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Extraits du livre de Jaime Castellon : Alberto Hurtado sj - Les Fondations du Royaume |
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Expérience comme ouvrier. Lors de son entrevue personnelle avec le père Jean-Baptiste Janssens, général des jésuites, 1e père Hurtado lui fit part de son désir de travailler comme ouvrier. A son vice-provincial, il rapportait "Je lui ai demandé s'il me permettait de travailler comme ouvrier dans une usine en France, étant donné qu'au Chili, ce me serait difficile. Il me dit "Je crois que vous en retireriez peu de résultat en France, parce que les conditions sont trop différentes." J'insistai sur la nécessité de connaître la souffrance des ouvriers en en faisant personnellement l'expérience. "Je n'en vois pas clairement l'utilité pour vous, me dit-il, mais je vous laisse la liberté d'en décider vous-même. Maintenant, si vous voulez le faire au Chili, c'est là que je crois que cela vous serait profitable. Évidemment, ce serait un scandale, mais si votre provincial est d'accord, pour moi il n'y a pas de difficulté."" Au début de l'année 1951, il put enfin faire cette expérience. Osvaldo de Castro Larrain qui, depuis 1948, était gérant du siège de Iquique de la Compañia Salitrera de Tarapacá y Antofagasta reçut un appel téléphonique du chef du personnel de l'Oficina Mapocho l'informant d'une curieuse situation. Il y avait une personne qui, sans être ouvrier, accomplissait un travail comme particular. C'est ainsi qu'on appelait les mineurs qui extrayaient le salpêtre de la croûte de basse qualité en la frappant avec une masse, el macho, qui pesait quelque quinze kilos. C'était un travail très dur et dangereux. Il s'agissait de quelqu'un qui avait demandé qu'on l'envoie au camp le plus éloigné. Il travaillait depuis deux semaines en plein soleil, prenant des risques pour sa santé. Les autres mineurs avaient dit à leur chef que ce monsieur était très sympathique et toujours de bonne humeur. De Castro demanda à son ami Horacio del Valle d'aller s'informer de la situation. Deux heures plus tard, celui-ci l'appela par téléphone et lui raconta que cet homme n'était rien moins que le père Hurtado, qui travaillait incognito. De Castro partit au bureau de Mapocho qui était à peu près à une heure et demie de Iquique. Lorsqu'il rencontra le père Hurtado, celui-ci dit avec résignation "Ils m'ont attrapé!" Il était très fatigué; c'est pourquoi il accepta de descendre à la maison de l'évêque d'Iquique, Mgr Aguilera. De Castro profita de l'occasion pour inviter tous les dirigeants des travailleurs de la Compagnie à quelques conférences que donna le père Hurtado sur le syndicalisme. L'impact fut énorme. Peu de temps après, au moins deux dirigeants communistes se convertirent au catholicisme l'un d'eux était le chef du parti dans la zone nord. Pages 124-125 |