école ne fait que commencer.
Il ne s'agit donc pas seulement d'action sociale directe mais d'un apostolat
par l'éducation pour permettre à ces premières générations d'avancer.
- La province du Maduré correspond-elle à l'état
du Tamil Nadu ?
- La province comprend l'état du Tamil Nadu et Pondichéry. Pondichéry
est la plus petite des deux. Actuellement, nous n'avons aucune institution
à Pondichéry, seulement deux Pères qui y travaillent. Les habitants
sont au nombre de 16 millions. Les chrétiens en constituent le tiers ;
les Musulmans sont un peu plus nombreux ; les autres sont de religion
hindoue. Traditionnellement, c'est un état où domine la tolérance
religieuse. Les gens sont capables de s'entendre. Les chrétiens, particulièrement
les catholiques, sont respectés parce qu'ils furent les pionniers dans
les domaines de l'éducation et de la santé. Combien d'hôpitaux et d'institutions
éducatives furent fondés par les Soeurs ! Même maintenant, partout où
il y a une école catholique, tout le monde s'y précipite. Seulement peu
à peu, à cause de groupes hindouistes fondamentalistes, une certaine
tension se fait sentir, de différents côtés ; cela vient surtout du
nord de l'Inde. On la suscite en l'un ou l'autre endroit, jusqu'à ce qu'elle
explose. Mais dans l'ensemble la population vit dans la tolérance mutuelle.
- Vous dites que les chrétiens, particulièrement
les catholiques s'engagèrent dès le début dans les écoles et la promotion
de la santé. Est-ce que maintenant les pouvoirs publics apportent une
aide en ces domaines ?
- Oui. Les institutions qui ont été fondées dans les dix ou cinq dernières
années, celles touchant à l'enseignement, ont été pleinement soutenues
par le gouvernement. Les enseignants sont payés par le gouvernement ;
l'accès est donc libre. Mais maintenant toute institution qui ouvre de
nouveaux cours - ainsi nous ouvrons une école professionnelle -, n'obtient
pas de soutien officiel. Et la plupart des hôpitaux, nous devons les gérer
par nous-mêmes. Nous obtiendrions des aides publiques si nous prônions
le planning familial, ce que nous ne faisons pas. Et pour le futur,
nous n'aurons pas d'aide publique, soit pour une nouvelle institution,
soit pour un nouveau programme.
- est-ce là une mesure récente ?
- Oui, cela fait à peu près une dizaine d'années. Mais cela permet de
jouir de l'autonomie académique. Cette autonomie veut dire que nous décidons
de nos propres programmes, de notre méthodologie d'enseignement et des
critères d'évaluation des étudiants. Mais le gouvernement fait périodiquement
un contrôle pour vérifier notre niveau. Une instance nationale compare
les établissements et délivre une accréditation. Toutes nos institutions
jésuites sont placées dans les tout premiers rangs. Nous sommes connus
non seulement parce que nous innovons dans l'enseignement et la pédagogie
mais aussi pour la discipline. C'est un point très important pour
beaucoup de parents. Et nous introduisons maintenant, au niveau supérieur
comme au niveau secondaire, une éducation basée sur les valeurs et qui
traite des droits de l'homme.
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